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Administration des Collectivités Locales: La cloche du retour aux sources Charles Thialys SENGHOR

Lassés de se faire diriger par des intrus, des Sénégalais commencent à élever la voix pour demander que leurs destinées soient présidées par des autochtones

Au nom de la démocratie, tout citoyen peut présenter sa candidature dans n’importe quelle localité du pays pour demander les suffrages de ses concitoyens, même pour les collectivités locales, notamment les mairies.

Cette situation fait qu’il n’est plus rare maintenant de voir des intrus arriver au sein des collectivités locales ou territoriales. Le cas le plus illustratif est celui d’Aliou Sall, devenu maire de Guédiawaye. Les dénonciations n’ont pas empêché sa candidature ni sa victoire.

Et de plus en plus, des voix s’élèvent pour dénoncer cet état de fait. C’est ce qui, en vérité, est à l’origine de la colère d’El Hadj Malick Guèye, natif du Saloum et ancien maire de la commune de Latmingué contre Aminata Touré dont les proches ont annoncé la candidature à la mairie de Kaolack, au-delà de son soutien à l’actuelle mairesse, Mariama Sarr. « Lorsqu’elle était aux affaires, elle avait entretenu sa base dans la commune de Grand-Yoff, à Dakar. Démise de ses fonctions, elle avait migré vers Gossas à Fatick où les populations l’ont tout bonnement rejetée. Aujourd’hui, elle se tourne (…) vers le Saloum », a-t-il fustigé, estimant que cette démarche relève de l’opportunisme.

L’ancien très proche collaborateur d’Abdoulaye Wade ne se priverait pas de se présenter aux élections locales à Kaolack si l’occasion se présentait, nous renseigne-t-on.

A Adéane aussi, dans le département de Ziguinchor, des populations ont élevé la voix pour dénoncer la volonté agitée de Doudou Kâ de briguer un mandat pour la mairie.

Ces cas font légion au Sénégal.

De nombreuses localités sont aujourd’hui sont occupées par des intrus. Et de plus en plus, les populations autochtones réclament des maires de souche. Jugeant cette situation « désavantageuse » pour les autochtones, le grand Serigne de Dakar, Abdoulaye Makhtar Diop, et l’imam Ratib de la grande mosquée de Dakar ont exigé que les communes de Dakar soient occupées par des maires lébous. Comme il en avait été le cas il y avait quelques années en arrière : Mamadou Diop était à la ville de Dakar, Abdoulaye Makhtar Diop au Plateau de Dakar, Libass Seck à Cambérène…

Il y a quelques années en arrière, Dakar était tenue par des maires lébou.

Mais ce combat pour un retour des mairies aux mains des autochtones risque d’être un combat de longue haleine : la plupart des villes du Sénégal sont occupées ou sont convoitées par des « intrus ».

A Pikine, il y a Abdoulaye Timbo, oncle du président Macky Sall tout comme Guédiawaye dont les destinées sont présidées par son frère. L’ancienne capitale de l’Aof est toujours entre les mains de la famille présidentielle avec Mansour Faye, beau-frère de Macky Sall. La mairesse de Kaoalck est originaire de Koungheul. Aminata Touré qui convoiterait la même mairie viendrait de Gossas. De la même manière, l’homme d’affaire, Serigne Mboup qui nourrit des velléités de diriger la mairie de la capitale du Saloum, vient de Coky.

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