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Abdoulaye Vilane a aujourd’hui le même combat à mener contre Macky Sall que Khalifa Sall P. MBODJE

La tournée de Macky Sall se résume à l’étape de Kaffrine lorsqu’il dessine le destin de la coalition au pouvoir pour enterrer le Parti socialiste : le dithyrambe pour Abdoulaye Saydou Sow est la sommation du politique et de l’économique et est une date fondatrice dans les relations à l’intérieur de la coalition. Au demeurant, le départ annoncé de Moustapha Niass de la tête de sa propre formation politique ne fait que précipiter la décomposition du Benno qui ne marchera plus sur ses deux pieds, les enfants de Niass ne trouvant pas les mêmes raisons historiques que le père fondateur à se couler dans le moule unique de l’Alliance pour la République.

Enfin, l’échange épistolaire de haute facture entre Abdoulaye Vilane et son hôte indésirable dont il se passerait bien fait comprendre les hauteurs sur lesquelles le maire aurait souhaité se placer quand les autres volent au ras des pâquerettes.

Abdoulaye Vilane sait désormais le sort qui l’attend de la part de celui qui crie à cors et à cris que Benno sera son seul repère pour le futur, mais le Benno pour lequel Macky Sall affiche ses préférences avant terme, comme l’hommage appuyé rendu à Abdoulaye Saydou Sow en concurrence avec Abdoulaye Vilane à Kaffrine même ; quel Benno quand le frère est en enjeu ? Quel Benno quand le beau-frère est en enjeu ? Et l’oncle ? Et le griot adoré ? Encore ?

Le retrait volontaire de Moustapha Niass de la tête de l’Alliance des Forces de Progrès reprécise la recomposition à l’interne ; annoncé en pleine tournée du président Macky Sall, il est une épine au pied de celui qui était tombé en mars avec le mouvement social ; Macky Sall s’est rapidement relevé pour ne pas perdre la face avec le séminaire du 22 avril sur l’emploi des jeunes consolidé par la tournée économique au Sine-Saloum et au Sénégal oriental. Il a été édifié dans le Ndoucoumane sur ce que sera la campagne électorale, même s’il peut ne pas y participer, ayant laissé entendre à Médina Gounas qu’il maintiendrait sa fidélité au Daaka au-delà de sa vie présidentielle : accidents et incidents ont toujours émaillé la campagne et les ides de mars sont toujours fatales à César tombé non point tant dans guet-apens que par ses combinazzioni de bas étage. Le Fouta qui attend Godot depuis 2012 saura peut-être reconnaître son champion à la mi-juin, avec le séjour prévu, toujours dans le cadre des tournées économiques.

Il faudra donc s’attendre à la traditionnelle alliance de la carpe et du lapin avec un président en fin de règne, poussé à la sortie dès le 24 février 2019, qui avait cru pouvoir jouer sur le temps mais que mars et les incidents de mai à Koungheul doivent édifier sur le danger qu’il fait courir au Sénégal en se cherchant une survie purement présidentielle.

La recomposition socialiste autour de Khalifa Ababacar Sall renforcé par Wilane est dans l’air du temps et du domaine du possible : l’homme des « grandes tempêtes » pourrait bien tomber dans les « basses manœuvres » a averti Vilane, les yeux dans les yeux avec Macky Sall.

Anticipant sur la recomposition, le président de la République refuse ce qui s’est fait en 2014 avec le parapluie assuré par d’autres formations (le récépissé dont parle le président) devant la débandade des mal classés de l’Apr qui s’étaient fait investir ailleurs ; il l’avait bien pris à l’époque en faisant la sommation des élus sur diverses listes pour se penser majoritaire avec 84% des postes décernés à des sensibilités marron. Aujourd’hui que ses propres camarades le snobent,…

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