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La Ligne du Devoir

A quel transfuge se fier ? De notre correspondant en France, Tidiane SÈNE, Toulouse

Le Sénégal est un pays bizarre où les nationaux semblent très souvent aimer mordre à l’hameçon que certains hommes véreux et politiciens sans scrupules leur tendent. Ils nous ont trompés, ceux-là qui criaient partout que le régime de Macky Sall était exécrable, mais qui l’ont vite rejoint après. Qui sont donc ces encagoulés qui se sont levés un jour, nantis de leurs jugements trompeurs et imbus d’une dignité qu’ils disent sans sourciller téter du sang pur, mais qui, entre deux nuits cauchemardesques, ont subitement cessé de ruer sur les brancards, pour aller naturellement se couver dans les bras de celui-là qu’ils pourfendaient hier ?

Qui sont ces Sénégalais naguère se croyant plus « saints » que ceux qui étaient contre leur régime et qui, subitement, ont tourné casaque ? Et par quelle alchimie illustrative pourront-ils expliquer leurs allées et venues répétitives en politique depuis des décades, pour convaincre ? Ne sont-ils pas seulement plus doués de filouterie que nous, pour nous avoir embarqué comme ils l’ont toujours fait dans leur manière de marauder piètrement ?

Comment des ministres, des députés et autres hommes politiques ont-ils pu nous gouverner durant tout ce temps et aujourd’hui changer aussi rapidement de croyance philosophique ?

Comment pouvaient-ils s’être trompés aussi longtemps ? Par quelle bénédiction divine ont-ils pu savoir que Macky Sall, leur « satan » d’antan, s’était soudainement métamorphosé en vrai « prophète » qu’ils attendaient pour un Sénégal meilleur ?

Devenus goinfrés et ventripotents, suffit-il pour le peuple d’admettre simplement que ces derniers se sont trompés, pour les croire et les laisser aujourd’hui nous montrer naïvement la voie du salut ? Comment pouvons-nous faire fi de leur roublardise et recommencer à croire en eux ? Pourquoi n’osent-ils pas prendre leur courage à deux mains, ne serait-ce qu’une seule fois dans leur tonitruante vie, et faire leur mea-culpa à la face du monde.      Est-ce qu’ils sont saints d’esprits ces pleutres et grands versatiles, qui ne lâchaient rien sur leur prise de position d’antan ?

Il est des hommes dans la vie des nations qui resteront d’éternels comédiens, des trapézistes politiques, des menteurs, des individus sans vergogne et déloyaux qui croient perpétuellement pouvoir tromper tout le monde tout le temps. Aujourd’hui, les voir vomir des incongruités à la télé contre leurs semblables abusés ou les entendre défendre notre système démocratique à parachever, fait encore sourire.

Comment l’homme peut-il changer d’opinion aussi brusquement à la face du monde, sans vergogne et sans peur ?

Certains politiciens infâmes ravalent leurs vomissures devant le petit écran, alors que d’autres, plus ridicules, ne se gênent plus à cirer les bottes de leur ennemi d’antan.

Le Sénégalais lambda ne sait plus quel politicien croire et dans quel parti se trouve actuellement le vrai homme politique auquel nous devons tous faire confiance.

S’ils sont tous capables de se jouer du monde de la sorte, c’est dire que la politique a subi un sacré coup au Sénégal.

Ceux qui ont quitté Abdou Diouf pour le régime libéral comme ceux qui ont quitté Abdoulaye Wade pour Macky Sall et qui quitteront bientot ce dernier pour Karim Meissa Wade ou pour Ousmane Sonko en 2024, constituent la preuve évidente que les plus grands brailleurs et donneurs de leçons pour sauver notre pays ne croient en rien, mais se vendent la plupart du temps pour des sinécures.

Ces transhumants parce que grands « brouteurs » que Docteur Mamadou Lamine Bâ appelle Transfuges ont aujourd’hui pignon sur rue. Reconnaissables dans le régime actuel, ils font la honte du pays et seront encore prêts à quitter le navire de Macky Sall qui prend eau. Après avoir fait avaler au peuple sénégalais plusieurs scènes de théâtre sans morale et avoir servi des variétés musicales souventes fois insipides, on veut nous servir les tréteaux du moyen-âge dont les acteurs Ousmane Sonko et Adji Sarr, différents en tout point de vue, sont devenus les acteurs mis sur scène pour amuser la galerie en se crêpant le chignon.

La perfidie jouée au maximum voulant coûte que coûte que le premier soit totalement réduit à sa plus simple expression et que son vis-à-vis, incrédule, soit la touaille bonne à tout essuyer.

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