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3ème vague, le tournis du 3ème mandat: Ils sont allés à la pêche et ont introduit l’ennemi dans la place Par Habib KA, Bureau régional de Matam

Thilogne-Que Seydou Guèye, porte-parole du gouvernement, refuse de faire le corollaire entre la montée en puissance du Delta avec les tournées économiques du chef de l’État est tout à fait compréhensible, normal même. Le contraire aurait surpris : il fallait à son chef, pris de court par les tragiques événements de mars dernier, redorer son blason et reprendre le contrôle politique de la situation.

Toutefois, au sortir de la Tabaski, plus de 1.000 cas et 8 décès enregistrés interpellent la conscience de tous. Pis, la tendance ne fait que croître et le virus essaimer dans Dakar, la banlieue et l’intérieur du pays. Plus rapide que Macky Sall pour une tournée marathon, la covid-19 a ceinturé le Sénégal en un tour de bras. Conséquence :

Dakar 721,

Rufisque 97,

Guédiawaye 24,

Keur Massar 07,

Saint-Louis 38,

Thiès 35,

Touba 24,

Tivaouane 18,

Fatick 7,

Kaolack 7,

Ziguinchor 4,

Khombole 04, etc …

Les chiffres sont éloquents ; la troisième vague est plus dangereuse que les deux précédentes. Le variant Delta se propage à une vitesse exponentielle, en plus d’avoir une forte charge virale et il s’attaque directement aux poumons, laissant peu de chances de vie à ses victimes.

Les cliniques privées affichent complet, malgré le coût élevé de la caution exigée aux malades. Les Centres de Traitement des Épidémies (CTE) aussi. Fann, Dalal Jamm, Le Dantec, tous pleins ; le CTE de l’hôpital Abass Ndao, ouvert à peine il y’a une semaine ainsi que l’hôpital de Pikine, pour accueillir les cas sévères, sont remplis, les CTE de Guéréo Diamniadio, du Hangar des Pèlerins rouverts, pas une seule place de libre.

Le rendu des résultats d’un test de dépistage très long, si bien que la personne a tout le temps de diffuser le virus à son entourage, et aussi le temps de mourir à la maison dans des souffrances atroces, après avoir fait, en vain, le tour des structures sanitaires pour une hospitalisation.

Le Sénégal n’a pas les moyens de sa politique sanitaire, de fournir les vaccins en qualité et quantité suffisantes, de doter suffisamment en lits et respirateurs les hôpitaux et Centres de Traitement des Épidémies (CTE), l’économie de la loi d’urgence, du couvre-feu, du reconfinement.

Si la pandémie persiste, le régime de Macky Sall aura toutes les peines du monde pour maintenir la barre, parce que les Sénégalais ne se sentent plus engagés à consentir des sacrifices alors que le pouvoir politique ne se gêne pas d’enfreindre ses propres mesures, quand il veut.

La vaccination à grande échelle semble être la solution. Encore que l’efficacité du vaccin varie d’une firme à une autre, il évite les formes sévères du virus mais ne le tue pas. Les vaccins, comme solution indiquée, font cruellement défaut, la solidarité internationale pour la fourniture des vaccins est confrontée aux mêmes problèmes.

Pour un pays qui peine à dépasser le taux de vaccination de 1 %, le virus en continuelle mutation continuera longtemps encore sa ronde macabre dans le pays, si des mesures structurelles ne sont pas prises.

Le camp présidentiel devait se passer des tournées dites économiques, alors que la pandémie n’avait émis aucun signe clinique de son extinction. S’il est le premier à fouler au pied ses propres mesures sécuritaires, qu’en serait-il de l’inconscient collectif ?

Les vrais enjeux ne sont pas dans les pistes toutes tracées au retour de la fastueuse fête de Tabaski, le vote du nouveau code électoral, la fixation du montant de la caution pour les municipales, le procès Adji Raby Sarr vs Ousmane Sonko, la stigmatisation des LGBT, la surmédiatisation facile de la menace terroriste au point d’en faire un serpent de mer.

Tout ceci ne fait que creuser et élargir le fossé entre les citoyens, tourner l’attention des populations sur des choses factices, clivantes, pendant que la santé de 17 millions de Sénégalais est menacée.

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