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1er Octobre 1846: 174é anniversaire de l’intronisation de la Reine Ndaté Yalla Mbodj, souveraine du Waalo Correspondance régionale, Habib KÂ

L’apogée des Linguères

En 1816, Linguère Fatim Yamar Khouriaye Mbodj fut intronisée souveraine du Waalo, suite au décès de son cousin Kouly Mbaba. La France civilisatrice faisait piètre figure de défenseur des droits humains devant le Waalo.

Barack et Linguère pouvaient se succéder, indistinctement du genre alors qu’une Française n’aura le droit d’élire ou d’être éligible qu’en 1944, cent-vingt-huit ans après.

1er Octobre 1846, sa fille Ndate Yalla  devient reine du Waalo, succédant à une non moins célèbre héroïne Ndieumbeut Mbodj, son aînée de deux ans.

Ce qui caractérisait le “Linguèrat”, ce n’était pas une simple succession de princesses de salons avec une grande cour de courtisans. Une Linguère était avant tout un chef politique, un commandant d’armée rompue aux techniques de combat et à l’art des alliances et des mésalliances.

L’Odyssée de ces belles reines a duré plus de cinquante ans et elle devait être un levain pour les femmes et les filles pétries de valeur de tirer les leçons de leur histoire. Toutes leur vie,  très éphémère d’ailleurs, elles l’ont vécue pour le combat, l’honneur, la lutte pour la survie de leurs administrés.

Quatre ans après son intronisation, un mardi 07 mars 1820, son mari absent, le Brack Amar Fatim Borso et ses hommes, des guerriers maures voisins attaquèrent. Ils furent mis en déroute par une armée de femmes. Les Maures touchés dans leur orgueil revinrent à l’assaut. Fatim Yamar et sa suite sentant leur fin proche, se brûlèrent, préférant la mort au déshonneur. Comme pour dire : ” On nous tue mais on ne nous déshonore pas”.

Il  n’y avait pas encore une armée post-coloniale pour revendiquer cette devise que les femmes de Talaatay Nder on rendue effective, avec bravoure.

Ndieumbeut et Ndaté furent mises à l’abri des flammes qui allaient emporter toutes les femmes. Parce qu’elles étaient la semence qui devait ranimer la flamme du “mbañ” contre les Maures, les colons. Elles avaient respectivement 10 et 12 ans.

NDIEUMBEUT MBODJ (1800-1846)

Au-delà de sa témérité, elle est réputée pour sa vivacité d’esprit, sa capacité de fixer ses alliances en fonction des ennemis en place : l’administration coloniale française qui, chaque jour, de Saint-Louis, impose son dictat sur les cours d’eau, les terres fertiles, le négoce, et un voisin mauritanien trop belliqueux dont les razzias sans cesse répétées commençaient à déstabiliser le Waalo.

Hommage est ici rendu au professeur Bakham Diaw qui rend parfaitement qui fut le personnage.

“Ndieumbeutt Mbodj fut une Sénégalo-Mayritanienne en tant qu’épouse d’un émir du Trarza, grande-mère d’un émir du Trarza et grand-mère d’un résistant trarza armé face à la colonisation, Mouhamed Bourass”.

Ely Ndieumbeutt Ould Mohamed El Habib, un pont entre le Sénégal et la Mauritanie.

DEWENATI A TOUTES LES LINGUÈRES.

À Fatou Sow Sarr,

femme du Waalo, pour son combat éternel pour l’émancipation de ses sœurs.

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