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Senghor : La diplomatie de la Révolution

Senghor et les luttes de Libération

L’École de la Diplomatie

Fidèle à l’esprit des pères fondateurs d’une libération totale de l’Afrique, Senghor le socialiste habité des notions d’indépendance et d’union depuis le palais Bourbon —Indépendants d’Outre-mer— a usé de  diplomatie pour appuyer les mouvements de libération dans la lutte contre les derniers foyers colonialistes.
L’Afrique du sud, les pays de la ligne de front et le pourtour de l’Océan indien en ont principalement bénéficié, en particulier dans le renforcement des capacités et l’appui dans la délivrance des titres de transport. Ainsi débute par exemple la coopération avec les Comores dans le secteur de l’enseignement et du Droit.
Le passage d’Oliver Tambo en 1962 à Dakar sera le prétexte pour la facilitation au titre des moyens de transport et les accords de siège avec l’African National Congress avec le brillant Ahmet Nkono mais aussi avec l’Union pour l’Indépendance totale de l’Angola (Unita) avec un envahissant puisque remarquable par la stature d’un certain Andrade, comme le signalait Moussa Paye naguère..
Moins contre le régime marxiste de son ami poète Augustinho Neto que par rivalité culturelle : socialiste et révolutionnaire lui-même, Senghor a invité au métissage culturel avec la relecture africaine d’Engels et de Marx pour en apprécier la substantifique moëlle : certains prétendus révolutionnaires africains de l’époque se dopaient en effet d’une phraséologie enivrante et lénifiante, si on ose dire.

C’est cette même logique qui a prévalu dans la diplomatie de voisinage avec le soutien à la Guinée-Bissau et au Cap-Vert, mais plus aux marxistes du Parti africain pour l’Indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert qu’à ceux de Front de Libération pour l’Indépendance nationale de la Guinée ; l’inverse eût pu paraître étonnant avec les largesses et le tribut payés en Casamance, arrière-base et les moyens de propagande à Radio Sénégal : Camaradas do Paigc, boa noite” était devenu aussi célèbre pour boucler chaque soir le round-up de la situation sur le terrain  C’est d’ailleurs Senghor en pleine tournée dans le Ferlo désertique qui annoncera ce 20 janvier l’assassinat d’Amical Cabral. Que dire alors de ce bien sénégalais du Comité pour les Droits inaliénables du peuple palestinien et de cette mission chez Golda Meir dans une tentative de rapprochement arabo-israélo-africain ?

La période des Comores est d’autant plus appréciable que non seulement l’opération avait reçu une bonne appréciation populaire, mais encore nombre d’étudiants ont bénéficié de bourses d’études au Sénégal. La taille en était d’une telle ampleur qu’il a fallu leur trouver un consul, ce que fit alors Aly Saleh, plus tard maire de Dahra Djolof.
C’est ce même souci de renforcement des ressources qui s’est aussi vérifié pour le Gabon, très tôt, même si le plus illustre, Mama, répondait plus à un appel d’offres international. La présence actuelle de l’éminent Alioune Seck de Bargny–photo– rassure quant à la continuité du souci du Sénégal dans la coopération Sud-Sud.