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Woorou Gallé : Un jeu d’enfant Souvenirs tout aussi drôles et infantiles

SOUVENIRS DE RAMADAN

Quand le jeûne

se fit jeu d’enfant

« Mon endroit préféré pour le désaltérer, c’était les toilettes »

Pour apprendre à leurs enfants à se familiariser avec la religion musulmane sur les principes de base du respect des piliers de l’Islam, beaucoup de parents incitent leur progéniture de s’abstenir de manger. En public, les enfants affichent un jeûne assuré, mais ils saisissent l’occasion d’être seuls pour que les barrières soient franchies. Qui n’est pas passé par cette étape de vie ? Des souvenirs tout aussi drôles et infantiles manifestent l’innocence dont nous avons fait montre il y a des années.

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Par Khadidiatou GUEYE Fall,

Chef du Desk Société

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Pour les adultes aptes et responsables, l’abstinence de manger durant la journée du Ramadan ressort d’une obligation religieuse dont il ne faut pas se passer. Ces mêmes adultes ont été enfants. Par leur ignorance et innocence, ils ont eu à déclarer leur jeûne à leur parent alors qu’ils se démerdaient pour mettre quelque chose de leur ventre en cachette.

C’est la confidence de Khadiatou. Dans son salon, Khadiatou s’installe sur un petit tabouret. Elle tricote des robettes en face de l’écran. Avec des fous rires, elle explique comment elle se débrouillait pour mettre quelque chose sous la dent et paraître anéantie aux yeux de ses oncles.
« Je me rappelle que ma mère m’avait obligée à jeûner quand j’avais 7 ans. J’étais très fière de dire que j’ai jeûné. Mais au fond je savais qu’il n’en était rien. Parce que personne ne me voyait manger à la maison. À l’époque, le Ramadan coïncidait avec les grandes vacances. Je ne mangeais qu’à quelques rares occasions car mes oncles me surveillaient de près. Mais je profitais des moments de prendre les ablutions pour avaler quelques gorgées d’eau. Surtout que j’avais un oncle très regardant dans le côté du respect des prières. À chaque heure de prière, ils nous obligeaient à faire nos ablutions » raconte Khadiatou. Pour elle, ces temps de jeu avec la religion sont révolus. Elle est devenue consciente de la limite de la clémence de sa religion.

Sur le tapis de prière, ce fervent layène égrène son chapelet. Père d’une fille de 8 mois, Libasse considère le jeûne simulé comme un passage obligé de tout enfant : « Nous avons tous commis cet acte. Pour moi, ce n’était pas un péché de manger quand on ne supportait pas la faim, étant enfant. J’attendais que toute la maison soit en train de jouer au Lido ou à discuter sous la véranda pour aller dans la cuisine manger quelques légumes crus étalés sur un plat. Il y a eu des moments où je demandais la permission d’aller jouer chez un ami à qui le jeûne ne lui a pas été imposé. Après avoir mangé un Thiebou Dieune, je prenais une bonne tasse d’eau avant de me sécher les lèvres. Pour donner l’apparence d’un jeûneur anéanti, je marchais d’une manière nonchalante et me mettais souvent au coin pour dormir. C’était un jeu qui me réussissait bien en tout cas ».

Moments d’innocence

Libasse explique que ces moments d’innocence vécus ont fait qu’il ne vilipende jamais ses neveux. Sachant qu’ils ne jeûnent pas toute la journée : « Mais une fois adultes, on oublie tous ces enfantillages. Nous sommes devenus parents ; donc même s’il y a une contrainte de jeûner, c’est en catimini qu’on prend quelque chose en attendant l’heure de la rupture ».

Cette dame évoluant dans une organisation non-lucrative se rappelle ses délires d’une petite fille gourmande. Elle s’était imposée le jeûne sans la pression de sa famille. « J’étais en classe de CE2. C’est quand j’ai vu ma meilleure amie à l’époque prendre l’initiative de jeûner que j’en ai fait de même. Mais dès le premier jour, je me suis rendu compte que ce n’était pas facile de s’abstenir. Mon endroit préféré pour me désaltérer était les toilettes. Je m’y rendais à chaque fois pour utiliser la pomme de douche et boire assez d’eau avant de ressortir ». Notre interlocutrice ne semble pas être affectée par cette aventure de l’enfance. Elle rassure que c’était des procédés d’enfants.

Le jeûne n’est pas obligatoire pour les enfants mais certains parmi eux sont souvent fiers de proclamer leur jeûne à leurs parents qui d’ailleurs s’en glorifient et les encouragent. Quand certains enfants se vantent d’assurer le jeûne, d’autres trouvent toujours un moyen d’avoir un cachot pour boire et manger, sans semer le doute.

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