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Tendance baissière de la Covid-19: L’Eglise sonne à nouveau les cloches pour les fidèles Par Charles SENGHOR

Longtemps fermée, l’Eglise du Sénégal a rouvert ses portes aux fidèles grâce à la tendance à la baisse du coronavirus. « L’heure vient–et c’est maintenant–où les vrais adorateurs adoreront ».

L’Eglise sénégalaise a repris ses célébrations liturgiques à caractère public le 1er novembre 2020, après près de 8 mois de suspension causée par la crise sanitaire liée au Coronavirus.

« Nous, vos pères évêques du Sénégal, sommes favorables, à partir du 1er novembre 2020, à la reprise progressive du culte dans nos diocèses, suivant l’appréciation des pasteurs du lieu et des conditions de faisabilité », ont annoncé le 23 octobre les religieux. L’épiscopat sénégalais assure s’être basé sur « la tendance à la baisse de la courbe de contamination dans le pays depuis plus d’un mois mais aussi sur les avis de médecins de la communauté et autres personnes ressources ».

Mais, les évêques, se voulant toujours prudents, ont recommandé une application très stricte des mesures barrières pour éviter les contaminations. Il s’agit de « la limitation du nombre de participants aux offices liturgiques, du respect de la distanciation physique, de la mise en place d’un dispositif de lavage des mains au savon ou au gel hydro-alcoolique, du port obligatoire du masque, des modalités d’hygiène pour l’offrande de la quête, de la dés-infestation des lieux avant et après chaque célébration, du respect des consignes, à l’entrée des églises comme à l’intérieur et à la sortie ».

Cette décision a été saluée par les fidèles. En fait, malgré leurs plaintes contre l’absence des messes, les évêques ont poursuivi leur mot d’ordre, se basant sur la citation biblique censée décrire la situation : « Crois-moi : l’heure vient–et c’est maintenant–où les vrais adorateurs adoreront. Le Père en esprit en vérité : tels sont les adorateurs que recherche le Père. Dieu est esprit, et ceux qui l’adorent, c’est en esprit et en vérité qu’ils doivent l’adorer » (Jean chapitre 4 verset 23-24) comme Jésus l’a dit à la Samaritaine.

Inflexible

Avant d’arriver à cette issue heureuse, l’Eglise est restée très ferme dans sa décision du respect de la vie humaine en gardant ses portes formées depuis le 17 mars 2020. « Il n’y aura plus de messes publiques (en semaine, dimanche et jours de préceptes), pas de chemins de croix publics durant le carême. Mais surtout, toutes les autres activités religieuses à caractère public, à savoir les mouvements d’actions catholiques, les répétitions de chorales, catéchèse, récollection, rencontre de CEB, assemblées de prières sont suspendues jusqu’au jour de Pâques. L’Eglise catholique du Sénégal décide ainsi de jeter toutes ses forces dans la lutte contre la propagation du Coronavirus. Qui prend de plus en plus d’ampleur dans le monde, singulièrement au Sénégal », avait souligné, Mgr Paul Abel Mamba, évêque de Ziguinchor, au nom de la province ecclésiastique de Dakar.

Fidèle à sa position de principe, l’Eglise a décliné l’offre du président Macky Sall qui avait décidé dans son discours du 11 mai, que « nous devions désormais vivre avec le virus », tout en décrétant l’ouverture des lieux de culte à des célébrations à caractère public. A cet effet, l’évêque de Thiès, Mgr André Guèye, avait demandé à tous les fidèles d’attendre le prochain communiqué des évêques de la Province ecclésiastique de Dakar avant toute initiative. Pour se conformer à la suspension des célébrations à caractère public « toujours en rigueur ». Il avait même soutenu qu’il comptait « sur la collaboration de tous pour que personne ne fasse autrement que ce qui est prescrit par les évêques jusqu’à nouvel ordre. Restons prudents et ayons le sens de la contamination ecclésiale ».

L’offre de Macky rejetée

Dans un communiqué publié le vendredi 10 juillet, les évêques sénégalais ont maintenu la suspension des offices religieux à caractère public comme les messes, invitant à une réflexion en vue d’une éventuelle reprise des célébrations liturgiques à partir du mois d’août. « Notre conscience de pasteurs nous dicte de nous ouvrir d’abord à l’avis de certains spécialistes dans le domaine de la santé, pour mieux apprécier la situation et aller de l’avant », soulignent les religieux.

Sur la base des chiffres annoncés par le ministère de la Santé, ils font savoir « la propagation de la pandémie dans des zones et contrées initialement épargnées mais aussi l’allure stationnaire de la courbe autour de 9% à 10% des sujets testés, allure qui pourrait connaître une recrudescence les jours ou semaines à venir », a décrété au nom des évêques, Mgr Benjamin Ndiaye.

A travers cette position, l’Eglise a été la première institution à avoir pris une décision forte pour lutter contre cette maladie venue de la Chine. Quinze jours après l’apparition du premier cas, soit le 17 mars 2020, les évêques, dans le cadre de la préservation de la vie humaine, ont suspendu les activités publiques de l’Eglise, tout en donnant des consignes pour vivre  dignement sa foi. Ils ont demandé, à cet effet, à tous les fidèles catholiques de vivre « ces moments d’épreuves en intensifiant la prière personnelle et en famille. Ce, au moins le dimanche à l’heure de la messe habituelle. Mais aussi en égrenant régulièrement le chapelet. En méditant la parole de Dieu quotidiennement proposée par la liturgie de l’Eglise dont les références se trouvent dans l’ordre liturgique. En faisant aussi le chemin de croix en famille, le vendredi du carême, pour ceux qui le peuvent. Pratiquer le jeûne pour implorer la miséricorde de Dieu et la grâce de la conversion ».

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