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Tabaski à Louga : Elles sont toutes bêle !

Tabaski à Louga 

Elles sont toutes bêle !

Elles dament leurs maris

Les femmes de Louga ont volé  au secours de leurs maris rattrapés par le temps mais restés dignes, en fournissant le mouton de Tabaski,  alors que la solidarité se manifeste aussi pour les couches vulnérables. La rareté voire l’absence de niébé devient la seule ombre au tableau. Panorama de la région de Louga

Par Mamadou Mansour DIÈNE

Ils ont eu du cran, ont été de chics types, loin d’être des lâches et des dégonflés, affrontant toutes les épreuves, franchissant les obstacles, bravant les les intempéries. Pour gagner dignement à la sueur de leur front le prix de l’encorné à immoler. Perpétuant le geste sacrificiel du Patriarche. Pour participer à la fête du mouton. Pour se glorifier devant son épouse.
Mais l’âge très avancé est devenu un prétexte, pas très confortable, pour exempter les pères; heureusement, les mères de famille ne manquent pas d’initiatives : elles ont institué une tontine assimilable à une banque populaire dans tous les quartiers de Louga sous le format d’un système économique baptisé “l’ale bassang” : les tirelires sont cassés, les épargnés d’un an permettent de contribuer à l’achat du mouton. La Tabaski 2024 est sauvée.

Surtout qu’à Nguidilé, les gestes de cohésion et de solidarité sociales se multiplient avec la distribution des carrés d’égalité des chances avec la pyramide de soins de santé primaires des couches vulnérables.
Ce samedi Premier juin 2024, des mesures salvatrices ont été prises : l’association des personnes vivant avec des handicaps visuels, physiques ou de mobilité très réduite, les couples indigents, les talibés et leurs Serigne, de même que les Badiénou gokh ont bénéficié de la carte d’ égalité des chances.
Devant les délégués de quartier, les relais communautaires, les agents patentés en charge des soins de santé primaires, la bonne nouvelle à été annoncée par le maire de Nguidilé.
Le magistrat de cette commune du département de Louga a fortement impliqué son équipe municipale pour la faisabilité de cet engagement ; les ICP des postes de santé ont applaudi.

Tout n’est cependant pas aussi rose pour tout le monde : l’inquiétude règne en effet chez les employés, les revendeurs et les transformatrice de l’usine de niébé encadrés par le Conseil départemental.
Quand il leur arrive d’évoquer la pénurie de niébé, conséquence de l’absence de ndambé dans e sandwich du petit déjeuner, les chauffeurs et les pigistes des tâches ordinaires dans les gares routières exagèrent un peu, comme s’il s’agit d’une alerte sérieuse aux nouvelles autorités.
Pour ces gourmets, “les semences d’arachide et de niébé ne doivent pas manquer”.
Aux marchés, dans les gargotes, sur la table des vendeuses installées dans les points de départ des jakartamen, le même sujet est fortement commenté ; c’est un sujet de plaisanterie classique entre les Ndiayènes et les Ndiobènes : le prix de cette denrée très prisée flambe vertigineuse ment, passant de 350 à 550 francs.
Une usine de transformation du niébé et ses dérivés était ouverte et encadrée par le Conseil départemental. Les travailleurs aussi s’inquiètent.