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Structures sanitaires, infrastructures de base, mobilisations: Les coûts et les coups d’une “tournée économique” Par Mame Gor NGOM, Desk central, Le Devoir

Le président de la République encore en “tournée économique” du 12 au 19 juin dans le nord, dans les régions de Saint-Louis et de Matam. Difficile de ne pas y voir autre chose qu’une simple volonté de s’enquérir de la situation des gouvernés. Même si l’intéressé s’en défend. Quid des coûts exorbitants des structures sanitaires qui cachent mal des coups politiques qui devraient donner des fruits lors des locales ?

Des milliards, des investissements et des promesses.

D’un coût de 19 milliards 665 millions 571. 390 FCFA, l’hôpital régional Thierno Birahim Ndao de Kaffrine compte 150 lits ainsi que des services que requiert une infrastructure sanitaire moderne, tiennent à préciser le président de la République et ses partisans.

Il s’agit de services de médecine interne et de chirurgie, mais surtout de services spécialisés (ORL, ophtalmologie, service bucco-dentaire, gynécologie, obstétrique, cardiologie, dermatologie, pédiatrie).

L’hôpital Ameth Dansokho de Kédougou a le même coût. Deux autres hôpitaux ont ouvert à Touba et Sédhiou, pour un coût global d’environ 97 milliards de francs CFA. En plus des structures sanitaires aux “normes acceptables”, Macky Sall a assuré que le projet de construction du nouvel aéroport de Kédougou  sera bientôt une réalité.

Un nouvel aéroport qui pourra accueillir en toute sécurité “les avions de grande dimension” ; l’aéroport de Tambacounda, dont le chantier sera lancé dans la deuxième semaine de 2022 et l’aéroport de Ziguinchor figurent également parmi ces plateformes aéroportuaires que le gouvernement prévoit de construire.

“Les autres villes verront leurs aéroports reconstruits, notamment le Cap-Skiring qui sera un aéroport international, Kolda, Sédhiou. L’aéroport de Kaolack sera achevé”, ajoute-t-il. Des promesses et engagements tous azimut signes d’une détermination à effacer le passif souligné par des opposants qui ne veulent pas se “laisser dominer”.

“Les tournées économiques du président de la République dans les régions ne sont pas une campagne électorale, mais une occasion de s’enquérir de l’état d’exécution des chantiers du gouvernement” a déclaré Macky Sall.

“Lorsque que le président de la République est en tournée économique, il n’est pas en campagne électorale”, a-t-il dit le Premier juin dernier alors qu’il trouvait à Kédougou ; le président de la République “vient voir l’état d’exécution” des différents projets, “les blocages, les difficultés pour donner un coup d’accélérateur, puisque notre raison de vivre, c’est la satisfaction des populations”, a expliqué Sall. On aimerait bien le croire. Si l’on sait qu’à l’étape de Kaffrine, il a dû enlever momentanément sa tenue de président pour celle de chef de parti leader de la coalition Benno Bokk Yakaar pour demander l’unité en vue des prochaines locales. Pour la “tournée du nord”, Sall va sortir la grosse artillerie pour “solder des comptes”, préparer le temps mais surtout unir et renforcer ces leaders locaux en place. D’où l’importance de l’axe Fouta au moment où la colère gronde avec le fameux cri de guerre “Fouta tampi” (Fouta fatigué).

Derrière l’évaluation des investissements publics engagés se cachent des enjeux politiques qui peuvent déterminer des choix futurs.

Le Conseil présidentiel et un Conseil des ministres à Matam, prévus, sont une manière de donner de l’espoir en essayant de baisser la tension.  Matam qui représente le cœur du “titre foncier” traverse en effet des contestations qui chahutent et annihilent les efforts tendant conserver le “grenier électoral” de l’Alliance pour la République (Apr). Sall est certainement conscient que venir au chevet de ses “poulains” est la voie du salut. Une aubaine pour le coordonnateur départemental Farba Ngom, l’homme d’affaires, Harouna Dia, le ministre de la justice Me Malick Sall. Ceux-ci devraient taire de gré ou de force leurs petites querelles pour se “retrouver autour de l’essentiel”.

C’est la même logique qui devrait présider à l’étape de Podor, autre localité aux grands enjeux. Une pléthore de leaders s’y retrouvent. Toutefois, ce n’est guère une union sacrée. Un choc des ambitions y est constaté. Abdoulaye Daouda Diallo, ministre des Finances et du Budget, et Cheikh Oumar Anne ministre de l’Enseignement supérieur devraient “finaliser” la paix des braves entamée aux lendemains des manifestations violentes de février-mars dernier lors d’un méga-meeting.

De même que Racine Sy, tout-puissant directeur général de l’Ipress, et Aissata Tall Sall, ministre des Affaires étrangères qui se regardent en “chiens de faïence”. Mme Tall a gagné de justesse la mairie de Podor devant Racine Sy à l’époque candidat de Macky. Aujourd’hui, le leader de “Oser l’Avenir”, a rejoint le camp présidentiel. Ce qui devrait faciliter les choses. Podor, c’est aussi Mountaga Sy, directeur général de l’Apix, moins spectaculaire mais très présent sur le terrain… local.

Stratégies souterraines

Macky Sall agit ainsi, en stratège, pour mener sa campagne, préparer le terrain pour les futures élections tout étant sous les draps d’une “tournée économique”.  L’enjeu est de “placer ses hommes” pour maîtriser la situation et amoindrir les risques.

Avant Podor et Matam, Fatick, Kaffrine, Kaolack, Kédougou, Tambacounda ont reçu le chef de l’Etat qui a eu droit à des “bains de foule” et à des “discussions franches” avec des jeunes manifestants comme c’est le cas à Koumpentoum.

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