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Sonko dans une salle de massage, une erreur fatale Par Charles Thialys SENGHOR, Desk central, Le Devoir

Ousmane Sonko est aujourd’hui accusé de viol et de menaces de mort par une masseuse qu’il a trouvée dans son lieu de travail, un salon de massage. Un lieu considéré au Sénégal par une certaine opinion comme un lieu de débauche même si la propriétaire détient un permis d’exploitation.

Soyons clairs. Ousmane Sonko n’est pas accusé de délit de fréquentation de salle de massage. D’autant plus qu’il y est allé pour « soulager des maux dont il souffre depuis longtemps » et qu’il a soignés dans de nombreux endroits avant d’être référé par son ami dans cette salle de massage où il a trouvé Adji Sarr qui l’accuse de viol et de menaces de mort. Une accusation que certains trouvent trop grossière. Mais, la constante est que Sonko est un client des lieux. Pour son coût moins onéreux puisque quelque part on lui réclamait deux cent mille francs pour une séance.

Devait-il s’y rendre ? Oui, ont répondre certains de ses inconditionnels. Même s’ils sont en droit de le soutenir, ils doivent avoir une chose en tête : Ousmane Sonko n’est pas n’importe quel citoyen sénégalais. En plus d’être député, il est un leader politique à la peau connue jusque-là, très lisse, surfant sur les bonnes valeurs qu’il tente d’incarner. Et ces lieux, comme nous l’avons dit plus haut, n’ont pas bonne presse : ce n’est pas pour rien que ceux qui les fréquentent ne s’affichent pas publiquement.

Dans sa première interview accordée au site du groupe Emedia, la propriétaire du salon incriminé soutenait que Ousmane Sonko a toujours voulu passer discrètement.

Quelle est la compétence d’une masseuse, même professionnelle, par rapport à un orthopédiste ? Ces femmes masseuses ne sont pas choisies n’importe comment. Il y a l’aspect commercial et donc de séduction qui compte dans leur recrutement et leur engagement. La preuve :  celle qui l’accuse aujourd’hui est citée aujourd’hui, dans d’autres scandales, dans son passé. Vrai ou faux, ça renseigne sur ces lieux. Même s’il peut y avoir des gens qui travaillent correctement.

Que Ousmane Sonko laisse les lieux connus et appropriés pour le traitement de son mal est une grosse erreur.  Quand on occupe certaines responsabilités, de surcroît celles d’opposant radical à un régime auquel on tente de trouver tous les poux pour le déstabiliser, il faut s’attendre à ce que ses moindres failles soient exploitées.

Après avoir débusqué de nombreux scandales du régime en place, comme l’affaire des 94 milliards de Fcfa, les impôts des députés à l’Assemblée, entre autres, il se devait de savoir qu’il est un homme à « abattre ».

Ousmane Sonko et son camp doivent savoir que ces lieux sont fréquentés par tout le monde dans la pénombre. Toutefois, ils sont « haram » le jour.

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