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Situation critique pour les établissements privés d’Enseignement supérieur (ÉPES): L’Etat invité à sortir de sa léthargie Charles Thialys SENGHOR

L’État du Sénégal veut-t-il tuer établissements privés d’enseignement supérieur (EPES) ? Les propriétaires de ces structures n’en pensent pas moins.  Sinon, pourquoi ne bouge-t-il pas pour permettre à leurs propriétaires d’entrer dans leurs fonds ? Cela y va de la survie de ces établissements dont beaucoup sont à l’arrêt à cause des dettes de l’Etat.

Le mal est plus profond que ce que l’on peut imaginer au sein des propriétaires des établissements privés d’enseignement supérieur dont les services avaient été loués par l’Etat pour prendre en charge des étudiants.

Après l’article qu’il a sorti la semaine dernière sur ces structures, d’autres responsables ont saisi Le Devoir pour enfoncer le clou sur les difficultés qu’ils vivent. “Notre problème est surtout financier ; nous n’arrivons pas à entrer dans nos fonds malgré le moratoire qui avait été établi”, se plaint notre interlocuteur.

Selon lui, il y a des écoles qui sont carrément à l’arrêt et qui sont en train d’envisager où s’orienter pour pouvoir survivre. Parce que leur outil de travail a été complétement “désorganisé”, créant même une crise de confiance pour ces écoles qui se battent pour la qualité.

L’Etat n’a encore pas payé les 4,9 milliards Fcfa votés lors de la dernière loi de finances. Cette somme représente les 50% du montant qu’il doit à ces structures supérieures d’enseignement privé.

Cette situation est une véritable pilule amère pour les propriétaires de ces établissements. Ils ne comprennent que l’Etat distribue des milliards de Fcfa à d’autres secteurs comme les artistes, tout en ignorant les dettes qu’il a contractées avec eux. Ils estiment qu’un secteur comme le leur, qui crée des emplois, avec des vacataires sans ressources parfois, ne doit pas vivre cette situation.

Et même avec cette situation désastreuse de ces structures “encerclées” aujourd’hui, d’un côté par les bailleurs et de l’autre par les banques, l’Etat ne fait aucun cadeau quand il s’agit de payer la taxe sur la valeur ajoutée (Tva). Or, elle n’est pas fixée dans la scolarité des étudiants, précise, pour le regretter, notre source.

Pour elle, l’Etat doit assumer ses responsabilités à travers le respect de ses engagements parce qu’il est notamment à l’origine des “énormes” difficultés rencontrées. “C’est l’Etat qui nous a obligés à arrêter les cours, le 15 mars 2020, pour freiner la propagation de la Covid-19 ; qu’il joue pleinement son rôle”, souligne-t-elle.

Dans une de ses interventions, Mme Denise D’Erneville, propriétaire d’un établissement privé d’enseignement supérieur, rappelait au chef de l’Etat que des Privés sénégalais ont très tôt compris, depuis les années 80, que la création des richesses pour un Etat était dans la formation professionnelle, un modèle d’établissement qui se définit comme étant “un pont entre l’université et le monde du travail”. Pour elle, le Gouvernement gagnerait à ne pas les marginaliser.

Ces structures ne comprennent pas que depuis près de 18 mois, l’Etat n’arrive pas à bouger, en refusant de respecter le moratoire fixé pour le paiement de leurs dettes. Même la saisine du Médiateur n’a donné aucun effet positif, déplore-t-on dans le secteur.

La plupart de ces établissements étant pratiquement “à l’arrêt”, leurs propriétaires continuent d’appeler les autorités étatiques à sortir de leur léthargie pour les remettre à leur place.

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