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Sénégal : Sortir de cette crise

Sortir de cette dangereuse crise

Pourquoi faire simple quand

on peut faire compliqué ?

Ce qui était redouté est arrivé. Hélas.
Malgré la gravité de la situation, il est possible d’aller vers l’apaisement.

Une solution à la crise pourrait être une proposition de loi de l’Assemblée soutenue par une majorité de députés qui modifie la loi électorale dans un sens qui éliminerait les obstacles qui empêcheraient à des candidats crédibles de participer aux élections en perspective.

Commençons par prier pour le repos de l’âme de ceux qui ont perdu la vie, et témoignons notre sympathie à ceux dont les biens ont été détruits ou les activités entravées.
Compte tenu de la situation inédite qui est vécue par notre peuple, il revient aux députés de sauver le pays qui a été piégé dans un processus infernal depuis bientôt deux ans voire plus.
Il est supposé que chez chaque Sénégalais existe un sentiment patriotique qui l’incite à placer les intérêts de la Nation au-dessus des siens propres.
Celui-ci devrait même être plus affirmé chez ceux qui se sont engagés en politique et qui exercent le pouvoir ou qui ambitionnent d’y accéder.
Le fameux slogan : « La patrie avant le parti » est encore présent dans les mémoires.
Les affaires politico-judiciaires se sont développées dans une atmosphère lourde et oppressante.
L’inquiétude est allée crescendo et les diverses catégories de citoyens ont, selon leurs pouvoirs et leurs moyens, averti et mis en garde, pour que le pays, à l’instar de certains de ses voisins, ne s’installe dans l’instabilité.
Pour que le pays ne vive plus jamais une pareille situation, il y aura des responsabilités à porter et à situer lorsque le calme reviendra.
Nous avons manqué plusieurs occasions de sortir de cette crise et qui ont été ratées.
Il faut déplorer le fait que chaque fois que celles-ci se sont présentées, elles ont été compromises par de malheureuses et souvent incompréhensibles initiatives ou décisions qui ne servaient pas la stabilité du pays. Pourtant, cet enjeu serait loin d’être secondaire.
Aujourd’hui, nous sommes face à leurs malheureuses conséquences, lesquelles s’inscrivent durablement dans l’espace physique et dans les coeurs.
Quel dommage pour l’image du Sénégal.
Nul ne sait quand est-ce que cette situation s’apaisera.
Pourtant les haines, les rancœurs et les rancunes devraient être remisées si nous voulons vivre durablement en paix.
Une solution à la crise pourrait être une proposition de loi de l’Assemblée soutenue par une majorité de députés qui modifie la loi électorale dans un sens qui éliminerait les obstacles qui empêcheraient à des candidats crédibles de participer aux élections en perspective.
Un retour au Code consensuel qui a permis deux alternances faciliterait la démarche et ferait gagner du temps.
La remise en vigueur de cette loi, tout en abrogeant les différents textes qui lui sont incompatibles, pourrait être faite assez rapidement.
Personne ne perdrait la face et la situation s’apaiserait.
Ceux qui ont la possibilité de prendre une telle initiative devraient explorer cette voie.
Les autres questions comme le troisième mandat, les situations judiciaires de certains acteurs politiques et des personnes retenues pour des raisons politiques devraient être examinées dans le cadre du dialogue national en cours.
Voilà une porte de sortie de cette crise existentielle que notre pays vit actuellement.
De chaque côté les discours incompatibles avec une dynamique de paix devraient être évités.
Qu’Allah SHWT protège le Sénégal.

 

Ababacar Sadikhe DIAGNE

Ancien élève des classes préparatoires aux grandes écoles
Ingénieur diplômé de l’Ecole nationale de l’Aviation civile (ENAC), Toulouse, France

et du Massachusetts Institute of Technology (MIT) Cambridge USA.