GMT Pile à l'heure

La Ligne du Devoir

Présidentielle : Sursis pour Diomaye

Présidentielle : Bassirou Diomaye Faye en sursis

Une candidature incertaine

Validée par le Conseil constitutionnel, la candidature de Bassirou Diomaye Faye pose une véritable équation aux Sénégalais : alors qu’il est éligible, le secrétaire général et numéro 2 du parti de Ousmane Sonko reste en garde à vue depuis le 14 avril 2023. Son arrestation fait suite à une publication sur les réseaux sociaux.

Par Khadidiatou GUEYE Fall,
Cheffe du desk Société

Pour une première de l’histoire politique du Sénégal, c’en est une : un détenu est déclaré candidat à la Présidentielle. Une énigme pour les citoyens sénégalais.

En effet, à la date du 12 avril, Bassirou Diomaye Faye a critiqué les magistrats qui avaient décidé de juger en appel le procès qui opposait Ousmane Sonko à Mame Mbaye Niang, ministre du Tourisme dans une affaire de diffamation. Dans son discours, Bassirou Diomaye Faye avait lâché la suspicion qu’il existait une complicité entre la justice et le pouvoir aux fins d’extraire Ousmane Sonko des candidats éligibles à la Présidentielle de 2024.
Actuellement, la prison du cap Manuel de Dakar surveille de près le candidat Bassirou Diomaye Faye en détention préventive. Le numéro 2 de Ousmane Sonko a réuni toutes les conditions qui ont été soumises aux candidats pour se présenter à la Présidentielle de 2024.
Dès lors, un problème se pose : Diomaye, candidat à la Présidentielle est en prison. Quelle sera l’issue de sa garde à vue ? Sera-t-il libre avant le 25 février 2024 ? Aura-t-il le temps de battre campagne ? Toutes ces questions sont permises. Mais pour le député Guy Marius Sagna, la libération de Diomaye doit se faire au plus vite. « Nous exigeons la libération du détenu politique Bassirou Diomaye Diakhar Faye candidat à l’élection présidentielle du 25 février 2024 afin qu’il puisse battre campagne comme tous les autres candidats » a-t-il posté sur X (twitter). Si Guy Marius Sagna ose le dire haut et fort, certains Sénégalais partisans de Pastef le réclament à voix basse.
M. Ndao, un jeune partisan de Pastef, est persuadé que la libération de Diomaye se fera dans les prochains jours. « C’est un candidat comme Habib Sy et Amadou Bâ. Puisque le Conseil constitutionnel a déjà statué sur son éligibilité, il doit être libre et préparer la campagne électorale », a-t-il déclaré.
Une jeune femme étudiante en Droit nous signale que Bassirou Diomaye Faye est en garde à vue depuis 9 mois. Elle fait savoir que la durée d’une garde à vue est de 24 heures au minimum et de 96 heures renouvelables en cas de besoins pour l’enquête. « Peut-être par manque de magistrats, le détenu a fait plus que la durée normale d’un garde à vue. Mais n’empêche, ses avocats peuvent introduire une demande de liberté provisoire afin de faire sa campagne électorale » poursuit-elle.
L’étudiante pose une alternative qui enchanterait sûrement les partisans de Diomaye Faye : « Si le tribunal le lui accorde, il peut bénéficier de liberté provisoire ou de déclarations publiques pour battre campagne au même niveau que les autres candidats, mais pour le moment il est toujours prisonnier ».
Cette assertion de la juriste en herbe ne colle pas avec celle de M. Ndao. Ce dernier signe que Diomaye n’a pas besoin de campagne. « Il n’a pas besoin de campagne pour être élu président de la République du Sénégal au soir du 25 février 2024 : le président Ousmane Sonko a déjà effectué ce travail. Depuis plus de deux bonnes années, Ousmane Sonko et les Pastéfiens ont conquis le cœur des Sénégalais, surtout de la jeunesse. À mon avis, même en étant en prison, il est capable d’être le cinquième président du Sénégal. Le terrain est déjà balisé, on n’attend que le jour J pour aller aux urnes et vivre enfin le changement ».
À la fois détenu et candidat à la présidentielle 2024, Bassirou Diomaye Faye a réussi avec brio la phase des parrainages avec plus de 45.000 parrains. Voila qu’à la sortie de la liste des candidatures retenues, le Conseil constitutionnel a validé celle du numéro de Pastef.