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Présidentielle : Circulez, il n’y a rien à voir

Présidentielle avortée

Rompez les rangs

Entre un second septennat qui ne dit toujours pas son nom et la guerre de l’Apr contre Amadou Bâ, Macky Sall a choisi en renvoyant la Présidentielle de ce 25 février aux calendes grecques. Sans état d’âme, rompant l’équilibre entre institutions de la République. Tant pis pour les efforts fournis jusqu’au bout. Qui casquera pour tous les moyens déployés ?

Samoura a appelé aussitôt après le discours : “Je n’y comprends rien” ; le président s’est voulu tellement au-dessus qu’il a été trop aérien, très loin pour abroger le décret n° 2023-2283 du 29 novembre 2023 portant convocation du collège électoral.
Circulez, il n’y a rien à voir a dit le président de la République par le décret n° 2024-106 du 3 février renvoyant le collège électoral à ses pénates.
Le malaise perdure :

“L’année 2024 a commencé sous les «  meilleurs auspices »…
Jugez-en plutôt :
1- élimination des Lions en 1/8 de finale de la CAN,
2- élimination du « corps électoral » par «décret » le 3 février 2024″ avance Vovo Bombyx.
“J’ai toujours subodoré que Macky (que ses adversaires ont trop sous-estimé, le traitant de médiocre, méchant, rancunier, thiouné…et d’autres noms d’oiseaux) allait faire comme Erdogan : sa tentative de forcing pour le 3ème mandat ayant échoué, nous l’avions cru sur la touche, …. Et maintenant, avec le report des élections, on va jouer les prologations (comme au foot ball). Et après ? Les séries de pénaltys ?
Wait and see. N’oublions pas que c’est lui qui a récolté les fruits après l’éjection de Wade.
Dans l’opposition hélas, il y a plus de chiens qui aboient tandis que la caravane passe”, lui rétorque son ami René.

Comment alors concevoir un dialogue inclusif sans égratigner l’honneur d’un Conseil constitutionnel qui a œuvré dans l’esthétique et la morale, base du droit, même si sa vigilance a été trompée ? L’entrée en scène de la justice dès l’affaire Rose Wardini éventée devait au demeurant prouver que les institutions jouaient encore leur rôle, comme l’Assemblée était dans son droit qui n’a cependant pas été déroulé jusqu’au bout.
Macky Sall n’est pas allé jusqu’au bout de sa logique en fixant une date limite pour la prolongation, sa prolongation. Y’aura-t-il des mesures transitoires ou bien l’Assemblée ira-t-elle au bout de sa logique en proposant une révision constitutionnelle revenant sur la durée du mandat présidentiel ?

Pathé MBODJE