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Premier ministre: Portrait d’un héritier De notre correspondant en France, Tidiane SÈNE, Toulouse

L’inimitié grandissante dans la vie politique sénégalaise affecte généralement les relations humaines et ralentit le développement social d’un pays, surtout lorsque ces rapports de challenge durent dans le temps.

Macky Sall est confronté à trois (3) problèmes majeurs qu’il doit incessamment résoudre entre le fait de ne plus pouvoir se dénier de sa déclaration première consistant à créer un poste de Premier ministre, puis de faire un choix au niveau de son entourage immédiat ou d’aller chercher l’homme providentiel hors de son parti.

De ce point de vue on peut penser à un technocrate, à Karim Wade, à Idrissa Seck, à Jean ou à Paul. Peu importe ! Mais la prochaine nomination cache un jeu aux intérêts multiples avant et après la présidentielle de 2024, pour le leader de l’Alliance pour la République. Or, une des raisons premières est que ce futur Premier ministre à nommer devra être un homme de poigne et il devra aussi avoir l’étoffe d’un présidentiable à même d’être accepté par le plus grand nombre des populations.

La raison pour laquelle le futur Premier ministre ne peut pas venir de l’extérieur des rangs des marrons, c’est qu’il devra avoir les coudées franches pour perpétuer l’œuvre de son bienfaiteur. Sinon, il mettra beaucoup de temps à s’inféoder à la politique gouvernementale conçue par Benno Bokk Yakaar.

POURSUITES

Secondement, si Macky Sall adopte la facilité pour s’en sortir, seule la politique politicienne l’obligera à jeter son dévolu sans ménagement sur un ministre membre de son parti. Et le tour est joué !

Tercio, le président peut trouver quelqu’un avec qui il aurait longtemps discuté non seulement du poste de premier ministre, mais aussi et surtout pactisé pour 2024 afin que ce dernier, nanti du pactole, émane de l’État, puisse après son élection couvrir ses arrières et le sauver éventuellement de poursuites qu’un opposant élu président de la République ou un autre adversaire du pouvoir engagerait contre lui en cas de défaite.

Le camp du pouvoir se jauge, se cherche dans cette situation indescriptible pour la plupart d’entre eux qui ne savent plus à quel saint se vouer durant cette période d’attente et de conciliabule.

Facétieux, Idy ayant intégré le cercle des républicains peut encore jouer sa chance pour avoir tout hypothéqué au profit d’une entente peaufinée juste après les élections présidentielles de 2019. Son échec à ces élections passées devait être, selon lui, une erreur dans l’horloge du temps. Puisque presque tous les caciques de son parti ont échoué, le prendre ne serait pas une maldonne par rapport aux autres. Et si les hommes et les femmes de ce pays ont mal œuvré pour lui laisser une chance d’être quatrième président de la république du Sénégal, il joue son va-tout sur la prochaine nomination du PM. Sinon malheur à lui !

Madame Faye Sall, on ne le dira jamais assez, jouera une carte maitresse aussi prépondérante que ce que le chef de l’État pourrait attendre de Tivaouane, Touba ou du clergé. En effet, c’est dans de telles circonstances qu’elle peut manifester son véritable soutien à son mari président sur le choix des hommes et femmes à nommer.

Quoi qu’on puisse dire, nommer un Premier ministre dans la situation politique actuelle habitée de grèves sur le plan scolaire, de manifestations qui pointent à l’horizon malgré l’euphorie de la coupe d’Afrique, peut sembler périlleux.

Macky Sall semble tendre la main à tout le monde y compris le PDS, mais il peut esquiver ses propres démarches sans coup férir pour se trouver une porte de sortie comme à l’accoutumée. Aura-t-il l’outrecuidance de ne plus nommer un chef du gouvernement et laisser une telle promesse finir dans les calendes grecques pour non-respect à la parole donnée et dont il est maitre ?

Les jours prochains nous édifieront !