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Politique, Une opposition tributaire de la personnalité de ses leaders Par Baye Saliou THIAM

Au moins d’un sursaut, l’opposition devra se faire violence attendant l’arbitrage du président Macky Sall pour le choix du chef de l’opposition. Ce tournant inattendu risque de conforter davantage le chef de l’Etat dans son rôle de maître du jeu politique. 

L’opposition sénégalaise déjà tributaire de la personnalité de ces leaders risque de sortir plus que jamais divisée du dialogue politique :  à force d’adopter des attitudes collusives, de répéter des schémas anachroniques, de persister dans le manque de créativité, de réitérer le même discours depuis plusieurs années, elle a scellé son divorce avec le peuple.

Avec le retrait de plus en plus remarqué de Me Abdoulaye Wade, on a assisté à l’effondrement de la coalition des forces politiques d’opposition avec des recompositions sociales et politiques importantes.

Le personnage historique de Wade a pratiquement formaté la conscience politique de beaucoup de Sénégalais et plus profondément encore celle de l’opposition. Les éléments de langage, le cérémonial qui accompagne ces apparitions publiques, la nature filiale de la relation qui unit Wade et certains acteurs de l’échiquier politique, etc., sont autant d’éléments qui ont contribué à bâtir une alternative crédible face aux différents pouvoirs.

L’autre facteur explicatif de la faiblesse organisationnelle de l’opposition tient au fait que cette crise qu’elle est entrain traverser est à chercher dans la logique naturelle de l’évolution du champ politique et de l’alternance générationnelle qui est en train de s’opérer en sourdine. Ceux qu’on appelle péjorativement les dinosaures politiques ont fini de lasser les citoyens sénégalais et ce, non pas forcément parce qu’ils ont échoué ou menti, mais parce que tout ce qui est habituel et commun devient ordinaire et se déprécie progressivement.

Dans les partis politiques sénégalais il y a des figures archétypales que les générations actuelles ne peuvent plus suivre ni reconnaître comme leaders naturels : les partis qui ne le comprennent pas auront du mal à s’adapter. La démocratie sénégalaise est-elle en train de vivre une mutation dans laquelle une nouvelle façon de faire la politique éclipse les partis politiques traditionnels ?

La nature ayant horreur du vide : la faillite des partis politiques a consacré la naissance d’une pluralité de voix traçant chacune sa propre voie en dehors ses sentiers sinueux et souvent sans issue de la politique ; Société civile, lanceurs d’alerte, activistes, journalistes d’investigations, etc. fourmillent de partout pour occuper le champ politique avec un discours nouveau.

Affranchis de cette corvée millénaire qui pèse sur l’homme politique de devoir toujours proposer des politiques alternatives à celles qu’on critique, les nouvelles voix de la politique investissent abondamment dans le rôle de contre-pouvoir. Si les grandes luttes politiques pour l’émancipation et le bien-être des peuples peuvent s’opérer en dehors des partis et sans leader politique, pourquoi continuer à militer dans un parti ?

 

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