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Polémique sur la justice: Souvent un despotisme pas toujours éclairé Par Ababacar Sadikhe DIAGNE

Nous savons tous qu’une des faiblesses de nos États, encore à consolider, est l’excessive domination du pouvoir exécutif sur le législatif et le judiciaire : nous nous souvenons d’un juge de la Cour suprême d’un pays de la sous-région qui déclare successivement un candidat puis son adversaire vainqueur du même scrutin présidentiel ; combien de fois avons-nous vu une Cour suprême recevoir le serment d’investiture de l’auteur d’un coup d’État, au mieux sans effusion de sang et au pire ayant sur la conscience l’assassinat de son prédécesseur ? Ailleurs, ce sont quasiment des lettres de cachets qui envoient en prison, pour ne pas dire aux oubliettes, des citoyens qui ont manifesté quelques velléités d’indépendance ou d’opposition après avoir joui d’une immunité bien au-dessus de celle des parlementaires.

Il y’a dans beaucoup de pays de par le monde qui, malgré un formalisme instituant les trois pouvoirs classiques d’un État, n’ont en réalité qu’un despotisme et pas toujours éclairé.

La presse rétive

Le malheur de beaucoup de peuples qui ont vu une dictature explicite ou subtile succéder à la colonisation est l’absence d’un véritable pouvoir judiciaire opérationnel et respectueux des principes fondamentaux et universels qui doivent régir les communautés des humains sous toutes les latitudes.

Heureusement qu’un pouvoir difficilement contrôlable par les États, il s’agit de la presse, reste rétif aux injonctions des dictateurs et de leurs suppôts qui violent les droits de leurs compatriotes. Malheureusement, ceux qui la représentent paient un lourd tribut en accomplissant leur mission.

Des cas emblématiques peuvent être cités :

Zongo, Kashogui, Chebeya et bien d’autres, notamment au Mexique où la vie du journaliste est des plus précaires.

Le problème de fond de beaucoup de pays qui furent des colonies françaises est l’adoption de clones juridiques de la constitution de la cinquième République taillée sur mesure pour le général de Gaulle. Celle-ci qui Institue un régime présidentiel donne des prérogatives étendues à l’exécutif lesquelles, pour rester dans les limites du raisonnable, a besoin d’hommes qui s’autolimitent dans l’exercice du pouvoir.

François Mitterrand qui fut un adversaire déterminé de cette Constitution a même parlé de coup d’État permanent ; il a pourtant déclaré après son accès au pouvoir qu’il se sentait à l’aise dans ce cadre fondamental de l’Etat français. Cette Constitution a passé l’épreuve du temps et celle de la cohabitation.

Au fond, les textes sont importants mais le sens de l’éthique des hommes qui exercent les pouvoirs l’est plus encore. Nous pensons qu’il était utile de faire ces rappels au moment d’innombrables polémiques sur la Justice fusent de partout.

Nous devons tous travailler à la stabilité de notre pays et respecter les doits de chacun.

Le Soudan et l’Ukraine doivent nous aider à reconnaître les vraies priorités des populations qui généralement et majoritairement sont bien éloignées de la “Politique”.

 

Ababacar Sadikhe DIAGNE,

Ingénieur de l’Aviation diplômé de l’Ecole Nationale de l’aviation Civile Toulouse France et du Massachusetts Institute of Technology Cambridge USA;
ancien élève des classes préparatoires aux grandes écoles.

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