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PM, le fast track à terre: Aveu d’échec Par Habib KÂ, Chef du bureau régional de Matam, Thilogne

Au plus bas au niveau côté de popularité, Macky Sall retourne à ses premiers pas pour un nouvel élan, un nouveau souffle. Pauvre Premier ministre !

Le fast track annoncé en grandes pompes par un président requinqué, au lendemain d’une élection gagnée au forceps en 2019 avait surpris son monde avec  ses effets d’annonce aux consonances Yankees, time is time. La primature fut indexée goulot d’étranglement de l’administration centrale, le poste de Premier ministre disparut de la Constitution, Muhammad Boun Abdallah Dione avec.

Macky Sall ne s’est pas arrêté de si bon chemin : ses plus proches collaborateurs, fidèles parmi les plus fidèles furent tous remerciés. Le 3ème mandat en jeu créait le malaise à l’intérieur de l’Alliance pour la République (APR),

Depuis, seul à bord, Macky Sall régentait au four et au moulin, agissant ès qualité de tout, répondant à et de tout, sans gain de temps, d’efficacité, sans fluidité et célérité des dossiers.

Le décollage escompté n’eut jamais lieu, la pandémie Covid-19, entre temps, est passée par là, le taux de croissance pique tête vers l’abîme.

Le président Macky Sall est en train de perdre du terrain, sa côte de popularité au bas dans les sondages depuis les tragiques événements de mars dernier à Dakar.

Retourner à ses premiers pas, pour un nouvel élan, un nouveau souffle est certainement la meilleure des solutions qu’il est en train de prendre.

Premier Ministre, OUI

Le Fast track enterré ? En tout cas, il est à l’image du très onéreux Train Express Régional (TER) qui, après un passage furtif sur l’axe Dakar-Diamniadio-Dakar, à bord le couple présidentiel et ses convives pour magnifier la vision futuriste du concepteur du Plan Sénégal Emergent (PSE) et convaincre les encore indécis, or donc le TER est retourné à la gare de départ se terrer. On dit qu’il va entamer sa première sortie commerciale ce 24 décembre pour le bonheur des citadins et banlieusards pressés de tourner enfin  la page des engorgements de la circulation, pour une mobilité urbaine fiable.

Macky Sall ne parvient plus à enchanter les populations avec des inaugurations, des poses de première pierre tout azimut. Les grands travaux, notamment le TER, le Bus Rapid Transit (BRT), restent toujours en état de chantier.

Il faut dire que les financements extérieurs devenus rares sont rationnés, avant d’être affectés avec un maximum de parcimonie. Macky Sall perd du terrain, malgré  les nouvelles alliances tissées avec Idrissa Seck, président de Rewmi, et Oumar Sarr de Dagana qui l, en vérité, ne sont que des has been qui cherchent des planques pour finir les plus beaux jours de leurs vies dans des stations dorées aux frais du contribuable sénégalais.  Leur apport à l’artillerie lourde nécessaire aux combats contre l’opposition est de peu d’incidence.

Macky Sall, donc, dans la hantise d’un  3ème mandat, face à la montée de la coalition Yewwi Askan Wi (YAW), à la radicalisation de certains partis, de certaines forces civiles et démocratiques, de leur hardiesse dans le combat pour les libertés démocratiques, le droit à la justice, n’a d’autre choix que de battre en retraite, d’opérer un retour en zone, un retour à la case de départ même, comme on dit.

Le président Macky Sall est dans la dynamique de briguer un 3ème mandat, mais non de choisir un dauphin constitutionnel, qui ne le deviendra du moins que comme solution B.

Il a besoin d’un Premier ministre qui serve de fusible certes, mais en même temps capable de recréer une certaine sympathie des populations pour l’APR, le PSE et pour Macky Sall en perte de vitesse.

Il cherche un Premier ministre capable de neutraliser l’opposition ou du moins certaines grandes figures de celle-ci.

Il cherche un Premier ministre qui a une certaine aura politique, un charisme, un Premier ministre qui, quand les marrons seront cuits, pourrait les tirer du feu.

Il n’est pas dans notre intention de dire que nous sommes les premiers à sonner l’alerte. Le Devoir a en effet consacré 4 Une à cette préoccupante question politique qu’est la restauration du poste de Premier ministre, gage de relance économique.

Le Devoir, depuis fort longtemps, a alerté l’opinion sur l’importante nécessité évoquée de la restauration du poste de Premier ministre, à la Une de 4 de ses éditions.

La personnalité la plus régulière, retenue et confirmée dans les manchettes des journaux fut l’ancien ministre de l’Économie et des Finances, Amadou Bâ, suivi de Mohamed Boun Abdallah Dione et de Aminata Touré, puis de Aly Ngouille Ndiaye.

Mais Macky Sall est imprévisible, il peut surgir de n’importe où pour exposer ses choix, dans la discrétion la plus parfaite.

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