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La Ligne du Devoir

Perdus de vue Par Habib KA, Bureau région de Matam

Thilogne-Les Sénégalais qui s’intéressent un tant soit peu aux choses de la politique mettront encore beaucoup de temps pour démêler l’écheveau de mystère qui entoure la défenestration du gouvernement fast track de MM. Amadou Bâ, ministre de l’Économie et des Finances (MEF), brièvement ministre des Affaires étrangères (AE), Aly Ngouille Ndiaye, ministre de l’Intérieur (MI), Mouhamadou Makhtar Cissé, ministre du Pétrole et des Énergies, Oumar Youm, directeur de cabinet (DC) du président de la République, et aussi Mme Aminata Touré, présidente du Conseil économique, social et environnemental (CESE).

Qu’est-ce qui s’est réellement passé entre-temps pour que le président de la République se sépare de ses collaborateurs, les plus proches, qui occupaient des ministères de souveraineté de premier rang et, qui plus est, sont des poids lourds politiques incontestables dans leur bastion électoral ? Mystère et boule de gomme. Toujours est-il que le chef de l’État Macky Sall, chef suprême, a ses raisons personnelles qui dictent ses choix, des choix souverains qui l’emportent sur toute autre logique.

Ainsi donc, il y’eut concomitamment un remaniement ministériel, un décret présidentiel qui mit fin aux fonctions de président du CESE Aminata Touré comme si les deux actes étaient liés : sa destitution dans la forme s’apparente à une pure liquidation. Le président Macky Sall était-il en train de régler des comptes avec son pré-carré politique certainement réfractaire à sa 3ème candidature ? Avaient-ils tous des ambitions partisanes voire présidentielles ?

Toutefois tocards et outsiders du gouvernement qui étaient sur le point d’être débarqués furent maintenus et des nouvelles têtes recrutées dont Aissata Tall Sall, député-maire de Podor au ministère des Affaires étrangères en remplacement de Amadou Bâ des Parcelles Assainies et artisan de la guerre de Dakar pour casser du Khalifa Ababacar Sall, Antoine Felix Dionne au ministère de l’Intérieur à la place de Aly Ngouille Ndiaye dont le costume de premier flic de la République avait fini de s’ajuster parfaitement à son corps et à son esprit froid, méthodique, imperturbable, comme Ousmane Ngom du temps des années de contestations du régime du président Abdoulaye Wade.

A quelques cent jours seulement de leur débarquement de la pirogue faut-il pour si peu, les enterrer vivants ? A seulement trois mois d’un remaniement ministériel qui les a déposés sur le banc de touche, il serait maladroit de penser à une rupture définitive de Macky IIIème avec ses plus proches collaborateurs, surtout que pointent à l’horizon 2024 une Présidentielle, des Législatives, des Municipales et Départementales.

Le marasme économique, lié à la Covid-19 qui inhibe tout, la recherche d’un large consensus entre les principaux acteurs de la classe politique pour valider sa candidature est la préoccupation principale de l’homme politique Macky Sall.

Philosophe, l’ex ministre de l’Intérieur Aliou Ngouille Ndiaye explique : “Depuis 2012, je chemine avec le chef de l’Etat qui a le pouvoir exclusif de choisir ceux qui doivent être dans le gouvernement et ceux qui ne doivent plus y figurer. Je ne suis plus dans le Gouvernement, mais je suis toujours dans le Parti” a-t-il souligné à ses militants et de conclure : ” Nous n’avons aucune explication à donner à personne. Le plus important c’est l’appréciation du président de la République relative à la mission qu’il nous avait confiée. Donc, soyez calmes, gardez la sérénité et continuez le travail “.

Le retour des Amadou Ba, Aly Ngouille Ndiaye, Oumar Youm semble être dans les domaines du realpolitik et à des stations prestigieuses.

Que les Idrissa seck et Oumar Sarr ne se sentent pas trahis, puisque ces militants de la première heure de l’Alliance pour la République (APR) ont des atouts à faire prévaloir.

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