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Parcours – Aladji Camara “Ouba”: Le roi du meilleur de la dibiterie Ndèye Fatou DIONGUE

« Je n’ai jamais minimisé un business licite qui peut me rapporter»

Voici un jeune très ambitieux, qui est parti de rien pour devenir ce qu’il est aujourd’hui. Un entrepreneur qui a créé plus d’une centaine d’emplois et qui ne compte pas en rester là.

Un modèle à suivre pour les jeunes africains, particulièrement sénégalais qui considèrent toujours l’Europe comme un El Dorado en s’adonnant à l’émigration clandestine. Ou d’autres jeunes diplômés qui ont baissé les bras. On peut bien réussir chez soi et aider les autres à réussir, il faut juste y croire et entreprendre à temps. Il n’y a pas de sot métier !

Plus connu sous le nom de Ouba, Aladji Camara est un jeune entrepreneur qui n’a pas froid aux yeux. La quarantaine, marié et père de famille, il a créé plus d’une centaine d’emplois grâce aux dibiteries et à la boucherie qu’il a ouvertes. “Aider les jeunes”  fait partie de son quotidien et “croire en soi”  est son principe de base.

« J’ai toujours été débrouillard et très dégourdi. Je me suis toujours investi dans les affaires. Je n’ai jamais minimisé un business licite qui peut me rapporter».

Débuts et expérience dans la dibiterie

-Je n’ai fait aucune formation dans ce sens et aucun membre de ma famille n’a été dans ce domaine auparavant. Donc ce métier est pour moi une passion et je m’y donne à fond avec toute mon équipe pour que ça aille de l’avant par la grâce de Dieu. Au fil du temps, nous avons acquis une forte expérience dans ce domaine et comme dit le proverbe : l’expérience fait la différence (Machallah) ; nous vendons de la viande de très bonne qualité. L’hygiène et la qualité chez nous sont essentielles.

Comment procédez-vous?

-Nos dibiteries fonctionnent 24h/24. Je me réveille chaque jour à 5 heures du matin, si je ne vais pas dans les régions, je vais à SERAS où j’ai sept employés qui y sont exclusivement pour mes services. Souvent les dimanches, je vais à Daara Djolof, les vendredis à Bambey pour y chercher des bœufs pour notre boucherie et même à Missira aussi pour acheter des moutons. Voilà en gros comment nous procédons, on y consacre toute notre vie. Je remercie au passage mon équipe qui est très engagée et professionnelle dans le travail que nous entreprenons.

Quand avez-vous ouvert votre première dibiterie ?

-Je l’ai mise en place en 2016 à la Sicap Liberté 5, dans mon quartier et depuis lors Dieu nous a beaucoup aidé, de même que toute ma famille.

En avez-vous ouvert d’autres ?

-Oui, j’en ai implanté 6 actuellement, dans les lieux suivants : Massalikoul Djinane, Bourguiba, Nord-foire, Khar-Yalla, Liberté 6, Derklé et une boucherie à Liberté 6 à côté du Camp pénal.

Qui sont vos clients ?

-Nous avons beaucoup de clients et la majorité sont des célébrités et des artistes. Je dirais que presque tous les artistes commandent chez “dibiterie Ouba”.

Ceux qui ne me connaissent pas ne sont pas nombreux. Nous vendons sur place, à emporter et aussi nous disposons d’un service de livraison très sollicité (Machallah).

Échecs et difficultés rencontrées

-Dans le domaine de la dibiterie de même que la boucherie, j’ai rencontré beaucoup d’échecs et de difficultés. Des coups vraiment très durs, des fois ça marchait, d’autres fois non. J’ai perdu beaucoup d’argent. Mais c’est une question de volonté, de courage et de persévérance. Malgré les aléas de la vie, j’ai toujours cru que ça irait un jour ou l’autre.

C’est cette croyance et la foi en Allah qui nous a mené ici. Celle que j’ai ouverte aussi récemment marche très bien (Machallah).

A énumérer les difficultés et échecs, les gens finiront par se demander si cela est vraiment réel, tellement la liste est exhaustive. Alors, je m’en remets au bon Dieu et je dis Alhamdoulilah.

Réussites et plus beaux moments

-Beaucoup de choses m’ont marqué dans mon travail. Mais ce qui m’a le plus marqué et m’a fait plaisir, c’est le jour où j’ai inauguré ma première dibiterie et qu’il y avait la présence de toute ma famille qui a formulé des prières pour moi et m’a souhaité d’en ouvrir plein d’autres et partout Inchallah. Jusqu’à présent, je sens ces prières et Alhamdoulilah j’en vois les résultats. A chaque fois qu’un membre de ma famille m’approche et me souhaite du bien, je le ressens fortement.

Vie sociale et familiale

-Les témoignages sont unanimes. Que ce soit dans son quartier, son lieu de travail ou chez lui. Tous tiennent le même discours, Ouba est une personne très ouverte, sympathique et simple. La modestie et l’humilité qu’il dégage est en parfait accord avec sa personnalité.

D’après les membres de sa famille, c’est un jeune homme au grand cœur, témoignent sa maman, sa femme, ses oncles, ses tantes, ses frères et ses sœurs.

« Je suis une personne très simple de nature, dans mon quartier, je suis ami avec tout le monde. Je leur donne autant de respect que j’en reçois de leur part. Et je me dis que je n’ai rien pour me sentir supérieur à qui ce soit. Je suis un simple humain et j’agis en tant que tel. Tout ce qui est en mon pouvoir pour aider mon prochain, je le fais ».

-Diyé Camara, sa femme,  témoigne : « Ouba est un papa-poule et un très bon mari, Machallah : nous ne manquons de rien Alhamdoulilah. Il s’occupe très bien de toute sa famille et de ses enfants.

Certes son travail l’occupe, mais il trouve toujours du temps à nous accorder. Vraiment je prie pour que Dieu nous accorde une très longue vie et réalise tous ses vœux et projets Inchallah ».

Ouba est l’ami de toute sa famille particulièrement ses oncles (Mamadou, Vieux et Cheikhou Diabaté) qui l’estiment beaucoup.

Son oncle Cheikh Sadibou Diabaté en dira de même : « Je suis l’oncle de Aladji Camara. Sa mère et moi sommes de même père, même mère. Je l’ai élevé depuis Médina rue 39 jusqu’à Liberté 5.

C’est un neveu qui me respecte beaucoup, il respecte tous ses oncles et mamans. Je peux lui dire tout ce que je veux ou l’envoyer où je veux, il exécute sans broncher. Un jeune qui respecte tout le monde, et vraiment on prie beaucoup pour que Dieu l’assiste et lui donne beaucoup de réussite dans ses projets. »

Ses tantes (Yaya, Maman, Ndèye, Daou, Magassy etc.) qu’il considère comme ses mamans lui vouent énormément d’affection pour sa bravoure et sa générosité, de même que ses sœurs Marième et Astou qui sont au Mali.

Sa maman Diatou Diabaté en témoigne : « Aladji est un fils qui veut que je ne manque de rien. Et alhamdoulilah, je prie pour que le bon Dieu lui accorde une très longue vie. Même quand il me parle, il a les larmes aux yeux tellement l’amour et le respect, qu’il me porte, sont forts.

Projets à long terme

« Nous avons beaucoup de projets que nous envisageons de réaliser à l’avenir. En matière de dibiterie, je dirai que nous avons beaucoup à faire ! Je me dis toujours que tout ce que peuvent réaliser les étrangers, nous en sommes capables et bien plus.

Donc encore une fois gardons la foi et croyons en notre potentiel car Dieu est partout, en Europe, aux Etats Unis, en Afrique et partout dans le monde…

Et tant qu’un être humain agit de la sorte, Dieu l’aidera partout où il aille.

En tout cas nous, nous croyons en nous, et en ce que nous faisons plus les prières et la bénédiction de nos parents Machallah».

Message à la jeunesse

«Je leur demande de redoubler de confiance en eux. Ce que nous sommes devenus ne relève pas de notre courage, mais plutôt de l’aide du bon Dieu.

Bien qu’il y ait des jeunes très courageux, qui se décarcassent du matin au soir, au fond c’est grâce au Tout-Puissant. Donc il ne faut jamais se décourager.

Car si vous regardez notre exemple, nos débuts, nos galères, jusqu’au jour d’aujourd’hui et là où nous comptons aller, vous voyez nettement que c’est l’aide de Dieu. Donc je peux dire, qu’on ne peut rien et qu’on a encore rien.

Alors je conseille aux jeunes d’essayer, tout comme j’ai essayé. Et de ne surtout pas baisser les bras et se laisser aller, ce n’est pas une solution. Car rien ne se fait du jour au lendemain. C’est en forgeant, que l’on devient forgeron ».

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