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Pandémie: Qu’en reste-t-il en France ? De notre correspondant, Tidiane SENE, Toulouse

Avec la pandémie du Coronavirus, beaucoup de choses sont passées de mode, à travers les différents pays dans le monde.

A Toulouse précisément, amis et parents émigrés continuent de souffrir d’absence de prédilection et de ferveur. Et pour cause, nous ne nous sommes pas serrés la main encore moins nous ne nous sommes pas fait la bise, comme à l’accoutumée.

Si se répandre en « salamalecs » est bien de chez nous, Africains et Maghrébins, la bise, elle, semble bien être française. Or, la pandémie a tout simplement mis ces formes de compliments au placard.

Pour certains, cet abandon est un véritable soulagement. Imaginez combien de gens étaient réfractaires à l’idée de serrer la main d’autrui pour après et chaque fois, aller se laver les mains. D’autre part, faire la bise à une équipe composée de dizaines de collègues matin midi et soir n’était pas chose aisée : la Covid-19 étant toujours là, certains en ont fait un bon prétexte pour se libérer de telles contraintes.

Les mœurs et certaines coutumes y ont pris un véritable coup. Mieux, si le foulard et le masque faisaient l’objet d’un véritable débat les années passées, il va sans dire que maintenant, se couvrir le nez, la bouche et le menton est devenu obligatoire ; comme quoi, la peur qui habitait les Européens de voir les visages voilés ne les gêne plus.

La pandémie qui pèse sur notre quotidien a bouleversé nos mœurs. Est-ce à dire qu’en Europe, ces vieilles traditions de faire des accolades et des bisous ne reviendront plus ?

C’est dire que depuis que l’homme est sur terre, il ne cesse de vivre selon des circonstances conjoncturelles qui édictent les lois de mode de vie. L’accoutrement change selon les périodes suivant les nécessités qui s’imposent.

Si certains trouvent en l’absence de bise ou de ne pas serrer chaleureusement la main à leurs collègues une entorse à la familiarité, d’autres trouvent en cela une véritable aubaine pour ne pas choper le virus. Il n’en demeure pas moins vrai que ces gestes prohibés sont maintenant réservés à la famille et aux très proches.

Le vaccin a plus ou moins levé l’interdiction mais « prudence mère de sureté » disait l’autre. L’amour envers ses parents ou ses amis est mis à rude épreuve dorénavant. Mais ce geste d’amour pour certains ou cette simple convenance pour d’autres laisse présager une distanciation plus accrue entre des hommes et des femmes qui aujourd’hui se regardent très souvent en chiens de faïence.

On ne sait pas trop l’origine de l’étreinte entre des êtres humains qui s’attirent mutuellement, sinon, c’est un acte affectif naturel, un vrai partage de penchant et d’estime durant un contact très avenant.

L’hiver est connu comme rude en France, d’où ne pas recevoir de bises ou ne pas se serrer la main trouve sa magnificence dans le fait de ne pas vouloir choper un virus. C’est une motivation de plus pour crédibiliser une distanciation optimale, surtout quand on a des anticorps qui ne font pas le poids devant l’adversaire qu’est le Coronavirus et même devant d’autres maladies coriaces.

Aux ringards du bon vieux temps, il est bon de rappeler qu’il est temps de changer de comportement pour le bien-être de tous. Deviennent malheureux tous les incorrigibles et nostalgiques qui savent pourtant qu’arrêter les embrassades s’est révélé être un geste barrière très redoutable et efficace contre la pandémie.

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