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Non-respect des engagements de l’Etat: Vers la « disparition » des établissements privés d’enseignement supérieur? Charles Thialys SENGHOR

Asphyxiés par les dettes causées notamment par le non-respect des engagements de l’Etat, les établissements privés d’enseignement supérieur ne savent plus à quel saint se vouer, persuadés que si cette situation persiste, ils vont tous mettre la clé sous le paillasson.

Les établissements privés d’enseignement supérieur continuent de souffrir à cause du comportement de l’Etat qui n’arrive toujours pas à honorer ses engagements par rapports à « ses étudiants ».

La semaine dernière l’Institut universitaire de technologie et de commerce (Itecom) a été expulsé de ses locaux du Canal 4 de la Gueule-Tapée, à Dakar, par son bailleur pour des arriérés de 74 millions Fcfa. Il doit à son bailleur 74 millions Fcfa. Cet institut doit également « plus » à sa banque, nous renseigne-t-on.

Mais nos interlocuteurs soulignent que toutes ces dettes sont causées par l’Etat du Sénégal qui n’honore pas ses engagements vis-à-vis de ces écoles et instituts qui ont pris en charge des milliers d’étudiants en son nom. Actuellement, nous signe-t-on, l’Etat doit à l’Itecom plus d’un milliard Fcfa. Cette situation est « incompréhensible » du côté de ces établissements.  A les en croire, l’Etat « refuse » toujours de payer les 4,9 milliards Fcfa votés lors de la dernière loi de finances. Cette somme représente les 50% du montant qu’il doit à ces structures supérieures d’enseignement privé.

L’Etat attendu

Les responsables des établissements n’entendent pas laisser la situation pourrir. Ils ont tenu une réunion la semaine dernière. Une autre plus large a encore été organisée par le Cadre unitaire des organisations des établissements privés de l’enseignement supérieur (Cudopes), dirigé par Dr Jean Marie Sène, directeur de Saint-Michel. Ces responsables préviennent que ce qui est arrivé à Itecom est une « alerte ». « Ça peut arriver à tous les établissements », soulignent-ils. Aujourd’hui, tous ces établissements croulent sous le poids des dettes.  Ils doivent beaucoup d’argent à leurs bailleurs et à leurs banques. Les enseignants restent « impayés depuis de nombreux mois », regrette-t-on du côté des camarades de Dr Jean-Marie Sène.

Pour eux, l’heure est grave. Et l’Etat doit agir. Car, soutiennent-ils, « si cette situation persiste, toutes ces écoles d’enseignement privé vont fermer. Elles vont disparaitre une par une ».

L’Etat va en pâtir

Toutefois, ils ne seront pas les seuls perdants. « L’Etat aussi va en pâtir parce qu’un pays sans écoles d’enseignement privé supérieur est une catastrophe. Car, l’Etat ne peut pas tout prendre. Il y aura des problèmes pour la formation au niveau national », relève-t-on. Nos interlocuteurs notent que les structures les plus secouées par ce non-respect des engagements de l’Etat sont « Saint-Michel, Itecom, Iscom, Iseg ». Ils avaient beaucoup d’étudiants envoyés par l’Etat.

Aujourd’hui, les responsables de ces structures d’enseignement ont même la tête rivée ailleurs. En attendant des lendemains meilleurs. « L’Etat est une continuité ; d’autres vont venir un jour redresser la situation », espèrent-ils, car ils ne savent plus à quel saint se vouer.

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