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La Ligne du Devoir

Monarchique !

Seul, finalement, Abdou Diouf aura le sens de l’Etat et l’élégance républicaine de laisser jouer la démocratie en 2000 : de Senghor à Macky Sall, en passant par Me Abdoulaye Wade, tous auront succombé à la succession monarchique du pouvoir.

Senghor avait créé le fameux article 35 de transmission du pouvoir autrement que par la vertu des urnes, ce que la communauté scientifique commentera comme « l’échec du modèle démocratique » (Mamadou Diouf, Africa Spectrum, Vol. 29, No. 1 (1994).

Cet article avait été adopté par référendum en 1970 et disposait qu’« en cas de vacance du pouvoir, le Premier Ministre termine le mandat en cours du Président de la République   et organise une nouvelle élection  présidentielle ».

Cette même communauté saluera d’autant l’alternance de l’An 2000 et celle de 2012 comme échec de toute tentative de manipulation démocratique en oubliant la bataille des populations qui avaient conduit par exemple à un 23 juin 2011 de grande mémoire.

Depuis, malheureusement, tout va de travers : les manipulations se vérifient à tous les niveaux, pour liquider un adversaire politique avec l’instrumentalisation de la Justice, pour placer parents, amis et alliés dans un processus de phagocytose de la société sénégalaise dans toutes ses composantes.

Les manifestations de vie comme celle de mars avaient d’autres motivations purement de survie que de combat politique. Ébranlé un moment, le pouvoir redresse la tête et Macky Sall essaie de sauver les meubles en se choisissant un successeur. Monarchique ! La régression démocratique qui en est issue ne semble pas inquiéter outre mesure : tout ce pourquoi les Sénégalais se sont battus est en train de s’effriter dans l’indifférence généralisée.

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