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Macky Sall et la Présidentielle 2024: Grillé, mais pas cuit à point Par Pathé MBODJE

Grillé, brûlé par le feu, out moralement ? Zongo n’est peut-être pas mort :  Macky bat sa coulpe et Ousmane Sonko qui rentre dans les rangs ; le Lion s’est réveillé au son des crépitements et des morts et s’est soudain rendu compte que ses relations avec les populations étaient problématiques. Il a deux ans pour montrer la sincérité de sa contrition, 2 ans pour vaincre ou périr.

Les religieux ont décalé la crise sans la résoudre puisque la gestion du temps et de l’espace pose problème avec les difficultés dans tous les compartiments de la vie des Sénégalais, la tendance au pouvoirisme aussi.

Il faut dire aussi que Ousmane Sonko aussi est rentré dans les rangs et il va peiner à influencer les jeunes à part ses partisans : sa phraséologie ancrée sur Macky Sall ne passe pas : envoyer le message tous les jours rend le discours sans objet ; les jeunes ont lancé leur message et laissent le soin au destinataire de le décortiquer dans le plus bref délai : Macky Sall reste ainsi la principale clef de la crise de mars, quand les ides ont toujours été fatales à César. Mais Brutus n’’est pas sorti de la rue.

Le combat des jeunes est pour eux : liberté, démocratie, bien-être. C’est le même combat de toujours, sous diverses formes, depuis 1966

Il n’est pas sûr qu’ils aient eu l’impression de parler à un sourd : c’est la… mort dans l’âme que le président de la République a dû suivre les recommandations de ses nombreux visiteurs venus pour essayer de la raisonner, même s’il veut se donner de la contenance en refusant de plier sous le chantage : aucun responsable ne souhaite exposer son pays au monde comme le Sénégal l’a fait le 8 mars.

Les 10 points de Sonko remis au khalife

Certains affirment le dilatoire de Macky Sall qui ne va pas exécuter les dix commandements remis au Khalife général des Mourides assez présent sur la scène politique depuis l’inauguration de Massalikoul Djinane en oubliant que l’ensemble reste la préoccupation du président de la République ; la seule différence est la sécurité de l’État qui incombe à Macky Sall et que les autres transgressent.

Sans donner l’impression de vouloir y toucher en affirmant n’en avoir jamais parlé, jamais une troisième candidature ne l’a quitté : tout un boulevard lui est ouvert s’il sait bien communiquer et poser les gestes qu’il faut : par exemple limoger le ministre de la Justice, ramener le poste de Premier ministre, réduire la taille du gouvernement, consacrer le peu d’argent à l’essentiel et non à un clientélisme sas pois, sans relief, sans idéologie : il faut envisager une alternance avec Macky III en 2024.

Si 1966 était un combat naïf autour des droits, 1988 se voulait moral autour de l’environnement et des icônes africaines ; ont-elles ont préparé 2000 ?

Non : en aucun moment, il ne s’est agi d’actes politiques demandant le renversement du pouvoir en place, à la limite, le respect du vote en cas d’élections, comme en 1988. Abdou Diouf a subi le fardeau de la dette et le mal-vivre  qui sont revenus en 2021, comme s’il existait un mouvement social cyclique suivant les crises économiques décadaires : le choc pétrolier de 1974 avec ses différents plans de réajustement imposés par les institutions de Bretton Woods, la réforme bancaire, la restructuration du personnel de l’administration publique ont demandé des réponses immédiates, paradoxalement, comme le dit encore le président de l’époque, au moment où  la croissance était au rendez-vous  ; mais, s’empresse-t-il de constater, elle  ne se mange pas.

2012 n’est pas le produit de 2011 qui visait plus la préservation des acquis. Certes, sous Macky Sall, ces acquis ont régressé comme peau de chagrin mais les actes à la base étaient voulus par la société, même si elle les a par la suite réinterprétés, principalement dans l’affaire de la reddition des comptes : Karim Wade était devenu l’ennemi public numéro un et tout nouveau pouvoir devait exploiter ce filon : Khalifa Sall a dévié du protocole d’Etat. Le glissement vers la politique est venu après l’ex-maire de Dakar, Wade-fils n’étant pas une foudre de guerre ; la piste Sonko a fini de convaincre, même si, à la base, il y a quand même eu une balade nocturne indue. Il n’empêche : l’absence de crédibilité du pouvoir le limite dans sa capacité à convaincre, surtout si elle est doublée d’un crétinisme congénital sur le plan de la communication. Le pouvoirisme est passé par là qui est revenu sur la durée du mandat de cinq ans et sur les velléités d’une troisième candidature.

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