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Macky-Malick Sall: Fin d’une idylle ? Par Habib KÂ, Chef du bureau régional de Matam, Thilogne

Le Garde des Sceaux aurait pris fait et cause pour les listes parallèles ; l’accusation, si l’on ose dire, est de Farba Ngom.

Comme Abdoulaye Diouf Sarr à Yoff, Mansour Faye à Saint-Louis, Abdoulaye Saydou Sow, qui bénéficia d’un coup de pouce spécial de Macky Sall pour faire lâcher prise  Abdoulaye Wilane à Kaffrine, et tant d’autres, Malic Sall, le leader de “Malick pour tous, tout pour Macky” (MTM), avait manifesté son intention de  candidater à la tête de la commune de Ogo.
Ambition légitime pour tout politique d’être plébiscité par les siens premier magistrat de sa ville. Le contraire surprendrait.
Seulement, après quelque temps, l’homme fort de Danthiady est revenu sur ses pas, suscitant moult interprétations et commentaires, tout comme le limogeage de son directeur de cabinet Souleymane Nasser Niane qui coïncida avec la candidature de celui-ci pour la commune de Kanel sur une liste parallèle.  Cela ne suffisant pas, maître Malick Sall subit encore des critiques et attaques provenant de là où il s’y s’attendait le moins.
D’ailleurs, à quel titre un député,  simple maire d’une commune et des moindres, peut-il tancer  vertement et ouvertement, sans sourcilier, un ministre de la République, jusqu’à insinuer des menaces de représailles au sortir des Locales du 23 janvier, si ce n’est de bénéficier de relations privilégiées, particulières au sommet ?
C’est ce que s’est autorisé, en toute quiétude et assurance Farba Ngom en campagne électorale à Ogo, fief politique du Garde des Sceaux. Il reproche, en effet, à ce dernier de duplicité, d’insubordination, de manque de loyauté pour n’avoir pas honoré ce rendez-vous ou mandaté une délégation.
LISTES PARALLÈLES
Le Garde des Sceaux aurait pris fait et cause pour les listes parallèles de la coalition Union Citoyenne Bunt Bi dans le département de Matam, la même coalition qui porta la candidature, repêchée in extremis, de Soham El Wardini pour la ville de Dakar.
Pour ce crime supposé, le ministre de la Justice serait  sur le pas de la porte de sortie du gouvernement, au prochain remaniement.
Décidément,  la commune de Ogo ne réussit pas à ses fils ministres du gouvernement de la République ; elle ne leur  réserve que misères, humiliations pour celui qui la convoite.
Il y’eut un antécédent, aux élections communales de juin 2014 : l’ancien ministre des Postes, Télécommunications et TICS, ancien directeur général de l’ARTP l’a appris à ses dépens : séquestration de son mandataire à quelques petites heures du délai de dépôt  des listes électorales à la sous-préfecture ; sa liste fut forclose. Farba Ngom est désigné comme instigateur de ce combat politique peu orthodoxe entre frères d’un même parti, pour asseoir son poulain,  l’actuel maire sortant Amadou Kane.
Macky Sall pourra-t-il suivre son Farba et sévir contre l’avocat d’affaires qui n’hésite jamais à décaisser plus que tous les leaders de la région, chaque fois que contribution lui est demandée pour les grandes mobilisations de l’APR et qui entretient convenablement et régulièrement sa base naturelle ?
Ogo compte aujourd’hui un candidat, Diallo Baalel, émigré au Gabon ; malgré les pressions et les promesses faites, il garde toujours le cap sur le verdict transparent des urnes comme seul critère de légitimité politique.
Et elles sont nombreuses dans le département, les listes concurrentes issues de l’APR, à Matam, Ourossogui, Ogo, Nabadji Civol, en passant par Nguidjilone, Bokkidiawe, Dabia,Thilogne Agnam, Oréfondé. Le phénomène est là, tangible.
Il ne s’agit point d’un défi lancé au président de l’APR et de BBY mais d’une désobéissance aux ordres et arrogances d’un Farba qui contrôle tout le monde, maintient tout le monde dans le larbinisme et confirme chaque jour qu’il est et reste l’unique voie obligée qui mène au président.
Pour un président qui ne s’est pas encore décidé à renoncer à un troisième mandat et qui cherche à l’argumenter avec les résultats des Municipales et Départementales, Macky Sall ne doit, sous aucun pretexte, priver les autres d’un rendez-vous aussi capital. Les élections municipales et départementales sont pour le leader politique local ce qu’est la Présidentielle pour le chef d’État sortant.
Encore que les Législatives, c’est dans six mois. Le gâteau trop mince. Les prétendants plus nombreux encore. Va-il reprendre le même modus opérandi : on reprend les mêmes et on recommence  ? Le président est averti, malgré les simulacres de menaces de son Farba.
Macky Sall avait beaucoup à gagner s’il avait permis l’expression libre et démocratique des militants de base, surtout dans la région de Matam et le département de Podor où la victoire de la coalition BBY n’est qu’un pur formalisme, même si Farba Ngom s’empresse de s’attribuer déjà les mérites et performances d’une compétition qui n’en estpas vraiment une : on ne peut envoyer aux purgatoire des militants qui n’ont comme seul péché que de ressentir et de nourrir des ambitions pour leurs localités, de se sacrifier sur financements propres pour  les réaliser.
Amaa Seck, l’oncle de Farba Ngom serait-il épargné ?

Farba Ngom cache son oncle Amaa Seck, candidat à la mairie de Nguidjilone sur une liste parallèle avec des moyens colossaux de campagne alors qu’il ne lui est connu aucun emploi, aucune entreprise commerciale ou industrielle

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