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Le Sénégal marche au ralenti Sergio RAMOS

Le front politico-social a repris ses combats, secouant de plein fouet les Sénégalais. Le gouvernement qui peine à trouver des solutions risque de voir la situation délétère perdurer puisque le mouvement « Y en a marre »prévoit d’y aller à sa manière vendredi prochain.

Le Sénégal est traversé ces derniers jours par une tension socio-politique extrême.

La grève enclenchée les 2 et 3 décembre par les 14 organisations du Cadre unitaire des syndicats des transports routiers du Sénégal (Custrs) a fini de mettre l’économie sénégalaise en péril. Sur les 10 exigences parmi lesquelles le respect des accords conclus entre l’Etat et les syndicats, notamment ceux du 2014 (Snttrs) du 03 janvier (Intersyndicale-Poids) et du 13 juillet 2021 (G3-Afru), le retour aux prix des documents administratifs de transport routier pratiqués jusqu’au 27/07/2021 avant leur augmentation de 100% depuis le 28/07/2021. A cela, s’ajoutent entre autres les « tracasseries » des Forces de défense et de sécurité) sur toutes les routes du Sénégal, de certains concessionnaires (Aidb, Gare des Baux-Maraîchers, et avec les pays frères (Pont de Gambie, ratification du Transit international routier, de la convention du Comité technique Maroc-Sénégal).

Le gouvernement peine à trouver des réponses pour permettre la reprise normale des activités, laissant le pays sous le diktat des chauffeurs qui se permettent même d’empêcher les particuliers de vaquer tranquillement à leurs occupations.

Le secteur de l’éducation nationale n’est pas en reste.

A l’image des chauffeurs, les enseignants sont très amers à cause des autorités qui ne respectent pas leurs engagements. Selon Saourou Sène et ses camarades, il y a des points « qui ne bougent pas ». Il s’agit en particulier de la question du corps des administrateurs scolaires, du système de rémunération des agents de l’Etat, de la position de mise en stage.

Le Syndicat autonome des enseignants du Moyen / Secondaire du Sénégal (Saems) a promis de rejoindre le Cadre unitaire des syndicats d’enseignants du Moyen-Secondaire dans sa lutte. Ce syndicat a fait un débrayage mercredi dernier, suivi d’une grève totale le jeudi. Pour le Cusems, une action commune avec toutes les organisations syndicales du G7 (Groupe des 7 syndicats les plus représentatifs du secteur de l’Education) est impérative.

Justice à géométrie variable

Abdoulaye Ndoye du Cusems rappelle que c’est en avril 2018 que le protocole d’accord a été signé avec le gouvernement. Dans leurs revendications, il y a aussi la question du paiement des indemnités du Bac au niveau de certaines régions. Les enseignants se plaignent également des lenteurs administratives, facteurs bloquant dans la carrière des enseignants. Comme si cela ne suffisait pas, le mouvement « Y en a marre » a annoncé une grande manifestation pour ce 10 décembre.

Les revendications des activistes portent également sur la gestion du pays, notamment au niveau de sa justice. Ils vont en particulier manifester pour exiger la libération de leur camarades Landing Mbessane Seck alias Kilifeu, placé sous mandat de dépôt dans le cadre du trafic présumé des passeports diplomatiques. Pour eux, la libération de son codétenu, Thierno Amadou Diallo est la preuve que le Sénégal fonctionne avec une justice à géométrie variable. Thiate et ses camarades menacent de forcer les lignes si le préfet de Dakar interdit la manifestation. L’itinéraire étant de l’Université à l’Assemblée nationale, il est clair que la manifestation ne sera pas autorisée en raison de la loi Ousmane Ngom, interdisant les attroupements au centre-ville de Dakar.

C’est dire que la situation délétère n’est pas prête de s’estomper.

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