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Le pas de deux vers le Premier ministre Parlez, parlez, Monsieur le président !

Le pas de deux vers le Premier ministre

 

Monsieur le président, il vous reste encore un pas à franchir

Par Habib KA, correspondant

Bureau régional de Matam,

Thilogne

Oui, vous devez parler encore, président Macky Sall. Parler pour rasséréner les esprits, parler pour calmer les frayeurs. Parler pour rétablir le poste de Premier ministre pour cesser d’être le président passe-partout qui s’occupe de tout pour finalement ne s’occuper de rien.

Un premier ministre rassembleur, à même de gérer une transition démocratique d’ici 2024, d’impulser la paix des braves, c’est ce qu’il vous faut, monsieur le président de la République.

Comme Abdou Diouf, comme Abdoulaye Wade, vous avez droit à bénéficier, monsieur le président de la République, d’une sortie honorable.

Parler sans fioriture, sans langue de bois, parler sans ambages de renoncer à une troisième candidature que vous aviez avoué ne pas pouvoir en bénéficier et que s’il arrivait aux Sénégalais de vous reconduire en 2019, ce sera votre second et ultime mandat.

Renoncer à ce mandat de trop, monsieur le président de la République, vous absout de tous péchés et le Sénégal vous reconnaitra de cette grandeur d’homme d’Etat politiquement correct.

Parlez, M. le président de la République, de ce gouvernement fantôme qui depuis le 04 Avril 2019, peine à annoncer les couleurs. Vous aviez pris, monsieur, l’ivraie pour de la bonne graine puisqu’au remaniement de la Toussaint, vous aviez conservé les médiocres pour déloger les plus brillants.

Comment comprendre les départs de Aminata Touré, Amadou Bâ, Aly Ngouille Ndiaye, Oumar Youm, Mouhamadou Makhtar Cissé et le maintien des traînards dont on n’entend même plus leurs noms dans les commentaires des journaux.

Parlez encore monsieur le président de la République, pour que, dans vingt jours, le 04 avril 2021,  vous procédiez à laver les écuries d’Augias de tous ses microbes, que vous réduisiez la taille du gouvernement, intégriez des personnalités de la société civile.

Parlez, monsieur le président, de libérer sans condition Clédor Sène, Assane Diouf, Guy Marius Sagna, Birame Soulèye et tous les autres détenus.

Parlez, monsieur le président de la République, pour renoncer au temporel d’une politique politicienne qui ne fait que consumer le temps sur des vétilles alors que vous avez le défi du désenclavement du Daande Maayo à relever, les travaux de réfection de la Route Nationale 2 à terminer, l’aéroport international de Ourossogui à construire ainsi que les travaux d’extension et de réfection du Centre Hospitalier Régional de Ourossogui. Finissez-en, M. le président de la République, avec l’Hôpital de Matam ; ce ne sera, monsieur le président, que justice rendue.

Parlez, M. le président de la République, parlez encore que vous ne ferez aucune entrave aux délibérés de justice, que Karim Meïssa Wade et Khalifa Ababacar Sall retrouveront leurs droits civiques.

Vous serez sauvé, M. le président de la République. Vous verrez votre étoile reprendre sa brillance, vous serez parmi les rares présidents de ce monde qui seront chargés de règler les conflits interrégionaux, les crises politiques africaines.

Vous deviendrez arbitre de la compétition pour la conquête du pouvoir au Sénégal, peu importerait pour vous qui pour diriger les destinées du pays, qu’il soit de votre parti ou pas;

Parlez, M. le président, parlez pour secouer les cocotiers, pour séparer les parasites des militants authentiques déterminés à continuer le combat avec vous sans le pouvoir de l’Etat.

Parlez, M. le président, parlez encore pour résister contre les tentations du diable, contre les opportunistes qui vous prennent comme cuirasse pour piller le Sénégal.

Parlez, M. le président, résistez !

Résistez, M. le président, parlez !

Pour que cette veille du 04 avril 2021 de notre fête d’indépendance nationale soit aussi pour vous un moment solennel de délivrance, de liberté reconquise de votre personne.

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