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Le diplôme, un paravent complexe

Nouveaux tortillements de Ismaïla Madior Fall pour se dédire tout en voulant avoir raison. Le reniement flagrant assujettit l’Université et les grandes écoles au bon vouloir du Prince. Avec le paravent du diplôme.

 

Le diplôme, un paravent complexe

 

De notre correspondant en France

 Avec le professeur Ismaïla Madior Fall, le diplôme est mis à rudes épreuves. Est-ce que le diplôme fait réellement l’homme ?
On me rétorquera de n’avoir même pas eu le Certificat d’études primaires élémentaires pour prétendre en babiller. Soit !
Mais à l’opposé, on ne peut nier que j’ai fait au moins les « daras » de Baye Tidiane Wone de Bargny et de Serigne Mansour Sy à Thiès, pour croire devoir participer à un débat de haute facture et de bonne notoriété sur des concepts et des définitions de ce genre.
Tout est-il que le diplôme, en tant que tel, est un certificat qui confère et atteste un titre ou un grade en rapport avec un concours qu’on a passé. Or, combien de fois la chance n’a-t-elle pas souri à beaucoup d’entre nous dans une certaine manière, contrairement à d’autres ?
C’est dire que la malchance a laissé beaucoup de nos compatriotes au bord du carreau, alors qu’ils étaient pourtant très méritants. Le hasard a toujours ponctué notre chemin de différentes façons, le long de notre vie courante. Nos recherches et nos travaux dans différents milieux sont ponctués de réussites et parfois d’échecs, et n’ont pas partout porté les fruits escomptés.
Est-il qu’au sortir de certaines épreuves se manifeste le résultat conforme à ce qu’on a appris ou à ce pourquoi on est diplômé ?
Malheureusement, devant cette réalité crue, beaucoup de diplômés nantis d’un sésame dont ils se gargarisent se sont vite fourvoyés devant la réalité des faits.
Cette réalité constatée surtout dans cette jungle politique ouvre très souvent le voile sur ce que nous sommes réellement ; car ici, ce sont la plupart des diplômés nominés par différentes universités qui se crêpent le chignon sur la définition de certains concepts, non pour défendre les vertus du Droit et de la justice sociale, mais pour nous divertir dans des remarques et considérations alambiquées afin de nous endormir selon des images obsolètes et incongrues auxquelles eux-mêmes ne croient même pas.
Devant la réalité des études pratiques sur le terrain, ces politiciens font montre de leurs faiblesses dans le sens de manifester leurs uniques et seuls intérêts, selon les situations du moment.
Le cas d’Ismaïla Madior Fall est tellement flagrant qu’il est devenu un cas d’école, à cause de son fameux « Nul, nul, je répète nul … », opposé à ses nouveaux tortillements consistant à vouloir se dédire, quitte même à ravaler toute honte bue ses titres et tout son cursus, rien que pour plaire et défendre Sa Majesté. Triste et honteux pour nous élèves !
Il s’en suit sur l’affiche des nominés un cortège, une panoplie d’autres diplômés mais politiciens jusqu’au cou. Ils ont tout renié, jusqu’à leurs âmes, en faisant fi d’un monde plus juste et plus convivial.
L’Université et toutes les grandes écoles du monde sont assujetties à des règles et commandements, d’où des épreuves allant de l’apprentissage à la déontologie, et du « savoir-apprendre » jusqu’au « savoir-faire », ainsi que ce qui est bon à faire opposer à ce qu’il faut éviter pour son peuple. Le débat intellectuel est naturellement instructif, mais le reniement flagrant à certains dogmes reste affligeant.
Ainsi va l’école dans notre pays, le Sénégal !

Tidiane SÈNE,
Toulouse