GMT Pile à l'heure

La Ligne du Devoir

L’Assemblée nationale violente à l’image du pays

Violences politiques

L’assemblée nationale plonge

l’image du pays dans le noir

Le cumul de frustrations à l’origine des violences

Les scènes de violences qui se sont produites à l’Assemblée nationale la semaine dernière ne laissent aucun citoyen indifférent. Cette institution du pays est à l’image de ce qui se passe dans la société sénégalaise. La violence est cultivée dans tous les domaines. Il ne s’agit plus d’une violence verbale comme dans les plateformes sociales ou de bouche à oreille, la violence est maintenant matérialisée par l’acte. Pour la population, l’Assemblée nationale n’est que le reflet d’une société accablée par les circonstances de subsistance, d’un peuple convaincu que la violence est la manière pour se faire entendre.

Par Khadidiatou GUEYE Fall, 

Cheffe du Desk Société

Depuis plus d’une semaine, la violence à l’Assemblée nationale est à l’ordre du jour de l’actualité du pays. Les Sénégalais ne cessent de se prononcer la-dessus. Les uns faisant une analyse de la situation actuelle de l’hémicycle, d’autres faisant une corrélation des incidents avec le quotidien des citoyens.

L’affaire de Amy Ndiaye Gniby avec deux députés de l’opposition n’est que la représentation de la classe politique au Sénégal, d’après cette accompagnante de malade rencontrée dans le jardin de l’Hôpital militaire de Ouakam. Optant de se prononcer sous l’anonymat, la dame de la cinquantaine patiente sur le banc sous un grand manguier. ” Le Sénégal n’est plus comme avant, c’est la première fois que nous vivons ce genre de situations dans le pays. J’ai suivi le régime de Abdou Diouf, le régime de Abdoulaye Wade, mais c’est durant le régime de Macky que toutes les ignominies et bêtises sont faites. Je n’ai jamais pensé que des députés, voix du peuple, se permettraient un jour de lancer de telles insanités et de se donner de tels spectacles bafouant leurs principes et l’intérêt du peuple. Depuis que le régime de Macky est en place, l’Assemblée s’est transformée en un champ de guerre. Encore une fois, c’est  depuis que Macky est au pouvoir que la violence s’est accrue. Les meurtres sans coupables, des innocents dans les prisons, les capables hument l’air de la liberté et personne n’ose le dire. Donc arrêtons de nous voiler la face : l’Assemblée nationale est le Sénégal en miniature. C’est juste que les médias ne détiennent pas les images prouvant la violence dans la société sénégalaise. Mais chaque jour que Dieu fait, la violence prend de l’ascendance. Les leaders politiques du pays passent toute leur communication par la violence, les preuves sont visibles sur les réseaux sociaux ” soutient la dame très en colère contre l’incident à l’Assemblée nationale.

Prenant exemple sur l’envahissement des rues par les forces de l’ordre à l’occasion de la confrontation de Ousmane et de Adji Sarr, la dame montre que l’origine de la violence vient d’en haut : ” Quel est le besoin de faire descendre tout un bataillon ? Ceux qui sont en haut présagent déjà la violence. C’est par cette manière que ça descend jusqu’aux populations “.

Avant l’incident sur Amy Ndiaye Gniby, un député du pouvoir a encouragé le ministre de l’intérieur à tuer. Néanmoins le député continue de vaquer à ses occupations sans etre inquiété.

Selon Massamba Ndiaye, ce sont des genres de déclarations qui soulèvent le vent de la violence. ” La violence commence dès lors que la croyance de la personne est attaquée sans qu’il y ait de sanctions. Le respect de la religion et de la croyance d’autrui conserve le climat de paix dans le pays tout en sachant la place que nos hommes religieux occupent la société “, signe le quidam.

Massamba reste ferme sur le respect d’appartenance pour le maintien de la paix à l’Assemblée nationale comme dans la vie en communauté. Par ailleurs, il déplore le stade de la situation de la députée et condamne la violence à l’égard de la femme.

Cette violence qui fait désormais partie de l’identité du pays est en outre le résultat d’un cumul de frustrations. L’acte par la violence est traduit comme une réponse à tous les maux que accablent la société.

Dans un texte publié, la psychiatre Aïda Sylla a donné une explication plus approfondie des conséquences de l’insulte et de la violence verbale.
L’insulte aura aussi des répliques comme un tremblement de terre car repris en écho à l’infini par toutes une série de personnes/« insulteuses » et de media « insulteurs ». Cette amplification insultera des proches et des moins proches qui eux aussi perdront la tête à l’occasion. Ainsi, l’insulte, il faut le comprendre, appelle aussi une réaction disproportionnée chez l’autre, à moins qu’il se soit préparé à recevoir des insultes et développer la réponse adéquate à une insulte : poursuivre la réflexion que l’insulte a tenté de couper…
Ce qui vient de se passer à l’Assemblée Nationale est un moment d’un processus de violence qui n’arrête pas de croître et qui me fait peur et me contrarie: la violence inouïe et qui paraît maintenant concertée contre les femmes au Sénégal “, signe la psychiatre.

Elle poursuit : ” Il est temps que nous ayons des passerelles au-dessus de la mêlée. Quelle que soit notre profession, quelle que soit notre orientation politique ou syndicale, nous sommes d’abord des femmes qui partageons quelque part les mêmes contraintes. Ceux qui nous demandent d’insulter et nous exposent ainsi aux réactions incontrôlées de ceux que nous insultons, tout comme ceux qui nous donnent des coups car ayant perdu leur tête, sont tous violents “.

La réflexion de cette dernière permet de faire introspection de l’importance de la femme mais également de rayer la violence par le biais de la femme.