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La tricherie, un art maladif et malhonnête: Elle étouffe le talent et rature les valeurs humaines Chérifa Sadany SOW

La tricherie réussit à ceux qui ont l’art de la pratiquer. Ils se croient plus intelligents que les autres. Ils ne savent pas qu’ils souffrent d’une maladie destructrice de valeurs morales. Et même s’ils le savent, ils seront incapables de souvent se repentir. Et c’est bien dommage !

Dan Ariely spécialiste de l’économie comportementale

Pour obtenir un avantage indu, certains sont prêts à violer les normes. Ils sont nommés ‘’tricheurs’’.  Présents dans tous les domaines, ils contribuent à l’échec et empêchent la chance de sourire à ceux qui optent pour l’honnêteté et le mérite. Le tricheur croit connaître le mérite. Il croit fièrement que tout ce qu’il a eu, il le mérite. Ce mensonge qu’il incarne le conduit à devenir un sournois, un malhonnête, un prévisible, un menteur et pire, souvent un criminel. Il se retrouve alors dénudé d’éthique.

La tricherie est en effet une drogue qui coagule la réflexion et réduit le taux de QI de la personne, autant qu’elle rend incrédule. En ayant l’habitude de tricher, une personne devient un faible, douteuse. Dès lors qu’elle cherche à améliorer malhonnêtement son succès, à vouloir toujours rester sur le trône, elle perd son estime en soi et devient toxique pour la société. A retenir ici, que la tricherie c’est pour les faibles : « Une tricherie constante est moins dangereuse que les faiblesses subites d’un honnête homme », confirme la Larousse.

Dan Ariely, spécialiste de l’économie comportementale, disait que : « Une fois que les gens commencent à se voir comme des tricheurs, il devient plus probable qu’ils tricheront ». Son point de vue est confirmé par un exemple traité dans l’émission « Dans la tête de » animé par Luigi Marra, présentateur à la radio suisse RTS La Première. A la question « Que se passe-t-il dans la tête d’un tricheur ? », un professeur néerlandais chercheur en psychologie sociale a répondu,  qui, en 2011, avait été pris en fragrant délit de triche : il falsifiait  pendant des 10 ans les résultats de ses recherches pour accéder à la notoriété dans les milieux universitaires.

« Je commence à avoir du succès ; quelquefois, ça devient plus dur : donc je commence à avoir moins de succès, je commence à être frustré parce que j’ai l’habitude du succès, je ne veux pas perdre, je veux faire partie de ceux qui gagnent. Je veux avoir raison je deviens impatient, je suis fâché contre moi-même. Comment ça se fait que ça ne marche plus ? Et je change les données en changeant les chiffres. C’est comme ça que mes prédictions deviennent vraies ; et je me dis que c’est vraiment facile, je devrais le refaire. C’est peut-être une année après un mois plus tard, et ensuite je deviens accro à cette facilité de démontrer que j’ai raison. L’étape d’après, c’est de ne même pas faire des recherches mais juste inventer les données. Je fais ça souvent la nuit, à trois heures du matin ; à chaque fois que je le fais, je me sens sale, je me dégoûte, parce que j’ai fait quelque chose de mal, je ne devais pas être censé le faire parce que ça n’a rien à avoir avec la science c’est juste de l’imagination. Mais à chaque fois que je le fais, je le fais seul, rapidement. A chaque fois que je le fais le lendemain je me dis ne plus le refaire jamais ».

Sommes-nous tous des tricheurs potentiels ? Une question qui a longtemps été posée par plus d’un, et qui pourtant nécessite une lourde et profonde réflexion. Copier le bien est-ce une triche ? Peut-être de la bonne triche. Copier sans citer la source est-ce de la triche ? Ah ça c’est affreux !

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