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La déplorable guerre en Ukraine La Russie et les armesnucléaires

La déplorable guerre en Ukraine
Par Ababacar Sadikh DIAGNE 

Ainsi donc les appels à des négociations pour éviter la guerre n’ont pas été entendus.
Le réalisme a fait défaut au niveau des pays “occidentaux”, notamment ceux de l’OTAN qui n’ont pas mesuré la détermination de la Russie qui ne pouvait pas accepter que des armes nucléaires soient un jour installées sur le territoire ukrainien,  donc à ses frontières occidentales.
Rappelons que la même détermination a été celle des États-Unis lors de la crise des missiles de Cuba en 1962. Cette attitude est tout à fait compréhensible.
Pour intercepter une fusée porteuse de charges nucléaires ou thermonucléaires,  il faut  pouvoir la détecter de manière précoce et disposer d’un minimum de temps pour activer ses propres systèmes de défense et tenter de la détruire loin de son territoire. Avec des systèmes d’armes basés en des endroits très proches de son territoire,  un pays n’est plus assuré de pouvoir se défendre en cas d’attaque.
En se rappelant que dans le passé certains stratèges avaient élaboré des théories selon lesquelles une guerre nucléaire pouvait être gagnée pourvu que l’ennemi soit frappé massivement et par surprise, le refus de voir installer à ses frontières des fusées qui ne mettraient que quelques minutes pour frapper leurs cibles se comprend aisément.
La crise des SS20 en 1980 fut déclenchée par l’installation des fusées SS20 dont les portées montraient clairement que leurs cibles étaient bien situées en  Europe de l’Ouest.
Les États-Unis (l’OTAN) réagirent  en installant des systèmes d’armes équivalents, notamment avec les Pershings 2 chez leurs alliés (RFA, Italie, etc…) Autant dire que l’Europe était assise sur une poudrière nucléaire.
Vagues de protestations
Suite à cette décision de l’OTAN,  des vagues de protestations déferlèrent sur  les pays européens; ce qui avait amené le président  François Mitterrand à dire « le pacifisme est à l’Ouest et les euromissiles sont à l’Est. Je pense qu’il s’agit là d’un rapport inégal “.
Grâce à un travail diplomatique réaliste, avec la discrétion appropriée, la crise fut désamorcée et la menace d’une destruction de cette partie du monde évitée.
La Russie et l’URSS ont eu sur le plan historique des relations tumultueuses avec la Finlande. Après des expériences bien douloureuses, ce modeste pays (sur le plan militaire) face à son puissant voisin adopta une politique de neutralité et de bon voisinage vis-à-vis de l’URSS et ensuite de la Russie. Malgré  les incitations,  la Finlande restait fidèle à sa neutralité, évitant d’adhérer à l’OTAN,   et a pu jouir d’une paix favorable à son développement. Cette politique prudente et réaliste a été appelée par mépris ou dérision “Finlandisation”.
Peu importe  ces sarcasmes ; les Finlandais ont vécu dans la paix et ont développé leur pays qui est devenu l’un des  plus riches de la planète. Tout le monde connaît NOKIA qui fut un géant de la téléphonie mobile.
Aujourd’hui, la crise ukrainienne n’a pas suivi la trajectoire de celles qui l’ont précédée. Pourtant,  si les garanties de sécurité que demandait la Russie étaient prises en considération, le drame actuel que vivent les populations de ce pays, qui a partagé depuis des temps immémoriaux le même espace politique que son agresseur, la guerre actuelle aurait été évitée. Les “Occidentaux” portent une lourde responsabilité dans cette tragédie, eux qui n’ont pas voulu rassurer cette puissance nucléaire de premier plan.
Il faut souhaiter que toutes les manipulations cessent et que les populations de l’Ukraine ne soient pas sacrifiées pour des volontés d’hégémonie de quelque puissance que ce soit.
Cette analyse ne peut pas être conclue sans évoquer une réalité qui a peut-être conduit aux tensions actuelles. La hantise du déclin de la puissante Amérique peut amener ses dirigeants à commettre des erreurs stratégiques.
Il y’a quelques décennies, une inquiétude largement partagée  à travers le monde, et c’est toujours le cas, avait trait à  la volonté des USA d’imposer leurs lois et règlements nationaux  à d’autres pays. Il s’agissait d’une application extraterritoriale de leur législation.
Au motif que des entreprises étrangères ont enfreint leurs décisions de boycott de certains pays,  celles-ci se sont  retrouvées avec des pénalités astronomiques.  C’est notamment le cas de la BPN française   qui a dû payer une amende de près de cinq  mille milliards de frs  CFA ; les protestations de la France n’y ont rien fait : la banque a dû payer.
Le champion du libre échange,  se voyant dépassé par la Chine dans certains domaines de la haute technologie comme les réseaux 5G, a torpillé les contrats que les industriels chinois avaient en perspective avec des entreprises occidentales de télécommunications. Le projet Northstream 2 risque de connaître le même sort.
Cependant,  il ne faut pas perdre de vue que l’élan de la Chine sera difficile à  briser compte tenu du développement scientifique et technique  qu’elle connaît,  notamment dans les mathématiques et l’informatique ultrarapide.
Enfin,  il faut noter que les efforts qui ont été faits pour sortir l’économie mondiale de la récession due à la COVID-19   peuvent être annihilés à cause de cette guerre qui aurait pu, aurait dû, être évitée.
Les économies des pays africains déjà dans de permanentes difficultés voient leur horizon s’assombrir d’avantage.
Espérons un retour  de tous à la raison pour une extinction de cette crise qui ne fera que des perdants dont les populations ukrainiennes  lesquelles,  majoritairement, ne souhaitent que de vivre dans la paix et la sécurité.
Prions pour cela.
Ababacar Sadikhe DIAGNE

Ingénieur diplômé de l’Ecole Nationale de l’Aviation Civile (ENAC) Toulouse France et du Massachusetts Institute of Technology (MIT)Cambridge USA.

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