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Jeux au hasard: Dangereux pour la jeunesse, une drogue pour la richesse Khadidiatou GUÈYE Fall

La jeunesse ne veut pas s’approprier la conscientisation. Elle envahit les salles de jeux pour une raison simple : se faire de l’argent sans le moindre effort. Beaucoup de jeunes passent leur journée dans les salles de jeux ou tentent avec les loteries. C’est un moyen d’avoir de l’argent et ne pas en demander aux parents. Quoi qu’il en soit, ces jeux agissent inconsciemment dans la tête des jeunes et deviennent une drogue.

À Pikine rue 10, une salle de jeux s’ouvre sur la route. La salle refuse du monde. Essentiellement, des enfants âgés entre 13 et 19 ans y passent leur temps. Entre collégiens et lycéens, apprentis mécaniciens et apprentis menuisiers, des cagnottes sont proposées.

Parmi les élèves, ceux pratiquant l’école buissonnière sont dénombrables. En effet, ces enfants sont supposés se retrouver à l’école en cet après-midi. C’est du moins ce que retiennent leurs parents. Ils passent plus de temps dans les salles de jeux que dans les salles de classe.

HEURES DE PAUSE

Nous fuyant du regard, ce jeune retrouvé dans la salle de jeux devient réticent à son approche. Il porte un sac marron en bandoulière. Un de ses amis le fonce et lui crie :” Vas-y on joue avant que notre heure de cours ne commence”. Interpellé, il confie que ces parents ne sont pas au courant. Il le fait pendant ses heures de pause pour gagner de l’argent.

Sur le même alignement, un magasin peint en couleur verte accueille des jeunes. Cette fois-ci, ce sont des jeunes plus âgés qui s’adonnent aux loteries. À l’entrée du magasin, sur la porte à gauche, une affiche marque les restrictions dans le milieu. ” Interdit au moins de 18 ans ” lit-on sur l’affiche. Cette agence de jeu de loterie affiche une limite assez responsable des tranches d’âge permises de franchir la porte. Mais cela n’est que de nom. Car la majorité des joueurs n’ont pas encore atteint leur maturité. Fadel Sakho le confirme.

Retrouvé juste à l’entrée de la loterie, avec son sac à dos, Fadel donne l’apparence d’un ouvrier qui vient juste de terminer au travail. Après sa corvée, il passe à l’agence de la loterie pour tenter de gagner une petite somme : « Chaque jour, dès que je termine les travaux du chantier, je viens ici pour tenter ma chance. Parfois, je m’en sors avec de petites sommes, mais le plus souvent je perds. Et c’est ainsi le jeu. Pour le parifoot, les enfants de moins de 18 ans ne sont pas autorisés d’accès. Malgré ces restrictions, les jeunes de moins de 18 ans avec une apparence adulte viennent tenter leur chance. On n’y peut rien. En plus, les gens qui travaillent dans ces points de vente de loterie n’ont pas le temps de vérifier l’âge des jeunes ».

Pour Fadel, ce genre de jeux au hasard ne sont pas recommandés par la religion musulmane, en plus du danger qu’ils infligent aux jeunes. « J’ai un travail journalier qui ne me permet pas d’assouvir mes besoins c’est pourquoi je tente de gagner une somme. Mais les enfants de moins de 18 ans qui s’adonnent à ces jeux sont en danger. Ils deviennent indépendants et cela les pousse vers la facilité. Ce sera très difficile qu’ils apprennent à gagner de l’argent après les efforts. Ces jeux facilitent l’acquisition de l’argent. S’ils n’arrêtent pas à temps, ils risquent d’en devenir possédés. Pour lui, c’est la situation financière qui entraîne les jeunes à vouloir trouver l’argent d’une manière facile.

L’enjeu des paris et des jeux de hasard est économique. Ceux qui le font le plus souvent ne gagnent pas leur vie correctement. Ils cherchent à se faire de l’argent dans la facilité. Pour d’autres, le manque d’emploi qui règne dans le pays les pousse à tenter de devenir des millionnaires grâce à la loterie.

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