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Idrissa Seck à la tête du Conseil économique: En voilà un Ndamal Kadior qui veut exécuter les douze travaux à la place d’Hercule Par Habib KÂ

Tout au long de son discours de prise de fonction, le 19 novembre dernier, Idrissa Seck s’exaltait à embellir le visage du Conseil économique, social et environnemental (CESE) de fard, de cosmétiques, d’oripeaux, rôle normalement dévolu au père concepteur ou à un de ses redevables.

Le CESE est ce qu’il est, de sa création à nos jours : une planque, un lieu de recasement d’un personnel politique en errance.

Comme en France, pays de référence, le CESE n’a pas bonne presse pour n’être qu’un dépotoir, une zone de transit pour des fonctionnaires, des membres du patronat, des syndicats, des autorités religieuses. Ces honorables pensionnaires viennent émarger gratos pour se refaire financièrement.

L’ambitieux nouveau président du CESE a promis de ne pas fouiller les gestions antérieures sur le ratio cumulé de 20 ans d’exercices des dépenses opérées par le Senat, puis le CESE (depuis le 24 janvier 1999, date de sa création par le régime socialiste à nos jours) et le nombre d’auto-saisines et de saisines opérées par le chef de l’Etat, le gouvernement, l’Assemblée nationale, ou par une pétition de citoyens.

Pourtant, il se devait d’édifier les contribuables sur la gestion de leurs biens avant d’entreprendre toute action.

Confirmer au Sénégalais ou infirmer que c’est un machin budgétivoire, inutile ou c’est un outil performant de développement. Les Sénégalais ont droit de lui cette clarification même s’il dit ce matin résigné d’avoir étrenné ce poste nominatif que ” ku bayil sa bopp Yalla, doo def yenna kalkil yi”. Autrement, l’homme propose, Dieu dispose.

Idy fait de la prétention en voulant réformer, vanter plus que ces concepteurs les atours de ce machin.

Ku wax, feeñ. Il fait du racc pour étendre les champs de compétence du Conseil, et se ménager un corridor de CESE à l’internationale, digne d’une Union des Conseils économiques, sociaux et Institutions similaires, Francophones (UCESIF). Des dépenses considérables en perspective pour les séjours à l’extérieur et les réceptions des délégations officielles.

Ngorsi excelle dans l’art de rebondir et d’apparaître sous un autre visage comme si de rien n’était, comme s’il se dédoublait.

Las de parler de lui, un vieux, exténué, lançait que personne ne vienne troubler notre quiétude, et de conclure : “gattaay, bopp bu rey, dents yu weex, wax ju neex rek la xam”

Monsieur n’avait pas tout à fait tort. Chez Mara, ce qui est constant, c’est sa manie de faire le vide autour de lui, de parler à la première personne, de réduire le sujet à une triangulation relationnelle : ici, Lui, Macky, le CESE, comme hier le “Lui et Moi” autour du protocole de Rebeuss entre Ngorsi et Gorgui.

Toute sa communication de ce jeudi matin tourne autour de “man, Idrissa”, “man Mara”, “man ak moom”, “il ñu def”.

Accessoirement il évoque Cheikh Tidiane Sy Al Makhtoum, prenant la prudence d’épargner son Serigne mouride des futurs commentaires, et mouillant beaucoup Famara Ibrahima Sagna qui bénéficie encore auprès de la classe politique d’une certaine crédibilité de neutralité et de distance et si ce qu’il dit s’avère, il déshonore son impartialité dans le dialogue en cours

Pour qui sait lire, Ngorsi a été freiné dans ses ardeurs de vengeance, l’ordre venant d’en haut. La présence de Aminata Tall qui refusait de faire la passation de service avec le nouvel entrant en dit long sur la déconfiture de l’Alliance pour la République (APR). Idy s’est aussi rétracté sur la traque de Mimi Touré ; le contraire aurait mis mal à l’aise la présidente honoraire (un litige en suspense) du CESE.

Un Idy qui demande au chef de l’État de radicaliser la répression contre “ceux qui troublent les eaux, ceux qui nagent en eau trouble et ceux qui veulent faire nager le chef dans les eaux troubles”. “Nous veillerons politiquement, pratiquement qu’ils ne puissent nuire par leurs paroles”.

Et, cerise sur le gâteau, Idy fixe, comme le président de l’APR, l’horizon à 2035, avant d’avancer, osé, “lu ñu dese, futteeku”, avec son “ëmbë bu mu jëlee” si Macky Sall.

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