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Guigui, artiste chanteuse et ambassadrice pour la lutte contre le cancer du sein et du col de l’utérus: “Plus de 1.000 femmes seront privées de dépistage contre le cancer à cause de la Covid” Entretien dirigé par Fanny Ardant

Inscrire la maladie du cancer du sein et du col de l’utérus sur l’agenda des politiques et en faire un problème de santé publique, telle est la vocation du festival Grand-Yoff « Jotna Show », initié par l’artiste chanteuse sénégalaise Ramatoulaye Clémentine Sarr, plus connue sous le nom de Guigui.

Une manière pour la native de Grand-Yoff (banlieue dakaroise) de sensibiliser et de faire bénéficier aux milliers de femmes d’un dépistage gratuit de cette maladie. Mais pour cette année qui coïncidera avec la 4e édition, le festival n’aura pas lieu à cause de la pandémie du Coronavirus. Ce qui fera regretter l’artiste chanteuse que ” plus de mille femmes seront privées de dépistage”. Engagée dans le social et déterminée à se faire entendre, Guigui ne se vouera pas vaincue dans cette lutte. En effet, elle dispose d’un plan de riposte contre la Covid-19. “Les réseaux sociaux et les plateaux de télés seront des alternatives pour continuer la sensibilisation”, rassure-t-elle dans cet entretien accordé au journal “Le Devoir”.

Présentez-vous à nos lecteurs

Je suis Ramatoulaye Clémentine Sarr alias Guigui. Jeune artiste chanteuse sénégalaise et ambassadrice pour la lutte contre le cancer du sein et du col de l’utérus. Titulaire d’une licence en management et d’une maîtrise en communication marketing commercial et en politique. Présentement, je suis des cours de cinématographique en France.

Depuis combien de temps êtes-vous dans la musique ?

La musique, je dirais c’est depuis 2013 que j’y suis. J’ai sorti mon premier single ; c’était juste une passion pour moi et je ne pensais pas faire carrière. C’est en 2016 que j’ai sorti mon premier album “Jotna” composé de sept titres. Présentement, je prépare massivement la sortie de mon deuxième album “Esprit” dont la sortie est prévue le 12 octobre prochain.

Vous êtes artiste et vous activez également dans le domaine du social. Pourquoi avoir porté votre choix sur une campagne contre le cancer et, de là, lancer un festival annuel ?

Le cancer est une maladie terrible. Il y a beaucoup de femmes qui ont honte de se faire dépister parce que la plupart des temps elles sont stigmatisées par la société sénégalaise. En plus de cela, j’ai eu une tante emportée par le cancer du sein, cela m’a beaucoup marquée quand j’étais petite. Et quand j’ai voulu sortir mon premier album “Jotna”, j’ai chanté le cancer du sein et j’ai été primée à Norvège. Et en revenant du Sénégal je ne savais pas quoi faire de l’argent. Et là je me suis dit : « Pourquoi ne pas lancer un festival pour lutter contre le cancer du sein et du col de l’utérus ? ». Et c’est là où j’ai eu l’idée de faire des dépistages gratuits chaque année.

Cette année avec la Covid-19, presque toutes les activités qui rassemblent du monde sont interdites. Est-ce que le festival contre le cancer aura lieu à la date échue ?

Non, malheureusement pas. Le festival n’aura pas lieu cette année à cause de la Covid. Chaque année, nous dépistons plus de 1.000 femmes grâce à ce festival. Et pourtant cette année, nous avions comme idée de décentraliser le festival.

Pourquoi nous nous sommes centrés à Dakar ? C’est parce que nous n’avions pas trop de moyens. Il y avait Lisca, Marie Stoppes Sénégal et la paroisse de Hyacinthe Thiandoum qui nous accompagnaient ; mais avec le déplacement dans les régions, c’était un peu difficile.

Avec mon staff, on a décidé de voir les mairies pour qu’il y ait un accompagnement dans la logistique ou dans l’hébergement. La mairie de Sébikotane et de Fatick étaient d’accord pour le projet ; avec celles de Louga et de Thiès, nous étions dans les démarches. Mais avec la Covid, tout est tombé à l’eau. Mais le projet est toujours là.

Avez-vous une autre alternative pour continuer la lutte ?

Oui ! La sensibilisation continue. Ça se fera sur les réseaux sociaux et à travers les plateaux de télévision ou de radio. Et je dis tout le temps aux femmes qu’il ne faut pas attendre que Guigui fasse le festival pour pouvoir vous dépister. Mon message est : chaque 6 mois, que les femmes aillent se faire dépister.

Combien de femmes ont été dépistées depuis le lancement de ce festival ?

Nous étions à notre 3e édition. Je dirais 6.000 femmes ont pu être dépistées grâce à ce festival avec l’accompagnement de nos partenaires.

Et pour terminer où en êtes-vous avec votre carrière musicale ?

Je devais sortir mon album Esprit composé de 13 titres le 18 mai dernier mais malheureusement, avec la Covid, ça n’a pas pu se faire avec le président qui a interdit tous les rassemblements. Et maintenant que ça a repris lentement, je sors mon album le 12 octobre prochain.

 

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