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La Ligne du Devoir

Gaza : Une négation de l’Humanité

La guerre à Gaza

Une indicible souffrance

 

La chronique de 

Ababacar Sadikh DIAGNE

Le sujet est sensible mais j’ai fini par sortir ce texte qui est un cri du cœur qui retentit chaque fois que je vois sur les chaînes de télévision ce qui se passe à Gaza. Une négation de l’Humanité.

Je pensais, à tort malheureusement, que les groupes humains, malgré leur apparantes différences, bien superficielles sous l’angle de la génétique, avaient atteint un niveau de conscience qui empêcherait aux uns d’infliger aux autres des violences, des humiliations et des souffrances. Je pensais aussi qu’en chaque être humain existait une sensibilité qui lui permettait de ressentir la souffrance de ses semblables et même celles des animaux.
J’avais aussi l’idée que la souffrance vécue par quelqu’un ou ses proches était un puissant frein à la tentation qui, épisodiquement, émerge de la bestialité humaine laquelle peut le pousser à nier l’humanité chez son vis-à-vis dans une querelle.
Les Palestiniens, qui aujourd’hui subissent des bombardements aveugles, seraient-ils dans les banlieues de Washington, Paris, Londres ou Berlin, capitales des pays dont sont citoyens nombre d’Israëliens, qu’on aurait peu à dire. Mais cette indescriptible violence, cette énième nakba, se passe en Palestine; patrie et espace de vie de ces hommes victimes de la technologie militaire américaine et du vote mal orienté d’une frange obscurantiste de la population juive.
Ces malheureux palestiniens sont, quoi qu’on puisse dire, sont chez eux et n’ont pas, comme beaucoup de Juifs, une double nationalité qui leur donnerait la possibilité de rejoindre leurs parties comme beaucoup d’Israéliens qui ont été rapatriés, qui en France, au Canada, aux États-Unis, etc…
L’opération en cours serait-elle la solution finale de la question palestinienne sur la bande de Gaza ? Non, mille fois non. Les descendants des victimes de la barbarie nazie ne peuvent pas et ne devraient pas poser des actes qui pousseraient à faire ce rapprochement.
La politique de l’extrême-droite israélienne à vouloir s’approprier les territoires dans lesquels vivent des millions de Palestiniens est l’obstacle majeur qui a toujours fait trébucher les initiatives de paix au Proche-Orient. Il y aura toujours, de chaque côté, dans ce conflit, des extrémistes minoritaires qui déstabiliseront les processus de paix. Rabin et Sadate ont payé de leurs vies leur audace vis-à-vis de la paix.
Même si peu de voix sont entendues de la part des États arabes et musulmans, il ne fait aucun doute que ce se passe actuellement à Gaza est ressenti comme une profonde humiliation. Pourtant une véritable coopération entre Israël et une autorité palestinienne pleinement restaurée dans sa fonction de proto-État aurait pu mener à une situation sécuritaire satisfaisante. Mais une telle approche n’est pas compatible avec le grignotage des territoires palestiniens matérialisé par cette insidieuse colonisation qui ne s’est jamais arrêtée.
Vivement des votes positifs et responsables qui amèneraient, au pouvoir, de véritables acteurs de la paix en Israël et dans les pays qui lui ont assuré jusqu’à présent un soutien indéfectible comme il est souvent dit. Ou un soutien aveugle ?

Ababacar Sadikhe DIAGNE