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Film: L’audiovisuel sénégalais en ébullition afin de valoriser la culture Khadidiatou GUÈYE Fall

On en bénéficie ou on en fait un point déclencheur de la dérive

Étant une représentation de la vie, le théâtre revêt un caractère tantôt ludique tantôt engagé. Ainsi, une multitude de productions artistiques est soumise aux Sénégalais. Le but incombe à la personne qui choisit de suivre telle ou telle production. Mais depuis un certain temps, une panoplie de productions est mise à la disposition des téléspectateurs. Soit par le canal de la télévision soit par l’internet. Mais toutes les séries et tous les films que proposent les maisons de production n’agissent pas de la même manière sur les consommateurs. Certaines séries heurtent la morale et les bonnes mœurs, d’autres délivrent des enseignements, d’après les interlocuteurs.
Trop imprégnée dans le milieu de l’art, Maty a fait ses études dans un lycée avec des clubs. Dans ces clubs, Maty raconte que des prestations théâtrales y étaient faites à des occasions annuelles. Elle a eu son baccalauréat en 2013, se détachant des clubs. Mais son attachement aux productions artistiques ne l’a pas quitté. C’est pourquoi, avec son statut de femme au foyer, elle se rattrape et se trempe dans son monde avec les séries télévisées. “Je suis devenue accro aux séries sénégalaises. Il n’y a pas une seule dont  je rate des épisodes. C’est un passe-temps favori pour une femme diplômée mais sans emploi et mariée à un émigré. Je suis libre et n’ai une préoccupation. Donc pour évacuer le stress, je passe mes journées sur la télévision et mon téléphone “, articule Maty Ndiaye.
« Je consomme toutes les séries, même si je sais que certaines parmi ces séries ne reproduisent pas les réalités de la société sénégalaise” fit-elle savoir. Mais Maty s’abstient de certains contenus choquants : « Personnellement, je n’indexe pas les personnages au rôle déplaisant. Ils sont juste dans la peau de la personne. Après le scénario, il retrouve sa vie normale. Ce sont les scénaristes qui doivent revoir les scènes qui heurtent la sensibilité humaine et la morale. L’éducation des enfants qui suivent ces séries en dépend. Ils doivent avoir une bonne perception des séries télévisées pour qu’ils puissent en tirer des leçons de vie susceptibles d’impacter sur leur principe et valeur”.
Dans sa tenue de sport, Massar Thiam scintille de sueurs. Retrouvé au terrain de football de Hamo 6, il s’attèle à faire des échauffements après avoir terminé son sport. Tout en sueur, Massar refuse de s’attarder sur les séries sénégalaises. Selon lui, elles n’apportent aucune valeur à celles qui nous ont été inculquées par la famille. Massar se dit désespéré depuis que l’ancienne école de théâtre à savoir Daraay kocc est perdue de vue : “ Les seuls films sénégalais qui regorgent d’enseignement sont ceux de l’ancienne école comme Daray Kocc, la troupe théâtrale de Ndar, avec le défunt Golbert Diagne et le Ndianxen de Thiès. Ces dernières années, on voit rarement de troupes proprement dites. On assiste à l’ère des maisons de production et d’acteurs sans troupe. Toutes les productions sont faites à partir de casting gré à gré. L’intérêt personnel de l’artiste est mis en avant, au détriment de l’intérêt de la troupe. Un acteur parvient à avoir un rôle dans plusieurs séries mais avec la même maison de production. Grosso modo, tout a changé. On n’entend même plus le terme théâtre, le mot série revient le plus souvent”.
Amy Ndiaye est une femme très accrochée aux réseaux sociaux. Elle adore les séries mais trouve que certaines femmes abusent du temps accordé aux séries sénégalaises : « Les femmes sont le plus souvent les téléspectatrices. Elles suivent toutes les séries. Seulement, elles en abusent. Elles passent la quasi-totalité de leur temps libre à regarder les séries télévisées. Certaines d’entre elles se concentrent sur les séries au point de ne pas accomplir leurs devoirs de femme au foyer. Elles consacrent plus de temps aux séries ». Néanmoins, elle salue le talent des scénaristes qui essayent tant bien que mal de montrer les valeurs de la culture africaine. Par exemple  : les séries comme « L’or de Ninki Nanka »tournées par des Sénégalais et des Africains. Dans cette série, on revalorise la culture africaine. “Actuellement le cinéma sénégalais est en train d’envahir le marché de l’audiovisuel. Ça nous permet de montrer notre culture, de montrer la beauté du continent. C’est important parce que les Occidentaux ont toujours fait croire que l’Afrique était un continent de misère. Les séries télévisées africaines et sénégalaises infirment cette image. Elles valorisent le pays et ses atouts. Ce sont des choses positives à souligner sur les séries sénégalaises. Les productions sénégalaises sont arrivées à détrôner les séries novelas”, affirme Amy Ndiaye en parallèle. Elle est séduite par l’originalité des séries sénégalaises même si certaines femmes en ont un divertissement absorbant de temps.
UNE PIERRE À L’ÉDIFICE
Amy Ndiaye déclare que les séries télévisées apportent une pierre à l’édifice. D’après elle, les leçons transmises par les séries comme “Le polygame” éveillent les concernés, sensibilisent les jeunes. Même si, par ailleurs, certaines séries, sans les nommer, ne participent qu’à la perversion des jeunes.
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