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Fatoumata Ndiaye: La graine hâtive finira cramoisie au fond de la marmite Par Habib KÂ, Chef du bureau régional de Matam, Thilogne

Prototype de la Fatou tampi, Fatoumata Ndiaye avait un gros point faible : célibataire mère de deux enfants, soutien de famille au niveau d’éducation faible. Elle a perdu le Fouta et Fouta tampi.

Fatoumata Ndiaye est victime de sa popularité, ignorant ses limites. Elle que ses compagnons de combat avaient propulsée au-devant de la scène pour ses qualités d’agitatrice, ses talents oratoires. Elle avait réussi à écorner le leadership des ténors politiques de la région.

Comme le dit cependant l’adage peulh, la graine hâtive finira cramoisie au fond de la marmite : comme Icare qui volait trop près du soleil, Fatoumata Ndiaye s’est brûlée les ailes en se rapprochant du pouvoir.

Que pouvait-elle faire, traquée, terrorisée quand tous ses horizons sont bouchés ? Fatoumata Ndiaye, prise entre deux feux, n’avait aucune solution.

Elle est chair, sang et os, célibataire avec deux enfants, bonne à tout faire, sans ressources, soutien de sa mère, niveau de scolarité  pas du tout élevé. Fatoumata Ndiaye est le  prototype parfait d’une fatou Tampi.

Si le prix annoncé de sa réddition s’avère-et il est difficile d”y croire-, l’enfant de  Wodobéré aurait remporté son combat contre les politiciens de la région et perdu Fouta et Fouta Tampi.

Comme Penda Bâ, elle risque de sombrer dans l’oubli et pour toujours.

Score à la Soviétique

Les Sénégalais, à l’exception de ceux qui s’y étaient installés depuis des lustres pour des raisons professionnelles, commerciales ou autres,  avaient commencé de se départir des stéréotypes et autres préjugés ancrés qu’ils se faisaient de cette partie septentrionale du pays.

Fouta Tampi, surgi des rameaux épineux des jujubiers, des dattiers du désert (sump) et des écorces des gommiers, bourgeonne, fleurit pour déconstruire cette image déformée. Vote ethnique, scores à la soviétique, des stigmatisations assez faciles contre la lointaine contrée, enclavée, refermée sur elle-même certes, mais pas sectariste à volonté.

Le Fouta, comme tout milieu rural, vote généralement et majoritairement à droite, qu’importe que le pouvoir soit incarné par un Senghor, un Diouf, un Wade ou que les partisans du candidat sortant, Sall, proclament le territoire comme leur titre foncier propre.

Surtout aussi que les partis et organisations politiques ont très peu de fréquences et de fréquentations d’avec les populations. Faute de moyens, il leur est très difficile de s’y greffer pour donner à leur projet une force d’envergure nationale.

Fouta Tampi eut le mérite d’être cette voix, cet autre discours, fluide, simple et limpide  jamais tenu jusqu’ici. Ce discours qui désenclave et appelle au rassemblement, à l’union et à la fraternité.

Cette voix du pays des émigrés, des doléances ignorées, qui résume tout, en deux petits mots sur le fronton du Nord : Fouta Tampi.

Fouta Tampi, une prière, une évocation en deux simples mots, un label magnétique en train de continuer son petit bonhomme de chemin.

Fouta Tampi, l’honneur de tout jeunes lycéens, étudiants, travailleurs, des sans emploi qui se sont portés volontaires pour être l’écho des plaintes et complaintes des sans-voix de Podor jusqu’au-delà des phosphates spoliées de Ndendory.

Fouta Tampi c’est aussi la négation du neddo ko bandum pour un  Sénégal un et indivisible, un Sénégal pour tous.

Fouta Tampi, c’est également Fatoumata Ndiaye, le porte-parole parole, la garde rouge Ce bout de femme, à l’avant-garde garde de toutes les manifestations, sur tous les fronts, courageuse et intrépide au point d’être l’égérie du mouvement.

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