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Élections locales: On s’y perd, avec ces candidats investis sur plusieurs listes Khadidiatou GUÈYE Fall

Une campagne de sensibilisation sur le processus électoral s’impose

Depuis le 08 janvier, une ambiance couvre la capitale et la sous-région. Des caravanes sillonnent les rues de Dakar par les politiciens candidats. Dans chaque localité, une manifestation est organisée par les candidats dans le but de remporter les élections locales. Et dans la foulée, plusieurs citoyens, hommes, femmes, jeunes et vieux passent leur journée dans les rues afin de battre campagne pour leur candidat. Pour faire campagne,  un appoint d’une somme, d’un tissu ou autre, les citoyens en sont doués. Mais sur la démarche du vote, ils sont incapables d’expliquer comment se passe le vote. Les détenteurs de carte électeur déambulent aveuglément. Ils n’ont aucun aperçu sur le procédé. Est-ce un manque de communication de la part de la commission mise en place ? Est-ce du ressort des candidats de battre campagne et d’en informer en même temps aux électeurs ? Est-ce l’électeur qui devrait s’informer davantage auprès de la commission déléguée ?
Entamées depuis plus d’une semaine, les campagnes électorales pour les locales 2022 se déroulent avec un investissement humain et capital. Avec des partisans, les candidats parviennent à convaincre une partie de la population à voter pour eux. Mais ils ne sont pas parvenus à inclure une idée figée du processus de vote dans la tête des citoyens. Parmi ces deniers, une partie se démarque pour s’interroger sur le processus.
Macky Diallo est très préoccupé par l’élu de sa localité à Guédiawaye. Il n’a pas été informé des changements opérés pour ces élections. Mais son ambition de voir sa localité parmi les ville les plus développées l’a poussé à aller chercher l’information et savoir comment se passe le processus. Macky a réussi savoir par lui-même que, pour ces élections départementales et municipales, le citoyen passe aux urnes deux fois de suite.
« C’est la première fois que j’assiste et participe aux élections locales. Mais d’après les renseignements que j’ai eus, il y a un changement. On votait une seule fois pour élire un maire pour la commune et pour la ville. Maintenant, au lieu de voter une seule fois, on vote pour la ville de Guédiawaye et après on vote pour la commune de Ndiarème Lymamoulaye ».
Par ailleurs, Macky est déboussolé par le fait que le candidat Mamadou Thiam, à Guédiawaye, véhicule qu’il est investi dans deux listes,  à savoir Pur de Serigne Moustapha Sy et Pastef. Alors qu’en réalité, il est candidat pour la liste de Yewwi Askan Wi.
« Par l’absence d’une opération de sensibilisation, les citoyens tâtonnent. Ils n’ont pas de repères. Normalement, un candidat doit être investi sur une seule coalition. Mais à Guédiawaye, les politiciens sont en train de duper la population. Tout ça, parce que les gens ne sont pas informés sur le processus électoral et sur un choix unique », dénonce le jeune, avec un engagement patriotique.
Ce cas évoqué par Macky Diallo semble être identique avec celui qui sévit à Sokone avec le candidat Petit Guèye, de son vrai nom Mamadou Moustapha Guèye, maire sortant de Sokone : ce dernier est investi sur la liste des candidats de la coalition Benno Bokk Yakaar (BBY) dans le département de Foundiougne. Paradoxalement, Petit Guèye est allié en même temps à deux coalitions dont l’une est du pouvoir (BBY), l’autre, de l’opposition (Wallu).
Cette situation de vouloir tromper les électeurs n’a pas surpris cette femme de médias qui décèle un manque de communication à l’endroit de la population : « En fait, les gens confondent campagne électorale et sensibilisation sur le vote. Pour le moment, les candidats n’ont d’œil que d’être élus. Le reste leur est égal. Et pourtant, il est important de faire savoir à l’électeur comment se passe le vote d’autant plus que le citoyen vote deux fois. C’est cette absence de communication qui fait que  les citoyens votent les yeux fermés. Et je pense que la commission électorale devrait être habilitée à organiser des campagnes de sensibilisation. Les candidats aussi devraient en faire de même, informer la population sur le processus électoral et le candidat éligible puisque cela va dans leur compte. Mais, ils sont plus occupés à se faire un nom qu’à aider la population à accomplir leur devoir de citoyen ».
LA CARTE OU LE CANDIDAT ?
Moussa Sow affirme détenir une carte électeur. Mais le Sénégalais vivant en côte d’ivoire a laissé sa carte au Sénégal à cause de quelques problèmes. Alors qu’il devait rallier la côte d’ivoire avec des rendez-vous de retrait ratés à plusieurs reprises, il décide d’abandonner sa carte. D’après, ce Sénégalais vivant en Côte d’ivoire, le problème principal n’est pas la carte électeur mais le candidat.
« Notre souci est d’abord de savoir le candidat pour qui voter. Nous ne connaissons aucun candidat pour le moment ; donc cela signifie tout simplement que nous n’avons pas de choix actuellement, alors qu’il reste une semaine pour les élections locales. Par contre, on entend certains Sénégalais parler de telle personne voulant être élue mais à notre niveau, nous n’avons le profil d’aucun des candidats. Puisque je n’ai pas amené ma carte électeur, ça fait le compte car je ne crois pas au discours des politiciens : ils sont tous pareils ».
Hormis le manque d’information sur les élections locales, Moussa Sow trouve le vote inutile : « Une fous élus, ils oublient les promesses et les plaintes des citoyens. Donc mieux vaut ne pas voter, être quitte avec sa conscience ». Moussa relaie les lamentations de ses compatriotes : « Vraiment ici (en côte d’ivoire) , nous n’avons pas de choix, parce qu’on ne connaît pas les candidats. Ce qui reste à faire,  c’est de voter aveuglément. Si on détient sa carte électeur, on ne peut pas ne pas voter ».
Loin d’ignorer la tradition des politiciens, au bout du fil, l’émigré ne balaie pas l’hypothèse d’un achat de conscience : « Au Sénégal, j’imagine que les choses se répètent. Les candidats essaient d’acheter la conscience des populations par tous les moyens. Dans notre zone de résidence, on ne sait même pas s’il y a des élections. Il n’y a aucun moyen mis à la disposition des Sénégalais vivant en Côte d’Ivoire pour être au parfum de ce qui se passe ».
La sensibilisation de la population qui devait dominer sur tous les actes est placée aux oubliettes. Certains citoyens n’ont aucune information sur le processus électoral. Ils ignorent le changement inclus dans les élections départementales et municipales. Pour les Sénégalais de la diaspora, la commission électorale aurait raté sa mission d’informer les électeurs sur les paramètres du processus de vote.
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