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Élections locales du 31 janvier 2022: Mais ou et donc or ni car ? P. MBODJE

Siégera, ne siégera pas ? Le tango du Front de Résistance nationale renseigne sur le désarroi d’une partie des acteurs politiques face au pouvoir : le débat résolu le 2 avril dernier par voie législative n’a plus place entre décembre 2021 et janvier 2022. Rencontrer ou pas la commission cellulaire du dialogue politique, proposer une date impossible relèvent ainsi de l’esthétisme politique : les Locales auront lieu le 31 janvier 2022 et il faut s’y préparer. Et là est apparemment le problème : se préparer, oui, mais avec qui et comment ?

Le Parti démocratique sénégalais a prononcé l’oraison funèbre de Ousmane Sonko depuis le 3 février avec l’affaire Adji Sarr et n’a jamais eu un autre candidat que le sien, fils de son père ; Karim Meïssa Wade se pose déjà en fils prodigue et envoie la logistique, en attendant juin.

Me Abdoulaye Wade n’est pas seul à jouer cette carte de sa propre formation ; elle peut aussi servir pour gêner d’autres candidats selon certains calculs politiciens : la solide base électorale qui ne l’a jamais quitté est un bassin politique important que Macky Sall convoite aussi, pour des raisons inverses parce que la dispersion du vote Pds affaiblira les autres d’autant, permettant alors à un Benno ak Benno de grappiller quelque score dispersé. Car Macky Sall en est convaincu n : Benno restera Benno et les problèmes se vérifieront plus au niveau de l’Alliance pour la République avec les querelles de positionnement.

La restructuration du paysage politique née de l’affaire Sonko doit cependant enseigner le président de la République à faciliter la transition politique au Sénégal ; au demeurant, la trop rapide évolution née d’une nouvelle formule du 23 juin (8 mars) entrainera dans l’opposition comme dans la majorité certaines trahisons de ceux qui se sont d’autant plus affiché durant ces trois glorieuses qu’ils espèrent tirer les marrons du feu de la mise à l’écart d’un Sonko, d’un khalifa Sall, d’un Karim Meïssa Wade ou d’un Macky Sall le temps de la justice se prononce pour tout le monde face à un avenir immédiat ( 2022) ou proche (2024) ; le pouvoir cherche à accélérer certains dossiers avec son mémorandum du du 8 avril pour rejoindre le Pds dans la mise au tombeau du leader de Pastef/les Patriotes.

Certains se désolent que les mêmes acteurs depuis Senghor, Kéba Mbaye, Doudou Thiam et tutti quanti continuent de hanter le sommeil des Sénégalais et prônent une générosité d’âme pour faire émerger d’autres responsables politiques. La sélection naturelle s’opère et une nouvelle génération post-Indépendance est là…qui n’efface cependant pas la reproduction induite des mécanismes de domination. La bataille devrait se porter à ce stade d’une libération mentale des élus ; malheureusement les mythes ont la vie dure et les puînés rentrent dans les rangs des prédécesseurs : façonnés et socialisés en politique, un Bathélémy Dias ou Abdoulaye Diouf Sarr, un Khafor Touré représentent la relève générationnelle mais peut-être pas la rupture idéologique nécessaire pour n’être que des Sénégalais et des Africains.

Mais cherchons encore.

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