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Éducation : Et Cheikh Est Maths

Éducation nationale

Leçons de choses

 

Un Cheikh matheux, ancien de des années de la clandestinité, peut certainement gérer un secteur où il a brillé au plus haut niveau, en Polytechnique ; ses airs d’albatros sont avant tout une prudence toute calculée. Il est en tout cas bien outillé pour gérer son département.

Le chèque remis à l’enseignement fondamental est bien approvisionné : il avoisine les 800 milliards. Un glissement sémantique bannit désormais une ancienne formule qui avait son charme, entre valeur absolue et valeur relative, ceci pour dire que le budget alloué au département de Cheikh Omar Anne a augmenté pour faire face.

Ce budget est adopté à la veille d’importants accords avec les partenaires sociaux en lutte moins contre le ministère de l’Éducation nationale qu’avec une administration sans coordination quand une signature engage plusieurs départements dont les externalités ne se vérifient pas. Le préjugé favorable de la principale centrale, il y a un an, suggère que Cheikh Omar Anne pourrait pacifier un espace généralement agité, principalement en année de compétitions. Sa disponibilité envers les centrales syndicales et les partenaires de l’éducation est un atout majeur.

Plébiscité dès son arrivée au département en septembre 2022, Cheikh Omar Anne a géré une situation née en février de la même année avec les partenaires sociaux. Fidèle à une tradition bien établie, le secteur avait vécu en 2022 une longue grève qui avait encore une fois souligné la détermination des jeunes à se concentrer sur l’essentiel malgré les enseignants : ceux-ci avaient en effet provoqué une crise avec les autorités politiques et les résultats de fin d’année vérifieront le départ entre la crise elle-même et les enseignants avec d’excellents résultats de fin d’année après  une suspension de cours de près de trois mois.

Avec un sens de l’écoute bien particulier, Cheikh Omar Anne tend l’oreille et la main aux partenaires sociaux : il a su en déterminer le poids physique et moral, la densité et la philosophie ; s’il prévoit encore quelques difficultés dans le  Moyen secondaire, certains syndicalistes rencontrés ce mardi au ministère les mettent sur le dos ceux qui confondent “syndicalisme et populisme“, surtout avec les crises sanitaires et politiques de ces dernières années.

Le budget du ministère de l’Education nationale pour l’exercice 2022-2023 s’élève à 778 milliards 549 millions 468 mille 268 francs CFA. Il a connu une hausse d’environ 172 milliards de francs Cfa par rapport à celui de l’année dernière. Pour cheikh Oumar Anne, les priorités seront axées autour des principes fondamentaux du Plan d’Actions Prioritaires ajusté et accéléré (PAP2A) !

La période était animée, avec les dernières secousses de l’affaire Ousmane Sonko, et l’année scolaire a hésité entre une dizaine promesses et d’engagements de l’Etat entre le verdict du premier juin et l’arrestation du leader de la formation dissoute.
Les vacances scolaires de 2022 suivant le remaniement de septembre ont permis à la société de souffler mais pas au nouveau ministre, ancien de la Gauche et éducateur de haut niveau, l’université qu’il venait de quitter pour aller vers le fondamental.
Certes, l’absence de solidarité interministérielle entre la Fonction publique et les Finances et le budget accentue d’autant les frictions avec les partenaires, pour la nouvelle année scolaire précédant une année de hautes compétitions, souvent source de tensions plus politiques que scolastiques.
La conjonction avec des années de haute compétition sportives ou électorales n’a cependant jamais amené Cheikh Omar Anne à dévier de sa trajectoire murie durant l’entre-deux : cet ancien professeur à Polytechnique en a  vu d’autres s’il n’a pas, dans sa prime jeunesse, testé quelque stratégie de déstabilisation, à une période où le Sénégal vacillait entre la contribution et la clandestinité et une syndicalisation plus politique que sociale, au sens premier du terme : les exemples de Mamadou Ndoye “Mendoza”, de Madior Diouf et de Bakhao Seck, entre autres, en plus de celui que l’on accusait de “trop casser”, …
Aujourd’hui, le discours d’un Cheikh bien approvisionné est devenu plus profond, plus responsable, plus fédérateur (L’Obs n° 6045 du lundi 27 novembre, par exemple).