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Éducation et Association-Trait d’union de la pédagogie: L’adhérence Entretien dirigé par Chérifa Sadany Ibou-Daba SOW

Moussa sow donne son opinion sur le système éducatif et partage son expérience sur l’importance de la vie associative dans la société. Il est le premier vice-président du conseil communal de la jeunesse de Cambérène et évolue dans plusieurs associations qui touchent aux domaines religieux, éducatif, sportif et de la petite enfance. Enseignant, il est par ailleurs dans la formation politique Takhawou Sénégal avec comme mentor Khalifa Ababacar Sall.

Vous êtes un produit du mouvement associatif. Quel est votre parcours ?

Je suis dans le mouvement associatif depuis plus de 10 ans maintenant. Dans le domaine de la religion, je suis membre d’une association dénommée « Xaley Mame Seydi » qui est une structure regroupant presque 500 jeunes créée en 2003 et qui intervient dans les événements suivants : Appel Seydina Limamou (Psl) en distribuant de l’eau et de la nourriture aux fidèles, « Nianou Mame Seydi » avec le même procédé que l’Appel mais il est important de dire que à chaque Niaan Mame Seydi, notre association récompense les élèves qui ont de bonnes notes issus des localités layène à travers la commission benjamine. A souligner aussi que Xaley Mame Seydi intervient dans le social avec des journées de solidarité.

Je milite dans une association dénommée [AECES] Association des Encadreurs de Collectivités Éducatives du Sénégal qui intervient dans les questions de la petite enfance à travers les Collectivités éducatives en encadrant les colonies de vacances, les patronages…

Une structure implantée dans 13 régions du pays. Pour la cellule régionale de Dakar qui compte sept (7) secteurs, je suis le coordinateur du secteur Capa.

Je rappelle aussi que je milite au Conseil communal de la jeunesse de Cambérène comme premier vice-président, une structure qui gère tout ce qui est politique de jeunesse. Je suis membre aussi de la Zone 8/A de Cambérène dans le mouvement navétane.

Je suis membre du comité exécutif du Réseau des jeunes pour la promotion de l’abandon des MGF/E.
Dans le passé, j’ai eu à présider le Collectif des Jeunes de Cambérène pour le Développement.

Quelle est l’importance de la vie associative dans une société ?

D’après moi, l’importance de la vie associative, c’est d’acquérir des compétences, le savoir-faire, de devenir un leader incontesté et comme vous le savez, les leaders sont demandés dans la vie professionnelle.

Il faut retenir en effet que la vie associative est une école hors pair, étant un creuset de savoir ; aujourd’hui, beaucoup de grandes figures, que ça soit sportives, politiques très respectées sont des produits du mouvement associatif. Beaucoup apprennent à construire leur personnalité dans les associations. Ils y retrouvent le sens de la responsabilité qui est la pièce maîtresse, l’esprit d’équipe, la solidarité, le sens du dépassement. Tous ces points essentiels peuvent changer leur comportement et vision de la vie en société.

En quoi consiste le secteur CAPA et quel est son objectif ?

CAPA est une organe déconcentrée de l’AECES. L’AECES a treize cellules régionales; pour la cellule régionale de Dakar où je siège au bureau régional, elle compte sept (7) secteurs : Rufisque, Niayes, Pikine, Thiaroye, Parcelles assainies, CAPA et Dakar. Donc CAPA est le secteur qui regroupe tous les membres de l’AECES habitant la zone. L’association des Encadreurs de Collectivités éducatives -Sénégal ( AECES) est une structure d’éducation populaire à but non lucratif qui œuvre pour le développement intégral de l’enfant par l’éducation et les loisirs (colonie de vacances, centre aéré, patronage…

Enseignant depuis 2009, vous avez servi dans trois IEF ( Inspection de l’Education et de la Formation ) : Parcelles, Guédiawaye et Almadies. Vous êtes aussi moniteur de collectivités éducatives (c’est un diplôme d’état). Que pouvez-vous nous apprendre sur l’importance de la pédagogie de l’enseignement chez l’enfant ?

En effet, en tant qu’enseignant ou éducateur, je dirais que la pédagogie de l’enseignement chez l’enfant est considérée comme une discipline phare dont l’objet d’étude entre dans le cadre de la petite enfance qui est un maillon essentiel de la société. Et en tant que branche d’étude, elle reste un élément de catalyseur des processus de maturité chez l’enfant.

Beaucoup vous tiennent responsable du manque de niveau chez les élèves. Votre pédagogie est remise en question. En êtes vous conscient ?

Là, je dirais que les responsabilités sont partagées. Primo, avec le mode recrutement des enseignants, la formation insuffisante, le manque de motivation, le non-remplacement aléatoire en cas d’absence. Il y a aussi la démission des parents qui ne s’occupent plus de ces mômes une fois à la maison pour le suivi. Et ces derniers, avec la mondialisation, les NTIC, ont la paresse de se ressourcer d’avantage.

Pensez-vous que le système éducatif sénégalais est assez solide pour la meilleure formation des élèves ? sinon quelles solutions pouvez-vous proposer ?

Je pense que l’éducation étant un secteur incontournable car occupant 40% du budget national mérite plus de respect et de considération à travers les parties prenantes à savoir l’État du Sénégal, le corps professoral, les parents d’élèves et les élèves aussi. Vu le contexte actuel avec les grèves répétitives des syndicats d’enseignants, le non-respect des engagements signés des autorités étatiques, on peut déduire que l’école sénégalaise agonise.

Pour les solutions, nous prônons la spécialisation dès le moyen secondaire car le cycle complet est tellement long qu’on voit des élèves ayant un certain niveau d’étude et qui, avec la déperdition scolaire, se retrouvent sans qualification et impérativement sans emploi. Donc au-delà de tous ces maux, les états généraux ou bien même les assises de l’Éducation sont d’une importance et priorité capitale.

Quel est le message que vous souhaitez lancer à la jeunesse sénégalaise ?

Déjà, je ne saurais terminer mon propos sans vous remercier pour l’entretien que vous m’avez accordé. Aussi lancer un signal fort à mes pairs jeunes de s’engager davantage sur le développement mais surtout œuvrer pour le volontariat. Prendre aussi leur responsabilité à siéger dans les hautes instances de décisions car on nous (jeunes) taxe souvent qu’on est inexpérimenté alors que l’expérience c’est la somme des acquis ; il suffit qu’on nous mette à l’épreuve pour qu’on puisse avoir de l’expérience car y a nullement une école de formation où on enseigne de l’expérience (rires).

Je termine en rappelant les dires de ce grand M. Frantz Fanon qui disait dans « Les damnés de la terre » : Chaque génération, dans une opacité relative, a sa mission ; soit elle la remplit ou la trahit. Alors, chers pairs jeunes, remplissons notre mission.

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