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Covid-19, le variant: La communication médicale Par Habib KÂ, Bureau régional de Matam, Thilogne

L’hésitation est un phénomène sociologique naturel qu’il faut surmonter par une bonne campagne d’information. Les mots ont leurs sens, leurs poids, leurs maux, leurs effets sur le mental des gens.

Surtout lorsque la crédibilité du discours scientifique balbutie : beaucoup d’experts et personnel médicaux sont sur les plateaux de télévision à épancher des choses très contradictoires.

Au tout début de la pandémie de Covid-19, le Sénégal, très bon élève de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) avait, très tôt, riposté efficacement en dictant des mesures conservatoires : couvre-feu, interdiction des déplacements trans-régionaux, de grands rassemblements sur les lieux publics,  port obligatoire de masque, fermeture des marchés, suspension des loumas, distanciation physique, réglementation du nombre de passagers dans les transports publics, etc …

Des résultats très probants obtenus. Et, il y’eut une baisse de garde envergure, généralisée, comme si le virus SARS-CoV-2 était définitivement maîtrisé, anéanti. C’était sans compter sur sa ténacité.

L’exemple venant d’en haut, les tournées économiques du chef de l’Etat dans le centre, l’est et le nord du pays, sont aussitôt indexées comme élément aggravant de la propagation de la pandémie. Depuis, la situation épidémiologique s’est empirée avec l’entrée en scène du variant Delta, le système de riposte obsolète ; en atteste l’insuffisance criarde de lits dans les hôpitaux, les cliniques privées, les Centres de Traitement des Épidémies (CTE). Les contaminés sérieusement atteints, en danger de mort, sans assistance médicale, renvoyés à leur domicile.

Tous les vaccins nouvellement approuvés par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), se valent. Il n’y a pas de vaccin de première ou de seconde classe : ARNm, Moderna, AstraZeneca ou Johnson & Johnson sont tous efficaces et sécuritaires.

Les risques des effets secondaires graves sont inhérents à presque tout vaccin, et ils sont beaucoup moins élevés que les complications de la Covid -19.

La mécanique de l’épidémie est assez simple : tant qu’il n’y aura pas un niveau d’immunité suffisant, le virus continuera à circuler.

L’HESITATION VACCINALE

L’hésitation est un phénomène sociologique, naturel qu’il faut surmonter par une bonne campagne d’information. Les mots ont leurs sens, leurs poids, leurs maux, leurs effets sur le mental des gens. Ils peuvent convaincre, persuader, comme ils peuvent diaboliser, déconstruire.

Les manifestations publiques ne sont jamais spontanées, innocentes.

Chaque acte posé cherche à solutionner un problème ou à l’endiguer.

La crédibilité du discours scientifique balbutie :

Beaucoup d’experts et personnel médicaux sont sur les plateaux de télévision à épancher des choses très contradictoires

LES ANTI VACCINS

En France, en Italie, en Australie, au Brésil et dans de nombreux pays du monde, la propagation de la pandémie du coronavirus suscite indignation et provoque partout des marches, des révoltes.

Les manifestants s’insurgent contre le pass sanitaire, la vaccination généralisée qui, selon eux, portent atteinte à l’intégrité physique de la personne, en plus de dénoncer les effets indésirables des vaccins, leur dangerosité.

Les cas, très rares, de myocardites déclarés en Israël, de thromboses liées au vaccin d’AstraZeneca, le nombre de morts provoqué ne doivent pas inquiéter outre mesure.

Les avantages du vaccin sont plus élevés que les risques.

En France, par exemple, certains protestent contre le port du masque dans les écoles, qui engendrerait chez les enfants une baisse de la concentration d’oxygène dans le sang.

En Australie, quand les manifestants ripostent contre le confinement déclaré, les Brésiliens eux, réclament simplement la démission de leur président Jair Bolsonaro.

Il est donc vrai que de la riposte contre la passe sanitaire, la vaccination généralisée, transparaît en filigrane une communication politique, idéologique de mouvements bien définis, organisés. La pandémie covid-19, de crise sanitaire, s’est mutée, par la force des choses, en combat plus que jamais politique, obligeant les gouvernements d’adopter la pédagogie de l’information et de la sensibilisation à même de rassurer les indécis et dissiper les craintes des apeurés.

Ceux qui veulent se faire vacciner s’y mettent, ceux qui sont dans les dispositions contraires s’abstiennent ; ainsi va la démocratie. Chacun est libre de ses choix, de défendre ses droits et libertés.

Le paradoxe, ceux qui refusent la passe sanitaire, la vaccination généralisée, n’exposent-ils pas leurs concitoyens aux risques de contaminations en fréquentant les lieux fermés comme les bars, les restaurants et les musées, mais également les piscines, les salles de sport, les cinémas et les théâtres ?

Mieux, ces manifestations elles-mêmes, ne sont-ce pas de véritables clusters quand les gouvernants sont en train de lutter avec les moyens du bord contre une soudaine prolifération d’une épidémie qui accuse des pics de contaminations hallucinants annonciateurs de l’imminence d’une quatrième vague ?

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