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Couplage des Municipales et des Législatives: Primaires pour une présidentielle De notre correspondant à Matam, Habib KÂ

Le couplage des Municipales et Législatives en 2022,  c’est déjà programmé depuis et tenu secret. Ce seront des  primaires que le président Macky Sall pas encore prêt, est résolu de remporter haut la main. Surtout avec cette bousculade aux portillons du palais de la République. En plus, il est illogique pour un État démocratique de convoquer tous les neuf mois son électorat pour des élections qui coûtent entre 7 et 50 milliards, en ces moments de dèche due à la Covid-19.

Les électeurs peuvent affirmer, sans risque de se tromper, que pour ce qu’il s’agit des élections locales, ils ne sont pas encore sortis de l’auberge ; pire : ils ont fait un retour en zone. La preuve, le tout nouveau ministre de l’Intérieur avec huit de ses homologues, dans une sortie relookée, “Gouvernement face à la presse”, n’a pas éclairé la lanterne des Sénégalais sur la date exacte de tenue des élections locales, trois fois reportées.

En effet, soumis aux questions des journalistes, M. Antoine Felix Diome a tout simplement informé que la sélection des experts devant auditer le fichier électoral est en cours et que les acteurs du dialogue politique trouveront une date fixe, consensuelle pour lesdites élections.

Rien de nouveau sous le soleil, comparé à la communication de l’ancien ministre de l’Intérieur. Aly Ngouille Ndiaye était même plus explicite puisque le scrutin devait se tenir au plus tard en fin décembre et même selon certaines sources, 7 milliards de nos francs avaient été mobilisés pour son organisation. Donc le report sine die est encore irréversible, le quatrième du genre puisque techniquement, toute élection nécessite un temps raisonnable de préparation.

L’option des délégations spéciales n’étant pas dans l’ascenseur des propositions des partis du camp de l’opposition ou supposés tels, la solution serait alors d’accepter le fait du prince qui, lui, y ira lentement de son train de sénateur vers un couplage des Municipales et Législatives en 2022, programmé depuis et tenu secret.

De la bousculade des politiciens aux portillons du palais de la République se dessinent progressivement les contours d’un nouveau visage du camp présidentiel élargi à tous les vents. Il ne restera au président Macky Sall, maître d’œuvre de ce travail d’orfèvre, que de jouer sur le temps pour bien huiler une machine électorale à même de gagner toutes les grandes villes, Dakar principalement. Une fois fin prêt, fixé avec son staff électoral la date voulue.

Depuis longtemps, le calendrier électoral était perturbé, les élections faisant l’objet de reports répétitifs. Pour éradiquer cette anormalité qui s’est érigé en règle, la Commission cellulaire du Dialogue politique doit, d’un coup, à l’issue de ces consultations, régler définitivement les dates des Municipales et Législatives pour tenir la Présidentielle de 2024 en février, à date échue.  Février 2024, c’est dans 47 mois et il est quasiment impossible, voire irrationnel pour un État démocratique de convoquer tous les neuf mois son électorat pour des élections.

Le couplage des Législatives et Municipales s’impose désormais de fait à toutes les parties, des primaires que le président Macky Sall est résolu de remporter haut la main.

Primaires pour un 3ème mandat ? Oui, quand le Pr Ismaïla Madior Fall, concepteur de la réforme constitutionnelle, s’interdit d’en reparler “pour en avoir beaucoup parlé”. Qui est placé mieux que lui pour démêler l’écheveau juridique de deux mandats successifs? Son refus à présent d’en reparler a tout l’air d’une rétractation.

Primaires pour un 3ème mandat ? Encore oui. Quand Aliou Sall, frère du président, du fils de Serigne Bassirou Bara Mbacké des prières pour un 3eme mandat, en marge de la cérémonie de baptême du lycée Canada qui porte désormais le nom du père.

Silence lourd, murmures réprobateurs d’une assistance abasourdie. Ce qui est fait est fait. Prenant la parole, le fils du marabout l’ignora poliment.

Macky Sall avait différé de parler de troisième mandat par son fameux ni oui, ni non de crainte que ses ministres et directeurs de société ne désertent le travail qui leur est confié pour s’abandonner à la politique. Pendant que lui-même, à l’interne était dans ses grandes manœuvres, en toute discrétion.

Mais le président Macky Sall lui-même a donné le là, depuis son tandem avec Idrissa Seck, sifflant la récréation : politiciens, laudateurs, affairistes s’adonneront à leurs jeux favoris, les élucubration politiques, les démonstrations de puissance, les mobilisations ingénieuses, les cellules de soutien, associations de jappale, jusqu’aux plus osés qui se signaleront avec un étendard « Macky 3e mandat » pour courber l’herbe sous les pieds de tous des partis de soutien après le mercato des partis squelettiques qui ne représentent que leurs créateurs.

Mais vu les nuages qui s’amoncellent à l’horizon du ciel Sunugal, il est plein dans le mille pour les 27 mois qui suivent : au lien de travailler, il ne sera question que de politique, rien que de la politique.

Pouvait-il en être autrement si l’on sait que l’homme politique ce qui l’intéresse c’est toujours la compétition électorale.

Le flou est toujours entretenu, le dialogue politique impliquant les acteurs laisse le privilège au président Macky Sall de fixer, selon ses convenances, la date de la tenue des élections communales.

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