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Coin d’Histoire: Valéry Giscard d’Estaing, Un président français perdu par les diamants de Bokassa Par Mohamed Bachir DIOP

Le 2 décembre dernier, le France perdait un ancien président de la République. Valéry Giscard d’Estaing s’est éteint ce jour-là à l’âge de 93 ans des suites du Covid 19.

Staatsakt für Bundeskanzlera.D. Helmut Schmidt am 23.11.2015 in der St. Michaeliskirche zu Hamburg

Inspecteur des finances comme son père, il est élu député en 1956. Sous la présidence du général de Gaulle, il est secrétaire d’État aux Finances puis ministre des Finances et des Affaires économiques. En désaccord avec ce dernier, il vote et fait voter « Non » au referendum de 1969 et contribue ainsi à la chute de l’homme du 18 juin et libérateur de la France sous le joug d’Adolf Hitler et de l’Allemagne nazie.

Sous la présidence de Georges Pompidou, il occupe à nouveau la fonction de ministre de l’Économie et des Finances et devient aussi le chef de file des Républicains indépendants, qui constituaient alors la deuxième composante de la majorité de droite. Il se présente à l’élection présidentielle, élimine son adversaire direct le gaulliste Jacques Chaban-Delmas au premier tour et réussit à battre au second tour François Miterrand, candidat de l’Union de la Gauche et, à 48 ans, il devient le plus jeune président de la République française depuis 1895.

Réformateur, il prône une « société libérale avancée » et fait voter plusieurs lois que les Français attendaient de leurs vœux depuis quelques années, notamment l’abaissement de la majorité civile, la dépénalisation de l’interruption volontaire de grossesse, le divorce par consentement mutuel, l’élargissement du droit de saisine du Conseil constitutionnel et la fin de la tutelle de la télévision publique.

Sa politique étrangère est marquée par le renforcement de la construction européenne ainsi que par l’implication militaire de la France dans des conflits en Afrique (la bataille de Kolwezi au Zaïre et dans l’opération Caban en Centrafrique qui renverse l’empereur Bokassa. Mécontent, ce dernier révèle lui avoir offert plusieurs fois des diamants afin de financer sa campagne électorale. Ce qui contribue à écorner son image auprès de l’opinion et, lors de l’élection présidentielle de 1981 il est battu par François Mitterrand.

Par la suite, il est réélu à l’Assemblée nationale et devient président du conseil régional d’Auvergne. Élu à la présidence de l’Union pour la démocratie française (UDF), dont il est le fondateur, il est l’un des principaux dirigeants de l’opposition au pouvoir socialiste. Fervent partisan de la construction européenne, il est député européen puis président de la Convention sur l’avenir de l’Europe. Il se retire en 2004 de la vie politique pour siéger au Conseil constitutionnel, dont il est membre de droit et à vie en tant qu’ancien président de la République.

Intellectuel prolixe, il est l’auteur de plusieurs publications (essais et romans) et il est élu en 2003 à l’Académie française.

C’est cet homme que la France a perdu le 2 décembre dernier.

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