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Coin d’Histoire – Ayatollah Khomeiny, l’Imam révolutionnaire: L’homme qui a fait fuir le Shah d’Iran Par Mohamed Bachir DIOP

Si Khomeiny était vivant au moment où le journal français charlie Hebdo publiait les caricatures blasphématoires sur le Prophète, sans doute la France aurait connu une plus grande vague d’attentats. Car l’imam Khomeiny ne tolérait aucun écart concernant le respect strict que l’on doit au « Meilleur des Hommes » et il n’aurait sans doute pas manqué de lancer une Fatwa contre de pareils mécréants. Ses positions étaient tranchées et il avait un tel charisme que les fidèles buvaient ses paroles comme du petit lait.

L’Imam Khomeiny a marqué l’Iran et le monde entier en organisant sa révolution islamique à partir de la France où il vivait en exil.

Khomeiny est arrivé en France en 1978 avec un visa de touriste et s’installe à Neauphle-le-Château. C’est de cet exil qu’il a déclenché la Révolution iraniennei puisqu’en France, il avait la latitude de développer ses idées et de lancer ses mots d’ordres politico-religieux.

Mais avant la France, il s’était d’abord exilé en Turquie avant d’être arrêté à nouveau pour avoir provoqué des émeutes contre le régime du Shah, Mohamed Reza Pahlavi. Cette fois-ci il partir en Irak avant d’atterrir en France où il continuera son combat contre le régime dictatorial de Shah.

Durant les plus de 14 années que dure son exil en Irak puis en France, son discours se radicalise progressivement et sa pensée se systématise autour d’une conviction profonde : la dictature du shah n’est pas le système adéquat pour l’Iran. Selon son analyse, les oulémas héritiers de Mahomet détiennent l’autorité religieuse, jusqu’au retour de « l’imam caché ». Mais la politique est tenue par des hommes, donc il se penche vers une « démocratie » spéciale, selon lui une « démocratie islamique ». D’où l’idée d’une république islamique, au lieu d’une dictature comme celle du Shah, dans laquelle les érudits en Islam auront le pouvoir de désigner le plus savant d’entre eux pour concentrer l’autorité. Ce principe deviendra sous le nom de « velayet-e-faqih » après la révolution islamique, la clef de voûte du nouveau régime iranien que Khomeini définit comme le pouvoir absolu du religieux. Un président de la République qui s’occupe plus des questions quotidiennes doit également être élu.

Mais de 1964 à 1978 il ne laissera aucun répit au Shah. Opposé à la « révolution blanche » que proposait ce dernier, Khomeyni provoque des émeutes par ses discours incendiaires.

Il est donc arrêté en 1963 pour avoir joué un rôle important dans les émeutes du 4 juin. Le shah d’Iran, conscient de son influence, le fait libérer rapidement en 1964, mais l’arrestation de Khomeini provoque des manifestations à Téhéran et à Qom. Elles sont réprimées dans le sang. « Le responsable de ce massacre paiera de sa vie », promet-il.

En novembre 1964, après avoir violemment critiqué un décret accordant l’immunité juridique aux conseillers militaires américains et un emprunt de 200 millions de dollars pour l’achat de matériel militaire, Khomeini est arrêté de nouveau et contraint à l’exil (par Oveyssi), d’abord en Turquie, puis à Nadjaf et Kerbala en Irak pendant 14 ans. Son activisme pro-chiite indispose le pouvoir irakien et, en 1978, il est donc contraint de rejoindre la France. Par son charisme, il rallie à sa cause de grands intellectuels français comme Jean-Paul Sartre ou Michel Foucault. Mais il attire aussi l’attention des services secrets car il dérangeait quelque peu les autorités françaises qui entretenaient des relations étroites avec le Shah. Les services secrets français souhaitaient d’ailleurs le faire expulser vers son pays, mais il semble que c’est le shah lui-même qui s’y opposait préférant le voir en France plutôt que dans la sphère islamique, en Irak, en Syrie, en Lybie ou en Turquie où ses idées avaient influencé nombre d’intellectuels.

Il reste donc à Neauphle-le-Château et organise la résistance. Il commence d’abord par donner des conférences à son domicile et, bientôt, il fait enregistrer ses discours dans des cassettes qui sont distribuées partout dans le monde islamique et qui ont un grand retentissement en Iran. Tant et si bien que les Iraniens réclament son retour au pays.

Sur place, la révolution et déjà entamée et le Shah est en difficulté. Il retourne en Iran le 1er février 1979 et prend aussitôt la direction des opérations. Le Shah est contraint à la fuite alors que Khomeyni met en place un gouvernement provisoire que dirige Mehdi Bazargan. 10 jours plus tard, le 11 février, la Révolution iranienne est actée.

La République islamique est instituée par référendum les 30 et 31 mars, puis par un second référendum une constitution est adoptée le 2 décembre suivant.

Khomeyni est alors reconnu comme « chef spirituel suprême » de l’Iran,

Et, le 4 février 1980, il approuve l’élection d’Abolhassan Bani Sadr au titre de premier président de la République islamique d’Iran.

Depuis lors, l’Iran fonctionne selon le modèle de République islamique qu’il avait mis en place. Radical sur les principes de l’Isam, il avat lancé une Fatwa contre l’écrivain Salman Rushdie qui avait publié un livre blasphématoire sur le Prophète, « Les versets sataniques ». Cette Fatwa est toujours valable plus de 30 après la mort de Khomeiny survenue le 3 juin 1989 et Salman Rushdie n’ose plus apparaître en public sans s’entourer de plusieurs gardes du corps au risque de se faire tuer par un fanatique.

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