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Code de la famille: Révision au nom de la mère et du fils Par Khadidiatou GUÈYE Fall, Chef du Desk Société

Les femmes dénoncent l’aspect patriarcal de la loi dans une lutte handicapée par les croyances socio-culturelles

Pour les 12 mois de l’année, Mars a été choisi pour célébrer la femme. La date du 08 marque la journée de revendications des droits de la femme. Au Sénégal, chaque structure s’est remémorée cette journée en une fête pour honorer la femme. D’emblée la journée mondiale de la femme consistait à lutter pour le respect des droits de la femme. Au Sénégal, les femmes engagées dans cette lutte avaient listé un nombre de plaidoiries qui visait à rehausser le statut de la femme. Mais cette année, les revendications des femmes sur la révision du code de la famille ont été unanimes. Pour des raisons compréhensibles, les femmes demandent un changement du code de la famille en défaveur des femmes.

Toutes les plaidoiries ont été faites par les femmes. Les actions à mener pour l’application de ces plaidoiries sont pour le moment le premier pas à franchir pour permettre aux femmes de bénéficier de leurs droits. Parmi les plaidoiries, il y a le code de la famille sénégalais qui écarte injustement le droit de la femme sur son enfant. Ceci est une cause que des activistes ont voulu et veulent combattre. À pareilles occasions comme au mois de mars, elles attirent l’attention des autorités sur ce combat.

La réforme du code de la famille est devenue une nécessité. En septembre 2020, des activistes ont fait appel à la révision du code de la famille au Sénégal.

En effet, certains articles dudit code revêtent un caractère discriminatoire. D’où une forte puissance du pouvoir paternel. Par exemple, aucune femme n’a le droit de sortir du pays avec son enfant sans que le père n’ait donné une autorisation. C’est ce cas de figure que dénonce Oulimata Ndiaye, une jeune mère qui vit entre France et Sénégal.

« Le code de la famille au Sénégal est à réformer. Il y a plein de choses à revoir et à changer. Si une femme décède, sa famille ne touche pas à sa retraite, c’est insensé. Alors que chez l’homme, c’est le contraire : sa famille peut bien prendre sa retraite. Quand je devais constituer un passeport pour mon fils, je suis partie à l’ambassade du Sénégal en France. J’avais avec moi les papiers demandés. Et à ma grande surprise, on me dit que je ne peux pas à moi seule faire un passeport pour mon propre fils. Le motif ? Ils me disent que son père doit venir. Alors si mon mari lui seul était parti, ils ne lui demanderaient jamais de me faire venir. C’est injuste de ne pas considérer la femme comme une autorité pour son enfant. C’est inconcevable » a dénoncé la jeune maman.

Paternel, éternel

Elle ajoute que la société sénégalaise est une société qui privilégie tellement les hommes que ça désole les femmes. « Comment une femme peut porter son enfant pendant 9 mois dans son ventre, être entre la vie et la mort le jour de son accouchement, l’allaiter pendant des mois, l’éduquer et veiller à ses études, et ne pas avoir un strict minimum de droit sur son enfant au profit du papa ? », s’est lamentée Oulimata. Seule une autorisation signée par le père peut permettre à la mère de voyager avec son enfant.

Cette femme de militaire a vécu la même chose que Oulimata Ndiaye. Pour déclarer son enfant, alors que son mari était parti en mission, cette dame a subi ce que beaucoup de femmes n’arrivent pas à digérer. D’après notre interlocutrice, ce genre de situations est une occasion pour certains hommes irresponsables, qui essaient d’en profiter pour affaiblir leur femme après une séparation. « Notre code de la famille est beaucoup trop patriarcal » lance-t-elle.

Oulimata Ndiaye revient sur une pétition qui circulait à ce propos. Mais une suite fait défaut à cela. Elle demande aux femmes de se concentrer plus sur leur avenir et leurs droits au lieu de s’attarder sur des débats de rivalités entre épouses, et subir l’arnaque masquée de la part des hommes.

Les autorités restent silencieuses face aux revendications des femmes qui demandent une révision du code de la famille qui est resté intact depuis 1972. Selon Ouly, l’État doit montrer son ambition de voir les femmes en haut de l’échelle avec la réforme du code. Depuis 2020, elle farfouille les décisions prises après la signature de la pétition sur ce sujet : « Plus de 160.000 personnes avaient signé cette pétition pour dénoncer les dispositions du code de 1972 qui porte une atteinte discriminatoire contre les droits des femmes. Il est important de voir où se situe le problème. Une pétition qui dépasse le nombre de signatures et qui n’a abouti à rien. Où en sommes-nous avec les démarches, c’est là la question qu’il faut se poser ».

Des sources révèlent qu’une réforme du code de la famille nécessiterait l’implication des conservateurs et des religieux du pays. Sans caresser dans le sens du poil, la religion donne une approche des droits de la femme similaire à celle de l’actuel code de la famille. Et avec les croyances socio-culturelles, une réforme du code de la famille tardera à voir le jour au Sénégal malgré les efforts déployés par les activistes.

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