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Auto-emploi, entreprenariat des jeunes, ces politiques volontaristes du chef de l’État Macky Sall De notre correspondant à Matam, Habib KA, Thilogne

Entre realpolitik et clientélisme

Neuf ans après, Macky Sall se trouve toujours face aux mêmes difficultés de mettre sur place un véritable plan de résorption du chômage et une politique adéquate de l’emploi.

“Cette jeunesse vibrante et créative qui incarne l’espoir et la force vitale de la nation restera au premier rang de mes priorités. En conséquence, des efforts encore plus soutenus seront consacrés à l’emploi et à l’employabilité des jeunes”

-Macky Sall, discours d’investiture du 03 avril 2019.

Sur le terrain, selon le rapport 2020 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), le Sénégal est classé 3ème dans le top 10 des pays les plus touchés par le chômage au monde, après le Burkina Faso et la Syrie.

Réélu pour un second mandat, le président de la République s’était engagé de faire de la jeunesse un choix prioritaire de sa gouvernance, la promotion de la formation et de l’emploi, le centre de sa politique.  Il se retrouve, neuf ans après, face aux mêmes difficultés de mettre sur place un véritable plan de résorption du chômage et une politique adéquate de l’emploi.

La précarité de l’emploi crée une situation favorable au basculement vers la délinquance, la violence, une menace de la cohésion sociale, de la stabilité nationale, pour qui connait la jeunesse : quand ses intérêts légitimes sont bafoués, elle devient bombe ambulante, source d’insécurité sociale et d’instabilité politique. Comme ce jour du 03 mars 2021 où le Sénégal s’est réveillé ahuri : ses jeunes, en soutien à l’arrestation du président du Pastef, s’en sont pris aux Auchan, à Total, à Eiffage, etc… Un jeune sans emploi, sans cursus scolaire, sans espoir, désœuvré devient, dans la rue, une bombe potentielle entre les mains de forces obscures.

Ce n’est pas faute d’avoir essayé. Toutes les politiques initiées se sont révélées être par la suite de véritables gouffres à sous ; en attestent :

–  les 30 milliards en 2019 pour la Délégation à l’Entreprenariat rapide (DER),

– les 140 milliards en 2018 pour l’installation des Programmes des Domaines agricoles communautaires (PRODAC),

– 2011 : Fonds national de promotion des jeunes (FNPJ),

– 2013 : ANEJ (l’Agence pour l’Emploi des Jeunes des Banlieues (AJEB)

– Projet d’Appui à la Promotion de l’Emploi des Jeunes et des Femmes (PAPEJF),

– Agence nationale d’appui aux Marchands ambulants (ANAMA), Programme sénégalais pour l’Entrepreneuriat des Jeunes (PSEJ).

Et qu’ont fait de concret, pour l’avenir, les différents ministres de la Jeunesse et de l’Emploi qui se sont succédé au département de 2012 à mars 2021, de Aly Koto Ndiaye, Benoît Sambou, en passant par le célèbre Mame Mbaye Niang, sans oublier la dernière Néné Fatimata Tall ?

Tout ça n’a pas permis de régler le problème du chômage.

Assurer un emploi durable et décent à un jeune exige une organisation maîtrisée de l’entreprise, une vision cohérente et une intelligence des affaires. Une formation diplômante au métier d’entrepreneur et un accompagnement des porteurs de projets ne sauraient suffire.

Quand la question de l’emploi des jeunes n’a jamais été appréhendée comme maillon d’une chaîne, on va souvent à l’échec, surtout quand il s’agit de financer un jeune sans qualification, sans suivi, sans contrôle.

Le développement ne saurait être envisagé par la seule volonté de l’État de pousser les jeunes à être entreprenants. Il faut que ceux-ci le soient d’abord, motivés et éveillés pour ensuite les inciter à devenir leurs propres patrons et à créer en retour des emplois.

Il ne suffit pas d’être du quartier, sans qualification pour être financer et démarrer.

Pour réussir, il faut des projets intelligents qui maitrisent toute la chaine de production.

Tout pays qui aspire à l’émergence, fonde son développement sur ses propres potentialités : ressources naturelles, humaines, climat, flair des opportunités d’affaires.

Il en va de même pour un jeune qui entreprend, de se familiariser avec l’environnement des affaires pour optimiser ses chances de succès.

Le gombo, l’oignon, la tomate, le melon, le piment, etc… sont des produits de la localité dont la demande est forte en toute saison et certains réputés pour leurs vertus thérapeutiques.

Pour entreprendre, par exemple dans la filière “Fruits et Légumes”, il faut prendre son activité comme une séquence d’un ensemble, maîtriser le marché pour pouvoir composer avec ses aléas. Puis organiser tout le circuit : coûts des intrants, transport, conditionnement selon les normes sanitaires recommandées, conservation, praticabilité de la route, fidéliser un marché intérieur, exporter dans l’espace européen et asiatique.

S’il y’a une unité de transformation sur place ce sera un avantage.

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