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Au tour de Karim

Au deuxième tour de 2024

Amadou Bâ et Karim Wade iront au deuxième tour de la présidentielle de février 2024, à pronostic sûr

La chronique de notre correspondant en France

 Le pire pour un parti politique qui nage dans des erreurs, c’est de ne pouvoir et ne vouloir rattraper le temps perdu. Or, pour être plus à l’aise dans un combat de gladiateurs politiques, il convient, pas à pas, aux différents partis, de s’accommoder aux circonstances éventuelles, c’est-à-dire de maintenir le rythme dans lequel on entraîne les populations et surtout maîtriser ses propres partisans afin d’éviter l’essoufflement et le découragement de ces derniers.
Le cas du parti Pastéf « désagrégé » est patent. Ceci, à cause de sa fougue verbale, son inexpérience politique, sociologique et culturelle ainsi que par son inaptitude à ne pouvoir semer un régime qui est à ses trousses, même s’il est porté par une aura enthousiaste de la foule. Voilà un échec cuisant pour un parti qui a caporalisé bon nombre de Sénégalais en quête de justice et de survie. Mais l’histoire retiendrait que les erreurs politiques, comme disait l’autre, se payent cash.
Les populations, en général, adhèrent rapidement au discours corsé, bagarreur et teinté d’espoir. Mais ces mêmes foules sont très souvent réfractaires à l’insulte et à l’insolence ; elles lâchent prise quand l’attente de ce salut se fait désirer. Les masses sont critiques, spontanées et souvent hâbleuses dans les démêlés politiques, mais elles se lassent dans leur assaut dès que le salut tarde à pointer à l’horizon.
Il n’y a pas plus véridique donneur de leçons que le Parti démocratique sénégalais, sur le chemin de la conquête du pouvoir au Sénégal : malmené de toutes parts, ce parti a vécu et vit encore, depuis des dizaines d’années, toutes les mésaventures orchestrées d’abord par le vieux régime socialiste, et aujourd’hui depuis douze ans, par le régime de l’APR.
Le paradoxe vient du fait que ce sont les transhumants du parti de Wade eux-mêmes qui alimentent le feu qui désagrège sans discontinuer le premier parti libéral du Sénégal. Des grands transhumants ont pollué et obscurci le landerneau politique, même si je ne cesse de croire que ceux qui n’ont jamais eu maille à pâtir avec leur propre formation politique ne sont pas de vrais militants.
Dans cet isolement combiné au lâchage et à son anéantissement par sa « réduction à sa plus simple expression », le Parti démocratique sénégalais, fidèle à sa tradition de dialogue ininterrompu et de combat dans l’endurance, semble venir de loin.
En effet, petit à petit, ce parti a su dénouer les pièges astucieusement, alliant le dialogue à la patience, et l’aspiration à une « contribution » féconde pour le développement du pays.
Dans les récents démêlés entre le pouvoir de Macky Sall et respectivement le « Taxawoo Sénégal » et le PDS, il faut retenir que l’expérience des « systémiques » a prévalu.
C’est pourquoi « ceux qui n’ont pas gagné l’autre rive ne doivent pas se moquer de ceux qui se noient ».
Hier, un complot ourdi avec la complicité de l’opposition tout entière avait interdit le candidat du PDS, en l’occurrence Karim Wade et d’autres, d’aller aux élections de 2019. Personne n’en a fait un drame.
Demain comme hier, les élections de 2024 « pourraient » se dérouler sans la participation d’Ousmane Sonko et consorts.
Amadou Bâ et Karim Wade iront au deuxième (2ème) tour de la présidentielle de Février 2024, à pronostic sûr.
C’est dire que « les libéraux » sont encore au pouvoir, et pour longtemps. Ainsi va la politique au Sénégal !

Tidiane SÈNE,
Toulouse