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Amadou Bâ : Il est plus logique de partir

Amadou Bâ

Partir, c’est plus logique

La relance des activités de l’Alliance pour la République sans convocation en bonne et due forme “met Amadou Bâ en difficulté”, surtout que Macky Sall semble vouloir rester à la tête de sa formation et de la coalition. “S’il choisit lui-même ses successeurs”, en l’occurrence Abdou Mame Diop et/ou Abdoulaye Daouda Diallo, “il serait logique d’en déduire que Amadou Bâ n’a plus sa place chez les Républicains puisqu’il en est exclu de facto“.

D’autant que la campagne électorale a été des plus difficiles pour le candidat de la coalition : des rumeurs de dissensions au sommet entre celui que Macky Sall avait choisi et le président la République étaient de notoriété : Amadou Bâ a dû rentrer de Saint-Louis, toutes affaires cessantes, en pleine campagne électorale, pour venir consulter son mentor à Dakar ; conséquemment, la presse a parlé d’un déblocage des fonds de campagne selon l’humeur de Macky Sall. D’autre part, le boycott de la candidature du candidat Amadou Bâ était manifeste entre le 03 février, date du renvoi de la campagne électorale, et la tenue du scrutin le 24 mars : l’élargissement de Ousmane Sonko et de Bassirou Diomaye Faye au beau milieu du gué a donné lieu à des supputations sur un nouveau deal du Cap Manuel, dans un  Sénégal habitué aux protocoles qui épargnent le pouvoir de la géhenne : Rebeuss, Elysée, Doha, Cap Manuel,… Et puisque tout se sait en définitive, des sources sures ont tôt fait de dépuceler le deal dans un  pays où le nouveau pouvoir promet le paradis aux gorges profondes.

La sympathie récoltée auprès des électeurs et de certaines franges avec le score appréciable de celui qui s’est battu contre lui-même n’atténue en rien la douleur encore sourde chez le candidat de la majorité sortante, pire encore devant la tournure ubuesque des choses avec la conduite du président Macky Sall à partir du 3 février. Partir semble ainsi une déduction logique. Au demeurant, les nombreux porte-parole improvisés ou autoproclamés auront violé le pourrissement d’une situation née d’un silence inexplicable du principal concerné rentré depuis plus de deux semaines maintenant ; ils auront brûlé la politesse à Amadou Bâ et rendu toute déclaration finale du principal concerné sans objet : Amadou Bâ poussé ainsi à se prononcer sous peu ne saurait aller en deçà de la déclaration de Cheikh Omar Anne, de Amadou Sarr et de Cheikh Omar Sy ; une synthèse de ces différentes sorties conduit au départ de Amadou Bâ de la formation du président Macky Sall, l’Alliance pour la République (Apr).
La raison en est simple : ayant triomphé de ses amis et ennemis avec un score appréciable que Wade et Macky Sall n’avaient pas atteint au premier tour, Amadou Bâ devient une réalité que la désignation de chef de la coalition ne saurait effacer. S’il faut regretter le revirement de Macky Sall dans le choix du candidat de la majorité entre la désignation et la Présidentielle du 24 mars, il faut comprendre que, comme au Parti démocratique sénégalais du président Wade, beaucoup ont refusé la trahison que Amadou Bâ aurait pu exploiter en se posant comme victime. Ces soutiens à l’intérieur de formations se manifesteront-ils au grand jour ?

 

Pathé MBODJE